31/05/2011

Politique et médias

photo.JPGPolaroïd 19 : 14

On l’apprenait ce soir à Forum, de la bouche de l’une de nos consœurs à Berne : plusieurs journalistes de sexe féminin auraient été ‘’victimes’’ de certaines avances ‘’pressantes’’ voire physiques de la part de parlementaires sous la coupole. Que certains d’entre eux soient des sombres crétins n’est, en soi, pas un fait nouveau. Que le rapport entre politiciens et journaliste soit ambigu, non plus.

Un politique est souvent une source privilégiée d’information pour le journaliste. En bons paranoïaques que sont ces deux personnages, le premier n’hésitera pas à surveiller ses propos ou au contraire, les diffuser en espérant humidement qu’ils soient entendus et relayés, ce dernier n’oubliant jamais que les mots (et donc une information) ainsi récupérés ne sont que rarement innocents, sauf si la bête politique se rapproche plus du bœuf que du renard. Dommage collatéral : ne pas avoir de contacts privilégiés avec un homme ou femme politique vous prive d’une source potentielle d’information.

Les journalistes sont-ils alors tous pourris ?

Dire que certains d’entre eux développent envers d’autres [politiciens] des sentiments de l’ordre de l’affection est une évidence. Lorsque cette affection pousse au mutisme ou au favoritisme, à changer un mot pour un autre, ou à soulever un sujet qui ne l’aurait pas été en d’autres circonstances; l’affection devient alors connivence, et on dit de lui qu’il est pourri. Pourri? Il l'est également s'il utilise des informations relevant de sa sphère privé et pour autant qu'elles ne soient pas pertinentes à sa vie politique, ou encore s'il s'attaque à son physique (relevant du domaine de l'humoriste). Lorsque le verbe s'efface, l'homme médiatique se trompe.

Qu’il y ait des amitiés entre les deux protagonistes n’est visiblement pas si rare que cela. Que le premier commence à écrire sur le second est pourtant, à mon sens, une erreur. Un collègue peut toujours vous remplacer.

Je m’étonne que certains hommes politiques puisent dans le champ lexical de la trahison lorsqu’il s’agit de manifester leur mécontentement.

La raison est simple. Pour qu’il y ait trahison, faudrait-il encore qu’il y ait eu amitié.

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