20/05/2011

Comme se vautrer sur des poupées

pic.jpgPolaroïd 23 : 45

Il n’hésitera pas à sourire, dents peroxydées comme un pare-choc de Ford Mustang. Sur ce point précis, il ne triche pas : il en a toute la grâce. Ses amis ? ‘’Ils sont nombreux’’, vous susurre-t-il en vous caressant l’épaule. Un éphèbe étudiant en psychologie dira de lui qu’il est amoureux de l’amour. Absurde constatation de lèvres maltées au coin du zinc, cela n’a rien à voir : il veut être aimé.

N’importe comment, n’importe quand, n’importe qui tant qu’il se remplit. Le concept même qu’on puisse ne pas lui porter d’affection l’irrite, l’agace, et l’attriste. On ne doutera pas de son amertume, ni de cette tristesse supposée. Le monde l’a trahi. Et c’est pourtant lui qui trahit le monde tous les jours. Insatiable désir de posséder et d’avoir, relayé, avec les années et les cheveux perdus, par celui de séduire. Un ventre proéminent aura finalement raison des dernières lueurs d’espoir, allègrement remplacées par la vérité de l’aube.

Qu’importe les traces et les coups, le post-it de remerciements sur le miroir vertical de la salle de bains, les collants déchirés et les lèvres sèches. Qu’importe la douleur, elle est éphémère.

‘’J’ai donné, on ne m’a rien rendu’’ se dira-t-il en pensant déjà au prochain qui lui reflétera ce qu’il pense être.

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