06/05/2011

Rien. Du tout.

Rien.jpgPolaroïd 18 : 54

On appelle cela un moment de grâce. Un instant de pure nudité, d’un Homme retranché dans ce qu’il a de plus pur. ‘’Pur’’ n’étant absolument pas le terme approprié, mais son interlocuteur, c’est-à-dire moi, s’en fout : je le trouve beau. Lui, désire secrètement que son visage soit marqué autrement que par la vie. La peau ment difficilement.

Les mots s’expulsent, les phrases s’enchaînent. Ni barrières, ni calculs, ni enjeux, ni victoire. Il me dit souvent que le partage n’est qu’un ‘’truc de bigots’’ ou de ‘’vieux communiste nostalgique’’. Jamais autant une tentative de défense de l’égoïsme n’aura été aussi mauvaise. Tout ment encore en lui. ‘’La pudeur des sentiments’’, aurait pu dire mon père. Il ne le dira jamais. Mais qu’importe.

Mémoire vivante d’un temps quasi oublié, le regard profond. Abime insondable que j’essayais, sans succès, de percer. Il ne dira rien, ou tout. Il fallait deviner, il fallait ‘’se battre’’, disait-il avec récurrence. Et contrairement à ce que les ‘’autres’’ disent, il ne s’est jamais battu. Même pas à la fin, parce que rester là, n’était pas sujet à discussions.

Aujourd’hui, elles me manquent.

Me manque-t-il ? Non. En toute évidence.

19:20 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.