03/05/2011

Lépide, Octave et Mark

pic.jpgPolaroïd 16 :47

Mark Muller était l’invité de notre rédaction ce matin, 8h03 précisément. Trois dossiers :

I. Cherpines

II. Libre circulation

III. Dysfonctionnements du DCTI.

I. Sur le déclassement des Cherpines, le Conseiller d’Etat en charge des constructions aura eu le mérite d’être limpide. ‘’ Nous votons sur un déclassement. Si ce déclassement est accepté, alors nous passeront au prochain niveau : le Plan Localisé de Quartier’’. Au reproche lancé par les Verts, à savoir ‘’que ce projet était vide et confus’’, Mark Muller rétorque : ‘’Si nous avions déjà un PLQ, et que le déclassement aurait été refusé, on m’aurait accusé de dilapider de l’argent public’’. Les Verts rappelleront sûrement que le déclassement d'autres terrains avaient déjà été accompagnées de PLQ.

II. Sur la libre circulation, Mark Muller suit la tendance déjà initiée par son article publié dans le Temps la semaine dernière, à nouveau répétée de manière incantatoire hier par David Hiler et François Longchamp : ‘’Nous devons faire attention à ce qu’il n’y ait pas de perdants dans le développement économique de Genève. (…) Comprenez-moi bien, nous avons besoin des frontaliers.’’ La synonymie est alors complète avec un autre slogan : ‘’frontaliers d’accord, genevois d’abord’’.

S’ensuit une proposition tout à fait hallucinante du président du gouvernement genevois. Son idée ? Faire appel à la responsabilité des entreprises et des propriétaires. ‘’Vous ne devez pas casser cet outil qu’est notre modèle économique’’ leur adresse-t-il. ‘’Des logements, 4 ou 5 pièces loués à des prix exorbitants, 4 mille francs par mois à des expatriés, ça ne va pas !’’ clame-t-il. ‘’Il faut que les propriétaires pratiquent des prix corrects avec des rendements autorisés par la loi’’.

Dois-je être si naïf pour penser que c’est à l’Etat de vérifier la légalité des loyers demandés ? Ou Mark Muller est-il si naïf qu’il pense pouvoir faire appel au ‘’civisme’’ des propriétaires pour qu’ils acceptent affectueusement de faire baisser leurs propres rendements ?

III. Sur les dysfonctionnements de son département, Mark Muller expulsera sèchement : ‘’je n’ai jamais considéré qu’il y avait eu des erreurs’’. ‘’Il y avait des pratiques que je suis en train de corriger’’. ‘’Je m’étonne aujourd’hui que l’Asloca vienne hurler parce que l’Etat pratiquerait des loyers trop bas !’’.

Amen.

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