27/04/2011

Le silence

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Silence oppressant d’une conversation qui échoue dans des regards effrayés à l’idée du vide contre le silence de l’évidence. Deux silences. Et pourtant deux mondes.

Le silence sublime des mots qui ne s’échappent plus, parce qu’imparfait à la désignation contre le silence putride de l’incompréhension. D’une intersection d’un diagramme de Venn flirtant avec le néant au truisme du coït.

Et pourtant, dans l’interstice de ces deux mondes vit un autre langage. Celui qui consiste à dire. Simplement. Comme si le corps ordonnait aux cordes vocales d’expulser du sens, sans passer par l’irritation électrique d’une constellation de neurones.

On appelle cela le besoin de communiquer. Comme tout besoin, nulle certitude qu’il soit partagé. Espérer une communication serait inéluctablement ambitieux. Et désespérément voué au silence.

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26/04/2011

Cherpines et autres babioles

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Sur nos ondes ce matin, nous accueillions Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre Genevoise Immobilière. Pour celui qui occupe également un siège de député libéral au Grand Conseil, le constat est très clair : ‘’il faut construire’’. ‘’Plus’’. Soit.

Oui mais comment ?

‘’Il faut passer de la parole aux actes’’, ‘’dépasser les idéologies’’ dira notre invité qui aligne trois axes : la densification, la surélévation, et le déclassement de terrains.

‘’S’il y a des surélévations créés en ville, elles sont de qualité, s’il a densification de quartiers en ville, ils sont de qualité, et quand nous devrons déclasser des terrains en zone agricole pour construire, ces quartiers seront de qualité’’. Le secrétaire général rappelle enfin que le projet directeur des Cherpines prévoit 3'000 logements, dont 25% de logements HBM, 25% de logements ‘’un peu moins subventionnés’’ et 50% de logements à ‘’des prix contrôlés par l’Etat’’. Voilà pour le discours.

Cela fait maintenant quelques jours que le débat fait couler de l’encre numérique sur la plate-forme de blogs de la Tribune, et c’est une bonne chose.

N’empêche qu’entre ceux, qualifiés de ‘’vilains promoteurs-mécréants qui comptent s’engraisser’’ et ceux affublés de doux surnoms de ‘’bobos adorateurs de cardons en sandales’’, il n’y a qu’une certitude : le débat va être passionnant. Distinguer le vrai du faux, un art. Ou un travail, c'est selon.

25/04/2011

La résurrection

6922_131785438132_746288132_2611219_2219610_n.jpgPolaroïd 15 : 44

La reconnaissance, reconnaître la naissance, c’est aussi exister. Qu’importe la cible, pourvu que cela soit passionné. Lui ou un autre ne fera pas la différence, lui ou un autre n’aura pas incisé sur la courbe de ce qu’elle appelle le destin. Il faudra se convaincre de l’unicité. Du sacré. Convaincue, elle l’est déjà. C’est ça ou mourir. C’est inventer un sens, le début de l’Histoire.

Il faut remplir le contenant. Rassasier la bête, un ventre, un idéal. Elle pense déjà sa vie comme une ligne alors que ce ne sont que des points, des trous diront les médisants.

L’abyssale recherche d’un sens, du bonheur, de la plénitude. De la parfaite synchronisation de ce qu’elle est avec ce qu’elle aimerait être. Trente années auront suffi à achever la superposition des lignes.

Ne reste plus qu’à ressusciter. Chaque année. Jusqu’à mourir.

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21/04/2011

Isabel Rochat : je vous entends, je vous écoute, je vous ai compris

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Isabel Rochat était de passage ce matin sur nos ondes.

La magistrate en charge du département de la sécurité, de la police et de l’environnement s’exprimait sur la ‘’consultation’’ des attentes de la population vis-à-vis de la sécurité et du travail de la police dans notre canton. La conseillère d’Etat a tenu à rappeler que cette consultation n’était pas un ‘’sondage’’, laissons aux linguistes l’intrigante tâche d’en expliquer les nuances. A la question : ‘’avez-vous été surprise par l’un ou l’autre de ces résultats’’, Isabel Rochat répond avec assurance, que ‘’la consultation n’aura que corroboré ce qu’elle pensait déjà’’.

Avec beaucoup de mauvaise foi, on pourra sérieusement se demander dès lors : quel est l’intérêt de consulter la population, si c’est pour apprendre quelque chose qu’on connaît déjà. La réponse est limpide : pour communiquer. En d’autres termes, dire aux genevois : je vous écoute, je vous entends, je vous ai compris.

Je ne lui en veux pas, à la lueur du courage du reste du gouvernement genevois, qui n’aura pas souhaité reprendre ce département. Ceci dit en passant, ceux qui pensaient que la libérale allait se casser les dents, peuvent désormais pour le moment, s’adonner à la génuflexion et à l’hyper salivation d’une langue caressée par la râpeuse expérience du savon de Marseille. Les propos amicaux étant expulsés, passons à la suite de son discours.

L’analyse du champ lexical d’Isabel Rochat est assez révélatrice. En moins de trois minutes, la magistrate emploie neuf fois l’expression ‘’il faut’’ et huit fois ‘’Je crois que’’. Bien qu’il est désormais impossible de douter de la valeur de l’agence de communication mandatée par la Thônésienne, l’emploi répété d’expressions d’exigence (il faut) et de croyance (je crois) me laissent dubitatif.

Très Madame Rochat,

J’espère qu’à la fin juin, date de remise des ‘’variantes’’ au Conseil d’Etat et aux ‘’différentes’’ commissions, vous aurez modifié votre champ lexical.

Remplacer ‘’il faut’’ par ‘’je vais’’. Substituer ‘’je crois’’ par ‘’je sais’’. Et même si la réalisation des mots ainsi expulsés, n’égalera jamais les faits, ils préféreront toujours l’aiguille d’une boussole, aux promesses de l’aube. Enfin. Je crois.

20/04/2011

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Il y a ceux qui abandonnent le navire dans la déroute, et ceux qui restent dans les tempêtes.

Ceux qui s’attachent, ‘’un peu con’’ diront certains ; et ceux qui fuient, glissant sous la salive des explications, du ‘’justificatif’’. En clair, la lâcheté. Qu’importe.

Ils diront des premiers qu’ils regorgent d’égoïsme. Rassurez-vous, les seconds aussi. La beauté de l’égoïsme réside dans le dessein qu’il vise. On peut tout autant viser le polissage de dents peroxydées que l’onanisme de la complétude.

Et à tous ceux que le champ lexical n’évoque rien, la nausée, la gorge sèche, ou la vacuité sémantique : il existe deux types d’hommes.

Celui qui abandonne. Celui qui reste. C’est con. Elle distingue pourtant la foi du vent, les amis du ''reste''.  L’idéal de l’opportunisme. C’est vrai. C’est con.

 

it's a cold and it's a broken hallelujah

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19/04/2011

L’Usine. Oui mais à quoi ?

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N’en déplaise au Maître Bonnant qui n’a que très peu d’estime pour ‘’ces jeunes qui estiment que sortir en disco est une forme de culture’’. Marc Bonnant est un brillant avocat, Marc Bonnant est un orateur hors pair, mais Marc Bonnant est élitiste. Je serai le premier à reconnaître la qualité de la langue et de sa plume, également le premier à estimer que certains de ses éditoriaux sont tout simplement inaccessibles à tous. La culture, c’est aussi autre chose. ‘’Aussi’’ ne faisant pas parti de toute évidence du champ lexical du prophète.

L’Usine est pour beaucoup un lieu social, un lieu où on avale des hectolitres de bière et autres substances à un prix tout à fait abordable. L’Usine est également pour beaucoup, un lieu où on danse, un lieu où on espère que sa langue finisse autre part que dans son propre palais, un lieu où la programmation musicale est loin des formatages habituels des grandes agoras que sont le Paléo et le Montreux Jazz. L’Usine est aussi cela.

L’Usine est aussi le lieu où règne en maître, le concept vide mais porté en adoration qu’est l’auto gestion, on pourra néanmoins décemment reconnaître l’ ’’alternativité’’ culturelle du numéro 4 de la place des Volontaires, enfin on passera volontiers sur le copinage. Que l’Usine soit parfois hargneuse, voire dédaigneuse envers les autorités, je le rappelle, aimable fournisseur économique du lieu, est assez désagréable. Surtout fort peu utile en considérant qu’une grande partie de la population n’a déjà pas beaucoup d’amitié pour le lieu, imaginant déjà qu’il n’est qu’un repère de drogués et de dealers.

Mais là n’est pas l’essence de l’épine. Que la multinationale soit financée par des fonds publiques ou privés ne change en rien la problématique qui nous intéresse aujourd’hui. Même si rejeter une certaine forme de capitalisme tout en acceptant des deniers publics relève de la schizophrénie.

Très Chère Usine (et vous l’êtes à mes yeux).

J’avais naïvement cru que vous vous étiez amicalement débarrassé de l’élu MCG, ne souhaitant pas risquer qu’il se fasse agresser. Vous avouez pourtant, que vous l’auriez viré ‘’parce c'est un homme politique dont le parti diffuse la haine’’ ? Aujourd’hui, vous ne m’inspirez qu’une seule ligne : l’intolérance, le dogmatisme et l’idéologie.

J’avais naïvement cru qu’on pouvait être plus intelligent, pour un lieu qui prône une autre vision du monde.

L'Entente de Pierre Maudet

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Invité du journal du Matin sur la RSR, le Conseiller administratif évoque, entre autres, les difficultés rencontrées lors de ces dernières élections.

Discours posé (l’éventualité de l’échec n’étant plus d’actualité pour le moment), le ton sera, à peine, moralisateur. Mais qu’importe, on ne pourra l’accuser d’avoir retourné sa veste, tout juste rappeler qu’on est toujours plus intelligent après. ‘’Alliance improbable’’ sera donc le leitmotiv répété itérativement par le radical. La critique est ouvertement adressée au président du parti libéral Cyril Aellen : ‘’on ne change pas d’opinion à minuit moins cinq’’.

Pierre Maudet avoue pourtant croire fermement à la réunion libérale-radicale en ville de Genève, tout en rappelant que le ‘’partenaire naturel’’ reste le PDC. Un partenaire naturel qui sera flingué avec courtoisie : ‘’on a vu récemment à Genève que ce n'est pas parce qu'on a 5000 amis sur Facebook qu'on a 5000 électeurs’’.

‘’Le succès d’un parti, c’est surtout celui d’une équipe’’, dira-t-il à 7h48. Tricéphale ou bicéphale? Certainement.

L’Entente de Pierre Maudet, c’est un peu le PDC, surtout le PLR, et surtout pas l’UDC. A moins que l'Entente de Pierre Maudet ne soit que celle de Pierre Maudet avec lui-même? Mais dire cela relèverait sûrement de la jalousie et de la médisance. Je laisse cette dernière à ceux qui pensent que je traîne trop dans les poussières d'étoiles. Noires amères, en toute évidence.

18/04/2011

L'universalité du détail ou comment Eric S. part en vacances au Cap d'Agde

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J’apprends d'un sujet dédié à ces ‘’gens qui votent MCG’’ à ‘’Couleurs Locales’’ sur la TSR et diffusé ce soir, que 700'000 genevois auraient voté MCG aux dernières élections. Non sans rappeler l’évangile selon Matthieu : ‘’Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants’’, le MCG se reproduit à une vitesse déconcertante.

J’apprends également qu’aucun membre du Mouvement n’aura réussi à pénétrer l’enceinte, pourtant protégée, des exécutifs communaux. Eric Stauffer, après s’être fait traiter de président de parti ‘’d’extrême-droite’’ par un brillant confrère, doit en vouloir sérieusement, ce soir, aux médias. Et pour cause, il pourrait devenir Maire d’Onex. ‘’Tous contre moi !’’ s’exclamera-t-il en écrasant le mégot de gitane (fumée secrètement dans les locaux d’Uni mail, mais trahi par la photo de la Julie), sur la cuisse encore brûlante de Carlos Medeiros.

Finalement, Eric Stauffer est un homme fort sympathique, humain.

‘’Larmes au yeux’’, il prie pour que les seconds tours disparaissent. Appelle les chats par leurs prénoms, se fait photographier, clope au museau, dans les locaux d’Uni Mail par la TdG, pour finir par accepter l’intrusion des caméras de Temps Présent. Les médias. Il aime. Les médias le lui rendent bien. Avec une certaine profondeur.

Après la série d’été du premier quotidien genevois, sur ces ‘’gens qui votent MCG quand on a vingt ans’’, les reportages sur ces ‘’gens qui votent MCG quand on est déçu du socialisme’’ et sur ces ‘’gens qui votent MCG quand on a plus de 70 ans’’, j’attends avec un langoureux trépignement la suite de la saga de l’été.

Préliminaires avec une plainte à Vernier, tentative de rapprochement avec Carole-Anne Kast sensuellement entourée de guillemets en page 28 de la TdG.

O mon dieu, l’été pourrait être torride ! Les vacances d’Eric S. au Cap d’Adge ? Eric S. dans l’enfer napolitain ? Eric S. opéré dans le plus grand secret ? De quoi, presque, nous faire oublier d’autres sagas : le poussin élevé par la rédaction du Matin ou la pose de l’anneau gastrique de Marie-Ange.

Amen !

17/04/2011

La relativité

Ontario-Brothel-01.jpgPolaroïd 01 :10 La relativité.

La passion, la guerre des mots assassins, les alliances et les couches humides. L’inceste, la quête, le but, la gloire. Les applaudissements et les trompettes, les cris et les pleurs. Les interprétations et les commentaires, les pronostics et les paris. Les mises à mort, la leptospirose, les myxomatoses urticantes, la tarologie, la cartomancie, et autres arts divinatoires.

Pendant ce temps-là, les hedge funds, les contrôles ‘’inopinés’’ d’identité de roms indésirables, les joueurs de bonneteau du jardin anglais, les faux louboutins botoxés du Java, la vacuité du concept ‘’culture auto-géré’’, l’inhalation répétée d’eau de toilettes, les pulsations des désirs.

Entre le ‘’tri’’ et le ‘’nettoyage’’, les ‘’conditions cadres’’ et la pelure de patates, les blocages et les Maldives, la classe moyenne, et celle supérieure, les mensonges, les propos expulsés de manière aviné, ne restent qu’une certitude: un chiffre, un vague intérêt. ‘’Pas grand chose’’ me direz-vous. Un électeur sur trois.

Comme un billet discrètement glissé dans une main manucurée. Après l’orgasme, rien. Si ce n’est l’expulsion d’un ‘’on s’en fout’’ par un badaud dont le seul souci est de savoir si le tram passe par chez lui.

16/04/2011

De la critique en général

pic-1.jpgPolaroïd 00 : 39

De la critique en général.

Expulser un assemblage de syllabes dans un micro pour dire quoi ? Pour qui ? Dans quels sombres desseins ? ‘’Trop de politique’’ revendiqueront certains, ‘’peu concernant’’ expulseront d’autres. Ils auront raison, les uns comme les autres. Les gosiers ne seront jamais repus. Les estomacs vides, crieront famine. Et pourtant, dans ce tumulte, dans l’écho d’échos de voix anonymes, certaines autres pourront s’exprimer. Jamais les bonnes, mais qu’importe. Le doute quasi permanent, l’angoisse du mot, l’incertitude de la phrase, les affres de l’erreur.

Qu’importe.

Qu’importent les critiques, les vexations, la hiérarchie, les habitudes, le salaire, le confort. Qu’importent les ‘’amis’’, virtuels ou pas, qu’importent les statistiques, les audiences, les regards et la salive.

Seul. Mieux que misérablement attaché au sentiment d’appartenance. Rassurant, confortable, doux et liquoreux.

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15/04/2011

L'hyper communication

pic.jpgPolaroïd 17 : 00 : L’hyper communication.

L’idée a germé suite à une alerte de l’application IPhone de la TdG. De mémoire, le quotidien nous signalait qu’un certain Thierry C. affublait ses copains d’appartenir à une amicale mouvance ‘’National-Sozialist’’. Nul doute que la reprise du contenu numérique de la Julie par un ancien rédacteur en chef d’un gratuit tout bleu (donc mort) y soit pour quelque chose. Nul doute non plus, que le site internet de la Tribune ainsi ‘’incarné’’ tente de dynamiser son contenu, à constater les mouvements qui agitent la première page du quotidien, et aux nombreuses vidéos ''qui font le buzz''. Soit.

Le qualificatif amical de Thierry C. sur FaceBook méritait-il une alerte ? Certains en douteront, d’autres répliqueront que le quotidien n’est plus ce qu’il était. Là, n’est pas la question. La problématique est bien connue : à force de crier au loup, le mouton meurt. La multiplication d’alertes n’a qu’une conséquence : la lassitude.

L’hyper communication tue la communication.

Un peu comme un candidat en campagne. Autant magistrale fût-elle, elle finira par lasser, et le candidat n’aura que comme issue : un gémissement adressé aux médias pour motif ‘’de ne pas avoir suffisamment parler du fond’’.

C’est pourtant le risque à jouer avec les impulsions rétiniennes et les paillettes : elles aveuglent, cachent, dissimulent jusqu’à en faire oublier celui que les arbore. S’exposer, c’est se mettre en danger, se surexposer, c’est subir la critique. 5'000 amis sur le réseau social FaceBook, c’est aussi 5'000 ennemis.

''Nul doute qu’il fera un très bon Conseiller municipal'', diront certains d'entre eux.

13/04/2011

Au soir de lumière aux aubes de fange

pic.jpgAu soir de lumière aux aubes de fange.

Alors plus jeune, ses pupilles déjà dilatées n’avaient pour dessein que d’aspirer le monde. Rien de très précis, un horizon brumeux mais qui laissait entrapercevoir un soleil voilé. La brûlure pour aboutissement, la marque de l’existence. Sans véritables idéaux, pas même une genèse d’idéologie, il n’aura cessé de vouloir la caresser. Même si c’est elle qui vous touche.

Il parlait de ‘’grâce’’ quand les autres osaient évoquer la ‘’malédiction’’, troquait la fatalité contre la chance, ses jambes contre des roulettes. Un hamster dans une roue. Il le savait, là, quelque part.

La réalité prenait plaisir à le lui rappeler : les seules courbes sur lesquels il s’aventura furent des collines, les seuls échecs, des escaliers ou des embrasures de boîtes de nuit. Seules quelques curieuses s’attardèrent sur le corps difforme. La réalité chérissait également à le lui rappeler. Ni mots, ni post-it, pas même un sms. Il avait appris à s’en délecter, dans le recoin le plus sinistre de son âme : une main qui vous lâche, des pas furtifs sur un plancher grinçant pour finir par un odieux cliquetis de serrure.

Il finit par se brûler. Enfin.

Avec pour bande-son, une douce mélodie stridente d’une roue mal huilée. Et pour générique : un nom, quelques collaborateurs et une épitaphe : ‘’il aura aimé la vie. La vie le lui aura bien rendu’’.

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Les Libéraux Sont-ils Dépendants?

2960310463_dfc9169d2a.jpgPolaroïd 12 : 14

Les libéraux abuseraient-ils de substances illicites?

Hier, à la question ''quel homme politique suisse vous donne la nausée'', Nathalie Fontanet rétorquait, avec une rapidité déconcertante, laissant à penser que la réponse n'avait pas passé par des neuro-transmetteurs, mais bien par l'épiderme: ''Carlo Sommaruga! ''.

Le même Carlo Sommaruga qu'on retrouvait hier soir sur la plateau d'Infrarouge en compagnie de Christian Lüscher. Ce dernier déclarera dans un argumentaire ayant pu être expulsé par un hippie sous LSD : ''j'estime qu'il y a un devoir civique à devenir propriétaire, parce que cela rend les citoyens beaucoup plus responsables''. On ne manquera pas, nous aussi, à aspirer à la responsabilité civique.

A noter encore la chaleureuse caresse d'Antoine Veilliard, Conseiller Général du canton de St-Julien en Genevois, qui traite l'honnête propriétaire de ''pitoyable Conseiller National''. ''Christian Lüscher est plus utile aux Genevois lorsqu'il est sur des ski nautiques ! '' finira-t-il par inciser sur son blog.

Enfin ce matin, sur nos ondes, Florence Kraft-Babel a proposé d'envoyer les délinquants ''peler des patates aux cantines scolaires'' pour les punir. ''C'est une idée qui me vient à l'esprit au moment où je vous parle''. C'est ce qu'on appelle de la création spontanée!

A en croire ces dernières prises de parole, nul doute que ce n'est pas ''l'Amour de la Suisse'' qui meut les libéraux!

11/04/2011

Mise au Coin

pic-1.jpgPolaroïd 21 : 21

J’aurais aimé vous dire à quel point la dernière émission ‘’Mise au Point’’ de la Télévision Suisse Romande est un chef d’œuvre.

Vous dire à quel point les neuf (j’ai compté) éternelles secondes de silence de Michel Chevrolet sont jouissives. A la question du journaliste : ‘’est-ce que vous avez un conseil à donner aux gens qui cherchent un appartement maintenant’’, le candidat PDC répond avec la plus grande des impuissances: ‘’euh, mmmh, euh, c’est dur, c’est dur pour tout le monde’’. ‘’Blocage, blocage, blocage’’ de l’organe vocal, aurais-je perfidement envie de rétorquer.

J’apprends également, ô stupéfait, de la propre bouche de l’intéressé qu’il appartient ‘’à la classe moyenne’’. C’est vrai mon bon Monsieur: ‘’c’est dur, c’est dur pour tout le monde’’.

Vous dire qu’Abdallah Chatila, promoteur autoproclamé d’un gigantesque complexe immobilier, justifie les deux appartement réservés au maire de Cologny avec l’argumentaire suivant : ‘il a eu l’intelligence de venir vers moi, en me disant : Monsieur Chatila, s’il vous plaît, le jour où vous avez quelque chose à vendre, mettez moi sur la liste, et c’est là que j’ai eu l’idée de créer une liste’’. Suis-je si naïf ? Quelle merveilleuse idée, Monsieur le Maire, d’avoir eu l’outrecuidance d’insuffler l’idée d’une liste au promoteur momentanément cérébralement défavorisé!

Enfin vous dire que le reportage de Mise au Point sur ‘’ces logements que vous pouvez posséder si vous avez des relations’’ aurait pu se passer d’images. Un seul titre aurait suffi. Quelques mots contre douze minutes. Une onomatopée contre un plan de la Porsche Cayenne du diamantaire.

Avec en note de bas de page : ‘’si vous avez plus de 700'000 francs’’. J’aurai aimé. Mais ne vais pas.

10/04/2011

La soupe est froide.

soupe2.jpgPolaroïd 15 : 46

Je constate une énième fois à quel point la formule de la Soupe, émission religieuse de la RSR, est épuisée.

Sauf exception, l’humour des chroniqueurs ne suscite au mieux que la vague apparition d’un rictus commissural, au pire, déclenche une envie irrépressible de se remettre à la lecture la chronique de Peter Rothenbühler dans le Matin Dimanche.

Je constate également avec quelle fougue, la bien-pensante assemblée de chroniqueurs continue, dimanche après dimanche, à cracher sur l’UDC. Non pas que l’un ou l’autre des partis ne suscitent ma sympathie, mais bien que l’acharnement quasi psycho-pathologique des amateurs de chasselas n’ait complété qu’un seul objectif : me lasser.

C’est vrai, on ne peut pas décemment déclarer que l’invité du jour, Céline Amaudruz, n’ait obtenu ce matin, la médaille de la pertinence, tant bien même que son temps de parole ne se soit compté qu’en secondes.

Je rêve de chroniqueurs de gauche, de droite, d’extrêmes. Des apolitiques et des bigots, des femmes et des intellos BHL, des syndicalistes et des ‘’lettreux’’. Des petits jeunes véhéments et des vieux cons.

Parce que là, la soupe est non seulement froide. Mais les ingrédients sont toujours les mêmes.