13/04/2011

Au soir de lumière aux aubes de fange

pic.jpgAu soir de lumière aux aubes de fange.

Alors plus jeune, ses pupilles déjà dilatées n’avaient pour dessein que d’aspirer le monde. Rien de très précis, un horizon brumeux mais qui laissait entrapercevoir un soleil voilé. La brûlure pour aboutissement, la marque de l’existence. Sans véritables idéaux, pas même une genèse d’idéologie, il n’aura cessé de vouloir la caresser. Même si c’est elle qui vous touche.

Il parlait de ‘’grâce’’ quand les autres osaient évoquer la ‘’malédiction’’, troquait la fatalité contre la chance, ses jambes contre des roulettes. Un hamster dans une roue. Il le savait, là, quelque part.

La réalité prenait plaisir à le lui rappeler : les seules courbes sur lesquels il s’aventura furent des collines, les seuls échecs, des escaliers ou des embrasures de boîtes de nuit. Seules quelques curieuses s’attardèrent sur le corps difforme. La réalité chérissait également à le lui rappeler. Ni mots, ni post-it, pas même un sms. Il avait appris à s’en délecter, dans le recoin le plus sinistre de son âme : une main qui vous lâche, des pas furtifs sur un plancher grinçant pour finir par un odieux cliquetis de serrure.

Il finit par se brûler. Enfin.

Avec pour bande-son, une douce mélodie stridente d’une roue mal huilée. Et pour générique : un nom, quelques collaborateurs et une épitaphe : ‘’il aura aimé la vie. La vie le lui aura bien rendu’’.

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