06/04/2011

Sous un tas de feuilles mortes où habituellement on cache des corps

pic.jpgPolaroïd 19 : 00

L’idée avait germé là, sous un tas de feuilles mortes où habituellement on cache des corps. Elle appelait cela ‘’avoir le cerveau en champ de batailles’’.

Elle n’était pas très gloss et louboutin. On disait assez facilement d’elle qu’elle était moche. ‘’Un adjectif cru comme on fait l’amour’’, rajouta-t-elle en s’essuyant. Elle ne pouvait le faire autrement. L’affection est à l’amour, ce qu’est le trottoir à l’abysse. Les affres de la verticalité contre la platitude du bitume.

Pourquoi se lancer dans la course à un exécutif ? Essuyer les coups répétés, les crachats, les rumeurs, la critique et la corde. Pour quoi ? Ni pouvoir ni reconnaissance comme objectifs. Pas même le bruit de verres qui s’entrechoquent.

Et puis dans un quasi instant de grâce, piqué à vif, dans la chair, le corps s’est levé. Délicieux moment d’automne. A fleur de peau, nue.

Certains ont alors pensé qu’elle pourrait être douée.

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