31/03/2011

Les fins

phare_nuit.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 31 mars 2011

On entend souvent dire des fins qu’elles ne sont que des débuts.

Ce postulat est alléchant : la phrase console, guérit. Des mots comme autant de pansements sur une douleur souvent abrupte qu’est la fin ; et pourtant ce postulat est faux. Un glissement géographique d’une langue endolorie par un vieux malt tourbé pourrait conduire éventuellement à expulser en lieu et place de faux : un magistral ‘’crétin’’.

Dire des fins qu’elles ne sont que des débuts est tout autant crétin que d’affirmer que ‘’toutes les bonnes choses ont une fin’’ ou encore ‘’une de perdue, dix de retrouvées’’. D’une part, nulle preuve qu’effectivement les bonnes choses se terminent un jour, et de l’autre, que la fille ou l’homme perdu ne soient remplacés, fruit d’un rite multiplicatif chrétien, par une dizaine d’autres.

Je dis tout simplement des fins qu’elles ne sont que ce qu’elles sont: des fins.

Parce que l’épine d’une éventuelle couronne ayant été ôtée, on suppute, avec une religieuse ferveur, que la douleur s’est dissipée. Or, on semble oublier que souvent, la fin étant apparue, le rideau tombé, le billet de 100 francs sensuellement dilapidé, qu’il ne reste plus rien, sauf de l’amertume. Le panache de Cyrano se faisant baisé le front, des odeurs et des images se mélangeant dans la gorge putrescente de Styx, ou encore le vide : cristallin, sublime et effrayant.

On prétend donc qu’après la fin, s’ensuit la renaissance, le renouveau, quelque chose quoi. ‘’Donnez-moi à manger ! Dites-moi que tout cela n’est pas vain !’’ Un peu comme un nouveau-né expulsé d’un ventre, qui à sa sortie, mort de soif, réclamera à ‘’boyre’’.

Et bien non. Souvent, après les fins, il n’y a rien. Ni commencement, ni début ni aurore ni lumière. Comme finir un chapitre, puis refermer l’ouvrage pour le poser sur sa table de nuit, tout en caressant, dans un automatisme quotidien, la main d’un partenaire, dont le pouvoir aphrodisiaque se rapproche de celui de la tanche.

Et bien non. Souvent, après les fins, il n’y a rien ou presque. De la salive séchée aux commissures de lèvres écarlates, des vaisseaux capillaires éclatés dans des pupilles dilatés, des mots qui n’auront pas franchi le cap des cordes vocales.

Souvent, après les fins, il n’y a rien sauf une traversée solitaire d’un amer désert.

Il n’y a qu’une seule aube: la naissance. Une seule fin : la mort. Et entre deux: le brouillard.

 

Quelqu'un nous quitte aujourd’hui. On lui souhaite bien évidemment de ne pas se perdre. Et de lui rappeler que dans le brouillard et les tempêtes, n’est utile que la lumière des phares. Droit et fidèle.

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30/03/2011

La symétrie

pic-2.jpgPolaroïd 19 : 05

Carlos Medeiros contre Sandrine Salerno, sur le plateau de Genève à Chaud sur Léman Bleu.

L’opinion contre les chiffres, la volonté contre les faits. L’un à l’épiderme, l’autre à l’argumentation. La simplicité contre les circonvolutions.

La symétrie. Pure et parfaite.

Le lobe occipito-temporal d'Eric S.

depsicologia.com.wp-content.uploads.orlando_ballet_thumb.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 30 mars 2011

Le ‘’seul défaut’’ de Carlos Medeiros, candidat MCG au Conseil administratif, c’est son accent portugais.

La phrase est signée Eric Stauffer, président convalescent du même parti, sous la plume de mon confrère Marc Bretton en page 23 de la Tribune de Genève, c’était hier.

Oh, rien de grave, me direz-vous. Une petite phrase anodine lancée dans l’air, comme on tire des balles pour souligner sa joie. L’une de ces phrases assassines ou freudiennes qu’on me reprochera, à raison, de sortir de son contexte.

Nul doute que le président du Mouvement Citoyen Genevois, n’avait que pour dessein, que de prononcer : ‘’le seul handicap’’ de Carlos Medeiros dans la course à l’exécutif, c’est son accent portugais, en lieu et place de : ‘’son seul défaut, c’est son accent portugais’’.

Nul doute, non plus, qu’une exposition prolongée à la morphine, suite à une intervention chirurgicale invasive, n’ait atteint le réseau périsylvien de l’homme fort du parti. On pourrait supputer à l’infini : un accident de chaise roulante poussant le lobe occipito-temporal d’Eric Stauffer à percuter la partie postérieure basse d’une élu socialiste, ou encore une infirmière frontalière ayant subrepticement versé quelques gouttes de Williamine dans la perfusion de l’homme au bord de la mort, ressuscité dans un hall ressemblant à une prison : uni-mail. ‘’Hallelujah’’, déclarèrent en chœur le comité MCG de bienvenue, transformé pour l’occasion, en groupe vocal de gospel, à faire pâlir le comité de soutien, visiblement sous antidépresseurs, de Michel Chevrolet.

Et puis, c’est vrai, pour un type qui se présente au Conseil administratif sous une bannière MCG, c’est pas très sérieux, l’accent portugais. C'est vrai, qu'un candidat MCG aux voyelles lusitaniennes, c'est étrange.

Nous, on aimerait des genevois, avec des grandes gueules, qui avalent des hectolitres de Calvinus, qui cultivent le cardon, qui préfèrent Morisod à Mamarbachi. Des gens qui feront leur vie ici, plutôt que de nous voler notre travail pour s’offrir une maison sur une charmante plage d’une côte méditerranéenne pour y faire du surf toute la journée.

Allez Monsieur Medeiros, courage ! Ne vous laissez pas abattre par l’usage perfide du mot, faites le tri. Dites vous que votre seul défaut: c’est le lobe occipito-temporal d’Eric Stauffer.

29/03/2011

Le seul défaut de Carlos Medeiros...

peau_de_banane-4fdd5.jpg... c'est son accent portugais.

Dixit Eric Stauffer sous la plume de mon confrère Marc Bretton en page 23 de la Tribune de Genève de ce jour.

Rien de grave, me direz-vous. Une petite phrase anodine lancée dans l’air, comme on tire des balles en l'air pour souligner sa joie, ou dans le pied, c'est selon. L’une de ces phrases assassines ou freudiennes qu’on me reprochera, à raison, de sortir de son contexte.

C'est vrai, qu'un candidat MCG aux voyelles lusitaniennes, c'est étrange.

Nul doute qu'Eric Stauffer parlait d'handicap pour une course, plus qu'un défaut pour une défaite.

La sécheresse humide des sushis

secheresse300 - copie.gifBillet d'Humeur, Radio Cité Genève, 29 mars 2011

Hier à la même heure et ici même, derrière ce micro, je m’évertuais à cacher mon manque d’inspiration derrière un portrait des candidats au Conseil administratif. A croire que moi aussi, je devrais sérieusement, comme Isabel Rochat, songer à engager une boîte de communication pour écrire mes éditos. N’ayant de loin pas son salaire, même si je m’adonne corps et âme à quémander une augmentation, comme ces affreux roms que Pierre Maudet veut chasser des terrasses, je dois me résoudre à les écrire moi-même.

Prostitué de l’onde, ma seule source de réconfort fût un message sibyllin, posté sur mon blog par Florence Kraft-Babel. Autant réconfortant que si Pascal Décaillet m’avait récité, de mémoire, des vers indigestes d’Henry Michaux, ou que si, Roger de Weck m’avait invité à une séance de tir à l’arc, sans lunettes de visée.

Hier après-midi, l’inspiration n’était toujours pas revenue. L’actualité était au point mort, à part un fribourgeois qui enterre ses maîtresses dans des bois, des jumelles introuvables et quelques sushis radioactifs, point de substance érogène pour nourrir son homme. Vite, il fait fallait pallier à cette sécheresse temporaire d’inspiration.

Pas un petit scandale à se mettre sous la dent, Eric Bertinat s’occupe déjà des francs-maçons et des pacsés inféconds. Nul trace dans le budget 2011 de l’Etat, des coûts de fonctionnements de l’Office des Droits Humains, si ce n’est qu’un seul directeur pourrait remplacer tous les autres. Enfin plus de villas louées 150 francs le mois ! Ne restait alors que des jeunes adolescents poignardés à la sortie des boîtes de nuits et de quelques tomahawks lancés ‘’chirurgicalement’’ Madame ! sur des amateurs de chèvres et de thé sucré, dont les médias commencent à s’en lasser.

Bon c’est vrai, j’aurais pu m’en prendre à nouveau à Guy Mettan qui confond ‘’Club Suisse de la Presse’’ avec ‘’Club Suisse de Guy Mettan’’, revenir sur ce fantastique site internet de notre Mairesse, Sandrine Salerno, site ‘’qui n’est en aucun cas un site électoraliste’’, ou encore sur le prix de la campagne de Michel Chevrolet, qui nous livrera bientôt, en toute franchise, ‘’j’vous le jure, Monsieur le juge’’, ses heureux bienfaiteurs.

Alors non, point d’acharnement ce matin. Je dois me résigner à constater qu’on n’a rien à dire lorsqu’on ne vit rien. Et de conclure qu’à force de ne rien vivre, on meurt.

28/03/2011

Isabel Rochat n'est pas contre l'engagement d'agents de sécurité publique étrangers

pic-1.jpgPolaroïd 10 : 09

''Je ne vois aucun problème à ce que nous engagions des Agents de Sécurité Publique étrangers, mais seulement des ASP de type 1 et 2''. Déclaration ce matin d'Isabel Rochat, sur nos ondes.  ''Il faut bien entendu privilégier l'engagement de chômeurs, mais dans le cas où cela ne suffirait pas, je ne m'oppose pas à l'engagement de personnes ne disposant pas du passeport suisse''.

En outre, la Conseillère d'Etat a confirmé faire appel à une agence de communication externe pour l'assister dans la rédaction de communiqués. Isabel Rochat avoue y avoir fait appel, n'ayant pas encore trouvé une personne à engager au sein de son département.

Enfin, la ministre en charge de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement assure que l'agence de communication ne ''gère pas son image, mais la communication du département dans son ensemble''. La question du coût ainsi que les missions exactes de cette agence n'ont pas été soulevées.

Son intervention est à retrouver sur notre site internet: radiocité.ch

Le Bestiaire

10_animaux.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 28 mars 2011

Mémento à l’usage de l’électeur genevois.

Entendez par genevois, celui qui habite en ville de Genève, parce qu’à en croire l’actualité des communes (une partouze politique à Vernier, une affaire sodomite à Onex), rien n’indique que l’actualité n’ait déjà foulé l’herbe humide de Jussy, Veyrier ou encore Puplinges, si ce n’est d’étranges soirées déguisées où une jeune sosie de Marine Le Pen fait claquer une cravache sur le derrière rougeaud d’un canasson aviné.

A croire également que l'actualité ne foule plus, non plus, le parquet de l'Hôtel de ville, fief et bastion d'un Conseil d'État qui ne communique que pour nous annoncer le retour, tel un phénix, du brochet dans le lac Léman.

A toi, très Cher électeur, enfin surtout si tu es PDC, je t’offre ce matin un bestiaire des dix candidats au Conseil administratif. Un recueil éclairé et objectif des animaux qui hanteront peut-être tes quatre prochaines années. Alors oublie l’onanisme nocturne de l’électeur hésitant, saisi-toi d’un crayon et d’une gomme, n’hésite pas à biffer, rayer, barrer, raturer, corriger même, celles et ceux que tu jugeras indigne de ta voix.

Pierre Maudet. Meilleur élève de sa volée, c’est celui qui, au premier rang des pupitres, levait la main pour répondre aux questions. Moi Monsieur ! Moi Monsieur ! C’est l’étudiant irritant, celui qui t’a volé la première place et ta première copine, même si aujourd’hui, il t’apparaît plus proche de ton grand-père que de tes amis, certes. Néanmoins, tu peux toujours compter sur lui, lorsqu’il s’agit de débarrasser ton grenier, de faire le ménage ou d’exécuter un groupe de musique tzigane qui t’interprète pour la vingtième fois, la version roumaine de Titanic par Céline Dion, sous tes fenêtres.

Sandrine Salerno. Elle, était à gauche de la salle, à côté de la fenêtre. Elle rêvait déjà, en secret, de rencontrer l’homme de sa vie dans une manifestation pour la dépénalisation du cannabis. Militante, elle l’était déjà en distribuant, à la sortie des cours, des tracts contre ce diktat qu’est la charnelle attirance du corps féminin. Enfin, Sandrine Salerno est réputée pour sa gentillesse et son aptitude à reconnaître ses erreurs.

Sami Kanaan. Le petit garçon en a toujours voulu à ses parents, de l’avoir prénommé du nom d’un héros de dessin animé, et pas le plus réveillé. Rancunier, il n’hésita pas à s’inscrire à un cours de clarinette pour pourrir les oreilles de ceux qui l’ont vu naître. Aujourd’hui, on dit de lui qu’il incarne le changement dans la continuité. Un peu comme si on avait remplacé Sophie Favier de ‘’Ciel, mon mardi !’’ par Victoria de la Roue de la Fortune.

Rémy Pagani. Déjà tout petit, Rémy préférait les jeux de constructions au Monopoly. La rumeur dit qu’il aurait déposé plainte contre le jeu de plateau ‘’Destins’’ parce qu’on ne pouvait devenir que Médecin ou Avocat, il aurait préféré gardien de centrale nucléaire ou ouvrier métallurgiste à la chaîne.

Florence Kraft-Babel. Déjà artiste, ses professeurs ne comprenaient pas toujours ce qu’elle voulait dire. On lui prête déjà des ‘’jeux de mains, jeux de vilain’’ avec Eric Bertinat, qui lui, n’avait qu’une obsession en tête : dénoncer ses petits copains francs-maçons à la maîtresse. Eric Bertinat, qui ne cachait pas sa passion pour les femmes, et de l’utilité de la reproduction.

Reste Carlos Medeiros, qui n’hésitait pas chaque premier août, à porter une kippa de jodleur et à se couvrir d’un drapeau helvétique, tout en se moquant de l’accent argentin du petit Michel Chevrolet. Ce dernier étant réputé pour son amour inconditionnel des boums de fin d’année et pour sa haine du dernier de la classe : Soli Pardo. Lequel n’en avait cure, puisque trop occupé à composer des poèmes lyriques pour la fille du pasteur. ‘’O toi, pacsé infécond’’, poème célèbre que lui empruntera Eric Bertinat quelques années plus tard.

Enfin, petite voix timide sortant du placard, Esther Alder, défendait déjà l’économie solidaire de proximité. Terme incompréhensible soufflé par l’élève redoublant, Boris Drahusak.

Voilà c’est fait, sortez vos crayons! Vous avez 19 jours pour biffer.

25/03/2011

Bla-bla-bla et autres considérations

6a00d8341d1ea853ef01053688327d970c-450wi.jpgPolaroïd 12 : 40

On ne répond jamais par la pertinence. Jean-Jacques Roth a beau avoir une plume, elle ne saigne pas. Il est, en effet, délicat de répondre à Charles ‘’Carlo’’ Poncet, je le lui accorde. (l'Hebdo, 17 mars).

Quand il s’agit de tuer, il n’y a jamais deux tentatives d’assassinat. On meurt ou pas. Autant dire, que si le combat n’a pas eu pour issue fatale, une mort certaine de l’un ou l’autre des protagonistes, qu’on a assisté effectivement à un combat de poules, ou de vagues cétacés en fin de marée.

L’écume aux lèvres ne suffit pas. Soutenir une patinoire non plus.

Soit il faut se battre par conviction, soit être brillant, ces deux éléments n’étant pas mutuellement exclusifs. Le reste n’est que poudre d’apparat, signe ostentatoire de médiocrité, ou de poudre tout court.

Etre brillant ? Ranimer un blog inactif depuis le 23 novembre 2010. Son propriétaire : Pierre Maudet. Sa motivation : la peur.

Etre brillant ? Engager Romain de Sainte-Marie, ancien ex-futur-nouveau président des jeunes socialistes pour alimenter, 24/24 et 7/7 le blog non électoral de la Maire de Genève. Je l’espère toujours aussi vivant, ce blog, après le 17 avril.

Etre brillant ? Se taire. Tuer. Accepter la sentence populaire. Etre fourbe et calculateur aussi. Le but nous importe peu. Le pourquoi un peu plus.

Rassurez-vous: à l'écoute. A l'écoute, même si la mémoire de l'électeur n'est pas la même que la mienne.

 

24/03/2011

Olivier Jornot ou comment le Colonel Moutarde s'est débarassé de Madame Pervenche

_49__cluedo.jpgPolaroïd 09 : 07

Ce que j'aime chez les Libéraux, c'est l'art d'assassiner et de flinguer au nom de la liberté de pensée. Qu'importe la cible pourvu qu'on tue, qu'on saigne, qu'on coupe!

Tenez ce matin, Olivier Jornot, s'en est pris au Conseil d'État et à sa propre ministre Isabel Rochat.

Sur la question des agents de sécurité publique étrangers, le député libéral déclare que ''ce débat est généré par la stupidité de nos autorités''.

''Je me demande simplement qu'en lieu et place de s'exprimer dans la presse pour dire des décisions qu'ils [les Conseillers d'État] ont eux-même prises sont mauvaises, n'auraient pas simplement dû prendre les bonnes décisions avant!''.

''Si le Conseil d'État avait un peu de plomb dans la tête, ils n'auraient pas dû engager des ASP frontaliers, surtout en période électorale''.

Les libéraux sont des tueurs-nés.

 

Enfin rien à voir. Mais Sami Kanaan devra s'acquitter de droits d'auteur auprès de Pierre Vanek!

''Genève, Monaco-sur-Léman'', c'est son slogan, son idée, son enfant. On n'ôte pas les combats de la bouche de Pierre Vanek, non, on n'ôte pas!

 

23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

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Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.

Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli

salma-hayek-femme-barbe-L-1.jpegBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 23 mars 2011

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ?

Remplacer les bêlements par des mots, les grognements goguenards par des consonnes fricatives uvulaires, éviter les spirantes pour les remplacer par de dodues voyelles antérieures arrondies, de quoi rendre jaloux toute femme ou transsexuel habitué à la rudesse du bitume.Bref, tout pour changer d’allure vestimentaire, corriger un vilain strabisme, troquer son eau de toilette low-cost Vichy contre de l’italien musqué, ou encore effacer cette hideuse moustache par une épilation définitive au laser.

‘’On ne juge pas les gens sur leur physique’’, me disait ma mère résignée, à l’idée que je puisse être l’un d’eux. Heureusement pour son âme, elle a changé d’avis, rassurée à l’idée que son fils chéri n’avait pas retourné sa veste. ‘’Maman’’, avait-je rétorqué : ‘’on juge les gens sur le fond, on ne les juge pas sur la forme’’. Version qui, années après années, gommage de peau après tentatives d’habitation vestimentaire, s’est soldée misérablement par un acharnement à la pureté, non pas de l’âme, mais bien de la chair.

Aujourd’hui, j’ai grandi. J’ai changé, moi aussi. A la bière-vin blanc du Marchand de Sable, je préfère désormais le Château Pipeau, millésime 86, du Bœuf Rouge aux Pâquis, n’étant pas prêt encore, je dois l’avouer, à franchir l’ultime démarcation qui sépare les loosers des gagnants : le pont du Mont-Blanc. ‘’Well Done’’, disait Winston Churchill en aspirant, délicatement, à l’image d’une maîtresse soumise, le cigare qui lui faisait office de doigt d’honneur à Postdam en 45, à l’encontre d’ignobles communistes.

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ? C’est la question qui m’a taraudée l’esprit hier, comme un marteau sur une enclume, attention à ne pas confondre avec la position éponyme du Kamasutra. Question que je posa à la ministre en charge de la Sécurité et de la Police : Isabel Rochat.

La réponse fût sibylline de la part de sa chargée de communication, Madame Goupil: ‘’affirmatif’’. Quel montant ? ‘’Minime’’. La charmante dame n’hésitant pas à me questionner à mon tour : ‘’mais pourquoi vous me posez cette question’’. La réponse fût cinglante : ‘’parce que je suis journaliste Madame !’’. Quant à savoir pour quel type de ténébreuse mission, pour quels obscurs objectifs, je n’en ai rien su. Il faut dire, que l’agréable dame, dont le métier est de communiquer, m’a refroidi, comme un enfant pris en faute, de lui poser une autre question.

‘’Well done’’, aurait encore pu rajouté Winston.

Une chose est sûre : certains de nos politiciens s’expriment comme des langoustes bavardes ou comme du gibier pourchassé par d’infâmes braconniers à l’haleine avinée. Du coup, l’idée de se faire coacher par des professionnels est séduisante.Séduisante à mes yeux, mais pas forcément pour celui, qui n’ayant pas voté pour l’animal, apprendra que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'il ne souhaitait surtout pas voir accéder au pouvoir.

‘’Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli’’ finira par expulser une bouche pâteuse, de celui qui aura toujours craint de n'avoir libéré l'Europe centrale de l'oppression nazie que pour la livrer à l'oppression communiste.

22/03/2011

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Affirmatif

220px-Sandro_Botticelli_042.jpgPolaroïd 11 : 28

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Et pour faire quoi?

La réponse est affirmative concernant la première question. Montant du mandat? ''Minime'' nous confirme-t-on très amicalement du côté du département de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement.

Que Madame Rochat fasse appel à une entreprise externe pour améliorer l'efficacité de sa communication pose-t-elle problème? A ceux qui l'ont élu, ou pas, d'y répondre. Ces derniers devant être ravis à ce que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'ils ne souhaitaient surtout pas voir accéder au pouvoir.

La question devient plus pertinente lorsqu'il s'agit de savoir, pour quels types de missions exactement, l'agence de communication a-t-elle été employée?

«Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie!... Noblesse, fortune, un rang, des places: tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus...».

Figaro Acte V, scène III.

Figaro qui pourrait bien renaître de ses cendres. Tel un phœnix. Zephyr ne manquera pas de venir souffler sur les braises.

Vous reprendrez bien un rafraîchissement à 100'000 francs?

Diabolo_Menthe.jpgPolaroïd 08 : 50

J'apprécie particulièrement l'article de ma consœur Aurélie Toninato, paru ce matin dans la Tribune de Genève.

Oh, rien de grave, un article timide, cachée au fond à droite de la page 20. Me voyez-vous maintenant?

Le commentaire est absent, la plume légère. On devine sa main merveilleusement sournoise.

Oh, rien de grave. Une petite salle: la salle Petitot, comme sa rénovation, petite.

Aurélie Toninato fait appel au champ lexical du boudoir, de l'étroit, de l'étriqué pour évoquer la restauration.

Oh rien de grave, une ''bagatelle'' consignera la journaliste, 100'000 francs, rajoutera-t-elle.

Le rafraichissement est à l'honneur de l'article: petit. Rafraîchissement pour un homme, le ''seul'' Renaud Gautier. Bien seul comme le crayonnera avec délicatesse notre consœur.

Un petit article de printemps: espiègle et taquin. Rafraîchissant. Mais moins cher.

 

18 : 58 L'intéressé a répondu par le biais de son blog. Je vous encourage à vous rendre à l'adresse suivante : www.renaudgautier.ch

 

21/03/2011

Faut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

dyn004_small150_300_350_jpeg_47953_ab7845ac2269e6a4601d5680dfde7f11.jpgFaut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

C’est ce qui a provoqué l’indignation du président de l’union du corps du personnel de la Police genevoise, Christian Antonietti, en apprenant, qu’effectivement, trois ASP frontaliers auraient été formés l’an passé.

Première constatation avant de crier aux invasions barbares : un agent de sécurité publique n’est pas un gendarme. Il est considéré, aux yeux de la loi, comme un fonctionnaire. Il occupe des tâches administratives. Un fonctionnaire particulier certes : un secrétaire qui répond au téléphone, une personne qui se charge du transfert des détenus ou encore un individu qui protège nos ambassades, en rappelant que cette mission avait été confiée à l’armée, autant dire: à vous, à moi, au fleuriste et l’avocat. En outre, sa formation dure 4 mois contre 12 pour suivre une école de police traditionnelle.

Deuxième constatation : on comprend bien la prise de position du syndicat qui craint, à juste titre peut-être, qu’on crée une police ‘’au rabais’’. Un syndicat étant en charge de la défense des intérêts du corps de métier qu’il défend, nul doute que Christian Antonietti est entièrement légitimé à pousser des hurlements. Le problème, c’est que dans l’acronyme UPCP est contenu le mot ‘’police’’, et que les agents de sécurité publique ne sont pas des policiers.

Troisième constatation : le département d’Isabel Rochat évoque trois personnes dans cette situation. Chiffre à relativiser quand on connaît le nombre total d’agent de sécurité publique : 160 et que le nombre de gendarmes à Genève se monte aux alentours des 1300. Même si je réitère l’argument : les ASP ne sont pas des policiers mais bien des fonctionnaires.

Que des infirmière nettoient nos vieux, oui. Mais ne venez pas me parler de sécurité?  C'est l'étrange amalgame envoyé hier par l'UPCP. Etonnant quand on sait que Christian Antonietti rêve de voir ses policiers dans la rue.

C'est aussi le titre de mes confrères de la Tribune de Genève: ''la Police genevoise a engagé des travailleurs frontaliers''. Ils auraient pu tout autant titré: ''les HUG engagent des travailleurs frontaliers''.

Le vrai outrage, c'est l'opportunisme!

Jacques-Dutronc.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 21 mars 2011

La vie est étonnante.

En l’espace de quelques semaines, le monde vient de se rendre compte que petit a : Mouammar Kadhafi était un horrible dictateur, petit b : que la Tunisie n’était pas seulement une fantastique destination de voyage pour toute la famille (Ah Djerba la Douce!), et petit c : que oui, le nucléaire pouvait être dangereux. Ce qui est encore plus fascinant, c’est le nombre de personnes qui retournent leurs vestes, et les autres qui s’épanchent dans des ‘’si j’avais su’’, l’air crétin et la mine déconfite.

Cela fait maintenant des années qu’on nous encourage à éteindre nos appareils lorsqu’ils sont en veille, d’échanger nos vieilles ampoules ‘’standard’’ contre des ‘’économiques’’, ou enfin qu’on incite la population à réduire la température de son logement de quelques degrés. Et étrangement, qui parmi nous, s’est effectivement distingué en réalisant ces quelques conseils ? Pas beaucoup.

De l’autre côté, les 96% de femmes excisées en Egypte n’ont jamais empêché les vacanciers de se bronzer les fesses sur les plages de Charm el-Cheikh, le Club Med continue à offrir des nuits imbattables à 114 francs pour ‘‘vivre en famille des vacances chaleureuses, colorées et pleinement reposantes’’. Enfin, l’ex Président du Conseil d’Etat genevois, François Longchamp, nous rappelait, encore l’année dernière, à quel point Mouammar Kadhafi risquait d’être outré en apparaissant sur une affiche du MCG.

C’est vrai, pour sa défense, les journalistes ne se sont pas empressés de le questionner, à savoir s’il avait des remords, s’il avait su, aurait-il agi autrement ? Pas facile non plus de le joindre, puisque l’activité du gouvernement genevois se limite désormais à inaugurer des forêts, ou annoncer l’ouverture de la pêche. Je dois l’avouer aujourd’hui et c’est douloureux : Michelle Künzler est peut-être la Conseillère d’Etat la plus active, ces derniers mois. Les autres étant morts, et Isabel Rochat faisant appel à des experts zürichois et à la population pour réformer sa police.

Ce qui est amusant, c’est de constater comment le sociologue et ancien Conseiller National socialiste Jean Ziegler est beaucoup moins proche de Kadhafi qu’autrefois. Ce qui est divertissant, c’est d’admirer le plus beauf des intellectuels français, Bernard-Henri Lévy poser devant les photographes en complet Hugo Boss et chemise ouverte, pas sur son torse poilu, mais sur un champ de ruines à Benghazi. Ce qui est égayant, c’est de constater que 87% des Suisses disent vouloir sortir du nucléaire.

Je vous le disais, le monde est fascinant. En tous les cas: rien de mieux qu’une catastrophe nucléaire, quelques vilains dictateurs et un tsunami pour nous faire oublier un peu notre quotidien, mais surtout de nous remémorer que le monde est rempli d’opportunistes.

Mais rassurez-vous. Dans six mois, on aura vite oublié tout ça; le nucléaire, les sushis empoisonnés et les dictatures. Pour reprendre tous, le cours normal de sa propre vie.

 

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