28/03/2011

Le Bestiaire

10_animaux.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 28 mars 2011

Mémento à l’usage de l’électeur genevois.

Entendez par genevois, celui qui habite en ville de Genève, parce qu’à en croire l’actualité des communes (une partouze politique à Vernier, une affaire sodomite à Onex), rien n’indique que l’actualité n’ait déjà foulé l’herbe humide de Jussy, Veyrier ou encore Puplinges, si ce n’est d’étranges soirées déguisées où une jeune sosie de Marine Le Pen fait claquer une cravache sur le derrière rougeaud d’un canasson aviné.

A croire également que l'actualité ne foule plus, non plus, le parquet de l'Hôtel de ville, fief et bastion d'un Conseil d'État qui ne communique que pour nous annoncer le retour, tel un phénix, du brochet dans le lac Léman.

A toi, très Cher électeur, enfin surtout si tu es PDC, je t’offre ce matin un bestiaire des dix candidats au Conseil administratif. Un recueil éclairé et objectif des animaux qui hanteront peut-être tes quatre prochaines années. Alors oublie l’onanisme nocturne de l’électeur hésitant, saisi-toi d’un crayon et d’une gomme, n’hésite pas à biffer, rayer, barrer, raturer, corriger même, celles et ceux que tu jugeras indigne de ta voix.

Pierre Maudet. Meilleur élève de sa volée, c’est celui qui, au premier rang des pupitres, levait la main pour répondre aux questions. Moi Monsieur ! Moi Monsieur ! C’est l’étudiant irritant, celui qui t’a volé la première place et ta première copine, même si aujourd’hui, il t’apparaît plus proche de ton grand-père que de tes amis, certes. Néanmoins, tu peux toujours compter sur lui, lorsqu’il s’agit de débarrasser ton grenier, de faire le ménage ou d’exécuter un groupe de musique tzigane qui t’interprète pour la vingtième fois, la version roumaine de Titanic par Céline Dion, sous tes fenêtres.

Sandrine Salerno. Elle, était à gauche de la salle, à côté de la fenêtre. Elle rêvait déjà, en secret, de rencontrer l’homme de sa vie dans une manifestation pour la dépénalisation du cannabis. Militante, elle l’était déjà en distribuant, à la sortie des cours, des tracts contre ce diktat qu’est la charnelle attirance du corps féminin. Enfin, Sandrine Salerno est réputée pour sa gentillesse et son aptitude à reconnaître ses erreurs.

Sami Kanaan. Le petit garçon en a toujours voulu à ses parents, de l’avoir prénommé du nom d’un héros de dessin animé, et pas le plus réveillé. Rancunier, il n’hésita pas à s’inscrire à un cours de clarinette pour pourrir les oreilles de ceux qui l’ont vu naître. Aujourd’hui, on dit de lui qu’il incarne le changement dans la continuité. Un peu comme si on avait remplacé Sophie Favier de ‘’Ciel, mon mardi !’’ par Victoria de la Roue de la Fortune.

Rémy Pagani. Déjà tout petit, Rémy préférait les jeux de constructions au Monopoly. La rumeur dit qu’il aurait déposé plainte contre le jeu de plateau ‘’Destins’’ parce qu’on ne pouvait devenir que Médecin ou Avocat, il aurait préféré gardien de centrale nucléaire ou ouvrier métallurgiste à la chaîne.

Florence Kraft-Babel. Déjà artiste, ses professeurs ne comprenaient pas toujours ce qu’elle voulait dire. On lui prête déjà des ‘’jeux de mains, jeux de vilain’’ avec Eric Bertinat, qui lui, n’avait qu’une obsession en tête : dénoncer ses petits copains francs-maçons à la maîtresse. Eric Bertinat, qui ne cachait pas sa passion pour les femmes, et de l’utilité de la reproduction.

Reste Carlos Medeiros, qui n’hésitait pas chaque premier août, à porter une kippa de jodleur et à se couvrir d’un drapeau helvétique, tout en se moquant de l’accent argentin du petit Michel Chevrolet. Ce dernier étant réputé pour son amour inconditionnel des boums de fin d’année et pour sa haine du dernier de la classe : Soli Pardo. Lequel n’en avait cure, puisque trop occupé à composer des poèmes lyriques pour la fille du pasteur. ‘’O toi, pacsé infécond’’, poème célèbre que lui empruntera Eric Bertinat quelques années plus tard.

Enfin, petite voix timide sortant du placard, Esther Alder, défendait déjà l’économie solidaire de proximité. Terme incompréhensible soufflé par l’élève redoublant, Boris Drahusak.

Voilà c’est fait, sortez vos crayons! Vous avez 19 jours pour biffer.

Commentaires

A force de vouloir bestiariser, bestialiser, bêtifier la politique, certains en deviendraient-ile simplement bêtes?

Écrit par : Florence Kraft-Babel | 28/03/2011

Les commentaires sont fermés.