23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

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Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.

Commentaires

Voili une position dangereusement précise et sérieusement argumentée, cher Monsieur.
p.l.

Écrit par : pierrre losio | 23/03/2011

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