21/03/2011

Faut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

dyn004_small150_300_350_jpeg_47953_ab7845ac2269e6a4601d5680dfde7f11.jpgFaut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

C’est ce qui a provoqué l’indignation du président de l’union du corps du personnel de la Police genevoise, Christian Antonietti, en apprenant, qu’effectivement, trois ASP frontaliers auraient été formés l’an passé.

Première constatation avant de crier aux invasions barbares : un agent de sécurité publique n’est pas un gendarme. Il est considéré, aux yeux de la loi, comme un fonctionnaire. Il occupe des tâches administratives. Un fonctionnaire particulier certes : un secrétaire qui répond au téléphone, une personne qui se charge du transfert des détenus ou encore un individu qui protège nos ambassades, en rappelant que cette mission avait été confiée à l’armée, autant dire: à vous, à moi, au fleuriste et l’avocat. En outre, sa formation dure 4 mois contre 12 pour suivre une école de police traditionnelle.

Deuxième constatation : on comprend bien la prise de position du syndicat qui craint, à juste titre peut-être, qu’on crée une police ‘’au rabais’’. Un syndicat étant en charge de la défense des intérêts du corps de métier qu’il défend, nul doute que Christian Antonietti est entièrement légitimé à pousser des hurlements. Le problème, c’est que dans l’acronyme UPCP est contenu le mot ‘’police’’, et que les agents de sécurité publique ne sont pas des policiers.

Troisième constatation : le département d’Isabel Rochat évoque trois personnes dans cette situation. Chiffre à relativiser quand on connaît le nombre total d’agent de sécurité publique : 160 et que le nombre de gendarmes à Genève se monte aux alentours des 1300. Même si je réitère l’argument : les ASP ne sont pas des policiers mais bien des fonctionnaires.

Que des infirmière nettoient nos vieux, oui. Mais ne venez pas me parler de sécurité?  C'est l'étrange amalgame envoyé hier par l'UPCP. Etonnant quand on sait que Christian Antonietti rêve de voir ses policiers dans la rue.

C'est aussi le titre de mes confrères de la Tribune de Genève: ''la Police genevoise a engagé des travailleurs frontaliers''. Ils auraient pu tout autant titré: ''les HUG engagent des travailleurs frontaliers''.

Commentaires

Le seul point qui me pose problème est : je cite,
"S’il est difficile de connaître leur nombre exact, trois travailleurs frontaliers ont été formés l’an passé, apprend-on auprès du service de presse de la police cantonale."
N'aurait-on pas pu former 3 personnes au chômage ?? Au lieu de prendre des personnes étrangères ??

Écrit par : Marie-Françoise | 21/03/2011

Comme le propose Marie-Françoise il y a assez de chômeurs à former en ASP pour renforcer la police genevoise.

Écrit par : Ivan Sjyvol | 21/03/2011

Je ne pense pas que l'on puisse comparer le travail d'une infirmière au travail d'un policier. Il me semble que les policiers genevois ont raison de se révolter face à ces engagements. Une police doit garder son silence car elle est confrontée à tous évènements. S'il s'agit d'une affaire confidentielle, elle doit être attentive à ne pas divulguer un élément. Or, si l'on engage des policiers étrangers, il y a bien des chances que des gaffes surgissent. De plus, ils doivent connaître toutes les lois, sur le plan communal, cantonal et fédéral. Ce ne pourrait pas faire l'affaire avec un étranger. Notre pays doit se protéger, pas d'ingérence étrangère et surtout dans la police. Grave erreur, voire incompréhensive, et je dirais inacceptable envers notre pays.
Aucun pays du monde, se permettrait d'engager des policiers étrangers.

Écrit par : rose des sables | 22/03/2011

Je ne pense pas que l'on puisse comparer le travail d'une infirmière au travail d'un policier.
Aucun pays au monde engage des policiers de nationalité étrangère. Il s'agit de protéger son pays. Les policiers ont raison de râler, on dirait qu'ils protègent mieux leur pays que leurs autorités. C'est impossible, nous devons garder nos secrets.

Écrit par : rose des sables | 22/03/2011

que des infirmières* nettoient* nos vieux,expression fort incorrecte,d'ici qu'on emploie le mot génocide il n'y a qu'un pas,on sait les personnes âgées mal aimées pour une grande partie de la masse populaire,mais que ceux les dénigrant soient rassurés, leur tour viendra aussi !décidément la folie meurtrière de la presse déteint carrément ,c'est quasiment honteux

Écrit par : lovsmeralda | 22/03/2011

@ lovsmeralda: L'expression utilisée ici est intentionnellement incorrecte, veuillez bien croire que j'ai beaucoup d'affection pour cette population.

Amicalement, Olivier Francey.

Écrit par : Olivier Francey | 22/03/2011

Encore une de ces nouvelles genevoiseries...
A l’autre extrémité de la Suisse engage t'on des frontaliers pour garnir les rangs des diverses polices ?
Je doute fort que les Bâlois accepteraient d'être verbalisé par des "Schwabe". Précédé d'un suffixe rappelant la famille des suidés c’est le nom "affectueux" par lequel certains désignent les Allemands.

Écrit par : Hypolithe | 22/03/2011

@Olivier Francey,merci à vous!je me sens nettement moins vieille subitement/humour/
bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 22/03/2011

Pauvres frontaliers... Si le Suisse moyen voulait enfin comprendre un jour qu'ils participent directement à notre belle économie ! Je suis effaré de constater que la population en général n'a toujours pas compris que sans personnel frontalier, point d'industrie florissante chez nous.

Coupons les vivres aux étrangers qui viennent chercher de l'emploi chez nous, et le taux de chômage quadruplera certainement...

Écrit par : scotlandyard | 22/03/2011

@scotlandyard
Sauf que dans tous les pays de l'UE pour travailler comme fonctionnaire dans la domaine des finances, de la justice et de la police il faut avoir la nationalité de ce pays. Regardez à l'occasion les textes de la loi des pays de l'UE.
amb

Écrit par : amb | 22/03/2011

Merci à l'auteur de m'avoir censuré !

Je ne connaitrai sans doute jamais les motifs de votre censure ?

Mon commentaire était parfaitement courtois mais visiblement il n'a pas eu l'heur de vous plaire.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/03/2011

Un tel engagement d'auxiliaires de police étrangers est exclu en France.

En principe, l'accès à la fonction publique y est ouvert à tous les ressortissants de l'Union européenne - et aux Suisses grâce aux bilatérales [mais quel Suisse irait chercher en France un si maigre revenu ?].

En pratique, c'est très différent :
Les emplois dits "de souveraineté" sont réservés aux seuls Français.

Voici les précisions apportées à la question d'un député à l'Assemblée nationale :

L'article 5 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, modifié par la loi n° 2005-843 du 26 juillet 2005 portant diverses mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique, dispose que « les ressortissants des États membres de la Communauté européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen autres que la France ont accès, dans les conditions prévues au statut général, aux corps, cadres d'emplois et emplois.

Toutefois, ils n'ont pas accès aux emplois dont les attributions soit ne sont pas séparables de l'exercice de la souveraineté, soit comportent une participation directe ou indirecte à l'exercice de prérogatives de puissance publique de l'État ou des autres collectivités publiques ».

Tous les corps sont désormais ouverts par principe, sauf pour les emplois dits de souveraineté. Des circulaires du Premier ministre, du 19 septembre 2005, et du ministre de la fonction publique, du 20 septembre 2005, ont précisé cette réforme en s'appuyant sur un avis du Conseil d'État du 31 janvier 2002 et sur la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne.

Ainsi, l'appréciation des emplois de souveraineté se fait emploi par emploi, par le chef de service compétent au moment de la nomination, en tenant compte du domaine d'activité, des fonctions précises dévolues à l'agent et du degré de responsabilité inhérent à celles-ci.

La participation, directe ou indirecte, à l'exercice de la puissance publique suppose des fonctions qualifiées de régaliennes, parmi lesquelles figurent les affaires étrangères et diplomatiques, ou la participation à titre principal au sein d'une personne publique à l'un des éléments suivants au moins :
- l'élaboration d'actes juridiques,
- le contrôle de leur application,
- la sanction de leur violation,
- l'accomplissement de mesures impliquant un recours possible à l'usage de la contrainte,
- l'exercice d'une tutelle.

Un faisceau d'indices permet, en outre, de considérer que l'emploi concerné est lié à l'exercice de prérogatives de puissance publique :
- prestation de serment,
- interdiction du droit de grève,
- accès à des documents confidentiels,
- positionnement hiérarchique et conseil au Gouvernement,
- bénéfice d'une délégation de signature.

Au regard du nombre d'emplois publics, de leur diversité et de leur évolution, aucune liste d'emplois fermés aux ressortissants communautaires ne peut être établie.
Le ministère des affaires étrangères et européennes ne dispose, ainsi, pas d'une telle liste.

En application des principes ci-dessus énoncés, on peut toutefois considérer que les fonctions d'ambassadeur, de chef de représentation permanente française auprès d'organisations internationales et de consul général doivent être réservées aux nationaux.

De même, des fonctions qui conduisent les agents à traiter des questions relatives à la politique intérieure ou extérieure de la France et, de manière générale, à la sécurité (notamment des sites et des personnes), au désarmement classique ou non, à la non-prolifération des armes nucléaires, au terrorisme, à la criminalité, à la drogue ou aux trafics en tous genres, à la traite des êtres humains, à la coopération militaire et de défense, au maintien de la paix, à la propriété intellectuelle ou industrielle, ainsi que les fonctions tendant à la protection des communications gouvernementales et à la sécurité diplomatique, paraissent devoir être réservées aux ressortissants nationaux.
[fin de citation]
http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-79671QE.htm

=> En conclusion, la liste des exclusions est donc trop longue pour être dressée !
Pour simplifier, toute fonction exigeant une prestation de serment est réservée aux Français.

Écrit par : Lyonnais du 69 | 22/03/2011

Parler de la police c'est comme parler de l'armée. Il s'agit d'un organe de l'Etat directement lié à l'ordre public et à la souveraineté territoriale. Alors la comparaison avec les infirmiers et aides hospitaliers semble une peu hors de propos. Ce qui est préservé par la préférence (ou même l'exclusivité) nationale dans la police, l'armée et d'autres métiers, ce n'est pas d'abord un marché du travail, mais plutôt l'assurance que la sécurité de l'Etat reste en mains nationales.

Écrit par : sylvain | 22/03/2011

Scotlandyard,
Il ne s'agit de refuser les frontaliers vous n'avez pas compris, sauf pour la police ce qui est tout à fait logique et normal.
Bien à vous,

Écrit par : rose des sables | 23/03/2011

@scotlandyard :
Il faut vraiment arrêter de dire que certains sont "anti-frontaliers" et parler d'un "Genève sans frontalier court à la ruine". Il ne s'agit en AUCUN CAS d'interdire les frontaliers, on parle de PREFERENCE nationale (et encore, on comprend là dedans lers permis B et C), plutôt que d'aller chercher des personnes en dehors de nos frontières, c'est tout.
Pour exemple, il y a 319 informaticiens au chômage à Genève. Dans mon entreprise on vient d'embaucher un frontalier pour un poste d'informaticien (tâches basiques). Qu'on ne vienne pas me dire que sur 319 personnes, aucune ne convenait!

Écrit par : Jean-Pierre | 23/03/2011

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