16/03/2011

Michel Chevrolet: il n'y a plus le feu au lac

anna_pavlova.jpgBillet d'humeur, 16 mars 2011

Michel Chevrolet.

3'973, c’est le nombre de voix que le candidat PDC à la course à la Mairie de Genève a récolté. Je dis bien ‘’course à la mairie’’ supputant avec une perfide méchanceté, qu’un simple siège de Conseiller administratif ne soit pas suffisant pour satisfaire son ambition stomacale.

3'973, c’est 42 voix de moins que le candidat UDC Michel Amaudruz, à ne pas confondre avec Amoudruz, entreprise de vidange de fosses sceptiques. Non, Michel Amaudruz, lui, est connu pour avoir enfanté une amazone qui choisira toujours les équidés aux génuflexions de mendiants étrangers, Céline Amaudruz. On ne dira pas, ici, du ‘’papa avocat’’ qu’il a brillé dans les médias, l’homme préfère arpenter les couloirs du palais de justice à ceux, sombres et humides du Francis, boîte de nuit réputée pour ses karaokés et ses dames de compagnie.

3'973, c’est également une voix de plus, que Jacques Pagan, pourtant ex-Conseiller national transparent certes, mais connu pour disposer d’une biographie sur wikipédia. Trois lignes exactement suffiront à décrire l’homme d’influence. Trois lignes, c’est aussi une de moins que le non moins célèbre Conseiller national défenseur des droits de l’homme, du suisse-allemand et des ‘’Birkenstock’’ : Antonio Hodgers.

Enfin 3'973, c'est beaucoup moins que le nombre d'amis dont dispose le candidat sur Facebook. On le rappelle: vos amis sur le réseau social ne sont pas forcément vos amis dans la vie réelle.

En tous les cas, Michel Chevrolet est bien entouré, devant et derrière par des UDC. Au final, ne resteront que comme seul point commun : une simple lettre : le ‘’C’’. Le centre de l’un n’étant pas le même que les deux autres.

Bon, arrêtons de parler chiffons, chiffres et des lettres. Michel Chevrolet a été transparent : 320'000 francs provenant de jetons de présence des conseillers PDC. 120'000 francs d’un compte ouvert à la Poste à la manière d'un Julian Assange et alimenté par de mystérieux investisseurs ‘’que je vous révélerai plus tard’’. Coquin!

Pas de quoi affoler l’électeur, le candidat avoue ‘’ne pas avoir promis quoi que ce soit en retour’’. Je le crois. Moi aussi, on m’a déjà donné 120'000 francs pour que je m’épanouisse. ‘’L’amitié n’a pas de prix, pour le reste, il y a visa’’, disait le slogan. Avec un peu de mauvaise foi, le compte est bon : un siège au Conseil municipal (et ils en ont sept), n’aura coûté au parti chrétien, que seulement 63'000 francs. ‘’Bagatelle !’’, dira François Gillet, président du même parti genevois.

Là n’est pas le problème. Le problème, c’est comment expliquer cette inimitié de la populace qui a, avec un acharnement certain, biffé le candidat pourtant fort sympathique ? Quoi ? Qu'ouïs-je? Genève, ville triste ? Pas de vidéos en chantant, ni pin’s, ni soirée pour alimenter ma vie quasi moribonde de genevois protestant ?

Qu’en sais-je ?

Le genevois ne doit pas aimer la politique spectacle, préférer les cols serrés et les cravates droites. A l’équerre la cravate ! Les caravanes doivent lui faire penser à des gens du voyage. Le MOA club et ses jeunes délinquants doivent lui susciter de l’urticaire. Les bagnoles américaines sont trop grosses et polluantes.

Nul aujourd’hui, ne le saura. Reste qu’à l’évidence : ‘’il n’y a vraiment plus le feu au lac’’.

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