08/03/2011

La Chute

slap.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 8 mars 2011

La Chute.

Homme éclairé, homme de lumière, partisan de la liberté de la presse. Homme d'État, homme de pouvoir, homme de main, laquelle ? On ne le saura pas.

On m’accusera probablement ici d’être l’auteur d’un acharnement afin de satisfaire de vils desseins, d’être le suppôt d’un parti politique ou d’un autre, ou encore d’avoir le cœur noir gorgé de sang putrescent. Et pourtant, ce n’est pas ici la pompe aortique qui est victime d’une cardiomyopathie obstructive, mais bien ma mémoire qui défaille.

Réminiscence de ce jeudi 21 octobre 2010, Genève n’avait chaud que dans ses émissions, vous étiez apparu sur ce miracle qu’est le petit écran. Votre chemise arborait alors la couleur de la virginité, le col serré, vous vous êtes expliqué du retrait d’un touareg d’une affiche MCG.

Il est vrai, vous le disiez : ‘’les intérêts de l'État sont gravement mis en danger’’. Et même si les otages sont libres, nos relations avec Tripoli sont loin d’être normalisées. Et Dieu sait si les suisses les souhaitaient amicales et sincères.

Invoquant, Deus Ex Machina, l’article 296 du Code pénal suisse, vous avez, vous aussi, à la façon d’un démiurge, adjuré l’outrage aux États Étrangers. L'État étranger n’avait d’étrange que sa position géographique. L’étrange État n’avait d'État qu’un homme aux affections toutes particulières pour les infirmières ukrainiennes et son sens personnel de la démocratie.

Après 4 minutes et 54 secondes d’interview, vous déclariez du parti susmentionné et avec un champ lexical pauvre : ‘’ce n’est pas très malin’’. Aujourd’hui, l’Histoire pourrait vous renvoyer la gifle. Avec quelle main ? On ne le sait guère mieux. L’ironie est totale.

En Libye, certains brûlent l’image du guide de la révolution. Vous, vous l’aurez censuré. Là-bas, les chemises se tâchent de sang. Vous, les relations, vous les désirez non froissées. Quant eux parlent de liberté, vous évoquez le verbe ‘’normaliser’’. Ils se battent, vous ‘’préservez’’.

Vous l’avez dit : ‘’le magistrat que je suis, n’a pas à exprimer son opinion personnelle’’.

Pourtant aujourd’hui, au magistrat effrayé, c’est l’homme de courage que j’aurais souhaité entendre. Qualité indéniable qui différencie celui qui gouverne de celui qui gère.

Commentaires

Si l'on avait écouté Stauffer, les otages seraient toujours à Tripoli. C'est tout ce qu'il y a à dire.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/03/2011

N'importe quoi, Monsieur Souaille. Lors de l'accès de servile poltronnerie de Longchamp, les otages étaient rentrés chez eux depuis longtemps.

Écrit par : Jean-Pierre Vaillant-Cordier | 08/03/2011

Tandis que Pardo appelait au boycott de Tamoil (alors que celle-ci fournit en pétrole les autres compagnies opérant en Suisse !), Kadhafi se préparait en rigolant à livrer son pétrole ailleurs. Et lorsque Stauffer a traité les Libyens de macaques à la télé, les otages étaient toujours à Tripoli.

Écrit par : Saint-Juste | 08/03/2011

En confirmation de ce qui précède et pour être plus précis, si Stauffer avait mené les négociations avec la subtilité qui le caractérise, les otages non seulement seraient vraisemblablement toujours à Tripoli, mais peut-être même dans un cercueil.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/03/2011

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