21/02/2011

Et si Sisyphe avait été condamné à transporter du vent

original.jpgFinalement, il faut bien s’occuper.

C’est l’éternel mythe de Sisyphe. Remplir sa journée, avoir des choses à dire ou à faire, des rêves à réaliser, des ambitions à voir s’accomplir, du sens à donner à tout ça. Tout ça, c’est la vie.

On l’apprend déjà tout petit : ‘’ce fantastique cadeau qu’est la naissance’’. Rien qu’à voir toutes ces jeunes mères dopées aux hormones, on comprend pourquoi l’envie est si forte, et la nausée inéluctable.

On entend parfois quelques gémissements, de ceux qui n’auraient jamais voulu n’être. Rien de grave, ils finissent tôt ou tard à quitter le chemin en route. C’est bien dommage de les traiter de ‘’lâches’’, on devrait au moins leur accorder le mérite d’avoir tranché, toujours plus honorable que de combler des trous avec du vide.

Pour leur défense, c’est vrai, ceux qui restent, parfois, s’attablent à s’élever. Certains construirons des réacteurs à pression sécurisé, d’autres à espérer que leurs enfants ne seront pas ouvriers, l’un ne vibrera que par la puissance des mots, l’autre par la satisfaction de voir sa maison surgir de terre, l’une ne rêvera que d’un 95 D comme seule accomplissement d’une féminité qu’elle n’aura jamais reçu, l’autre d’un bout de poulet, même en décomposition, ça pourrait toujours servir. Vous avez raison, la dépression est un problème d’enfants gâtés.

C’est un travail quotidien et un jeu hautement hilarant que de deviner ce qui meut, pousse ou tire les gens vers demain. C’est surtout l’une des seules enquêtes qui mérite d’être menée.

Si je vous parle de cela aujourd’hui, c’est parce que j’ai l’impression, parfois, d’être submergé par le monde.

Englouti par Sandrine Salerno qui déclare dans la brochure que nous avons reçu en vue des municipales 2011, que sa place préférée, est la place des Nations, parce qu’elle ‘’réunit à la fois, la Genève locale et la Genève internationale’’. J'attends avec impatience de l'y voir, profitant de la vue pour déguster un sandwich, mal assis sur un banc bétonné.

Noyé également dans les échanges verbaux entre Isabel Rochat et ses policiers. Entre la grogne des uns et la morale des autres, parsemés des commentaires ‘’bien-pensant’’ de Peter Rothenbühler, ancien rédacteur en chef du Matin. Qu’on nous apporte des chiffres, des desideratas, et des rasoirs afin que l’on cesse enfin de dire n’importe quoi, et surtout de faire parler n’importe qui.

Fatigué de la guerre que mène tous les partis ou presque dans les municipales 2011. Presque étant les Verts libéraux. Marre d’entendre les chiffres de financement de campagnes, les centaines de communiqués du MCG, les candidats qui s’expriment sur tout : le logement, la sécurité, les EMS, les handicapés, la culture, le théâtre, la mucoviscidose et le club d’échec de Prégny-Chambésy.

Raz-le-bol des experts qui s’expriment sur l’Egypte et la Libye alors qu’ils n’y ont pas foutu les pieds ces dix dernières années. Incompréhension de lire encore, que le Diocèse serait coupable d’avoir ‘’livré en pâture le prêtre carougeois’’ alors que c’est la TSR, me semble-t-il, qui a permis d’obtenir le nom du dit ‘’suspect-coupable-présumé-innocent’’.

Saturation des opinions, des commentaires, des critiques, et surtout de moi-même. Ne restera qu’à Sisyphe l’honneur d’avoir déjoué Thanatos. Finalement, c’est vrai. Il faut bien s’occuper.

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