09/02/2011

La République du Silence

death-star-1.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 9 février 2011

La République du Silence à en croire que Genève se serait transformée en une ville silencieuse en moins d’une semaine.

On en arriverait presque à regretter l’année de présidence de François Longchamp, année de cocktails, de petites sauteries sur le tarmac de l’aéroport, de paillettes et autres manifestations d’automne. Saint-François, au moins, s’amusait à menacer la presse, pour cause de publication d’un vieux barbu libidineux, Saint-François faisait fi des statistiques fédérales (hop, le chômage baissait de 7 dixièmes!), enfin Saint-François accordait, sans broncher, le rallongement de la durée des indemnités chômage.

Et voilà, le Saint a quitté la scène, les lumières se sont éteintes, le forçant, dans cette inexorable gravité horizontale, à rejoindre les loges. L’unique et seul mime du premier acte, Saint-François, s’était tu.

On croyait la pièce terminée, ce n’était que le début.

Le rideau s’est ouvert. Apparition bienveillante : celui d’un jeune premier, l’histoire quasi héroïque du machiniste qui devient un jour acteur, Saint-Marc. Première scène, premiers ratages : chute d’un projecteur, oubli des 250 vers qui composent le deuxième acte, comme oublier de réclamer les 2350 francs restants à un poussiéreux locataire de villa. L’avenir nous dira si on le réengagera.

Le public en rit jaune. Deux ou trois hyènes au premier rang n’attendent que sa lente agonie pour lui subtiliser sa place, d’autres appellent à manifester devant le théâtre. En coulisses, Saint-Michel et Saint-Boris se battent pour savoir qui, de l’un ou de l’autre, a le monologue le plus dodu. La bataille se réglera à coups d’échanges de poireaux génétiquement modifiés à l’énergie solaire contre des calculatrices jetables. Le combat est stérile, mais a le mérite d’animer le silence de mort qui a régné sur les deux premiers actes.

Troisième acte : Sainte Isabelle. Parée d’une longue robe de soie, de boucles d'oreille Gilbert Albert en forme de balance, et d’une épée phallique, elle interprétera le rôle de sa vie. Incarnation d’une existence hollywoodienne incandescente, elle aussi, n’en a cure du reste du monde. ‘’Je me prononcerai lorsque j’aurais toutes les indications en ma possession’’ déclarera-t-elle sous le crépitement des feux des photographes.

Le public, lui, croit rêver. Il voulait des réponses, il a reçu comme seul objet contendant rétinien: des ombres chinoises et des mimes. Sauf Deus Ex Machina, la pièce risque d’être particulièrement ennuyeuse.

Sauf Saint-Michel qui continue toujours à hurler depuis les tréfonds : silence, silence, silence !

Commentaires

Belle envolée qui pourrait très bien être un synopsis de film. Hélas, les titres des films de Kevin Costner "danse avec les loups" et celui de Véra Belmont "Survivre avec les loups" sont déjà pris.Il nous reste "Bisbille chez les chipoteurs" cela rime avec Harry Potter. Et pourquoi pas : "Arrêtez-les si vous pouvez" comédie toutefois légèrement ennuyeuse.

Écrit par : Sirène | 09/02/2011

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