07/02/2011

Alors si vous deviez voter mesdames...

coeur.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 7 février 2011

Les femmes, ces créatures étranges pour lesquelles, alors enfants, nous n’éprouvions que de l’indifférence, ou tout au plus, une envie irrépressible de se moquer. Elles ont rapidement changé, nous aussi. Alors source d’ignorance, elles sont devenues source de curiosité et d’intérêt. Certaines mêmes, pour une raison qui relève encore aujourd’hui de l’anecdote, nous ont fait croire que nous aussi, pouvions être amoureux. Un sentiment encore brut, bien loin des manigances et de la sophistication.

Elles découvraient un corps qui se titillait à se moquer de la gravité, nous découvrions alors ce qu’il fallait pour leur plaire. Douloureuse expérience de n’être pas celui ou celle qu’on voulait être, cruelle déception de constater qu’elle préférait le beau sicilien au corps déjà taillé, lui, à celui du gringalet amateur de romans fantastiques.

Elle était tellement belle mais effrayante lorsqu’elle nous a tendu la main pour nous inviter à danser. Accoutumé à l’échec, aucun baiser n’aura été échangé. On apprendra plus tard qu’elle nous l’aura reproché.

Et puis, à défaut d’être beau, on se disait que le charme pouvait suffire à la conquérir, on découvrit l’art du calcul, des machinations, probablement celui du mensonge qui ne nous aura pas tous quitté. Les méthodes s’affinèrent, les moyens aussi : les bougies remplacèrent les bonbons, les mots, les biceps.

Qu’est-ce qu’on vous a aimé ! Quelle folie ne nous a-t-elle pas emportée pour vous plaire, vous séduire puis tenter de vous garder.

Pas toutes, certaines d’entre vous auront parfaitement réussi à nous trahir. Parfois honorablement c’est vrai, parfois dans la plus cruelle des manières. Les vraies larmes, c’étaient les vôtres. La haine aussi.

Mais tant pis, vous nous aurez fait connaître l’exquise expérience du vide, de l’oubli, du moment présent. Effleurer la mort n’aura jamais été autant jouissif.

On pense souvent à vous. A celles que vous êtes devenues : certains mères, d’autres pas, celles qui n’ont pas changé et celles qui ne nous reconnaissent plus. A celles qui ne nous ont jamais dit ‘’je t’aime’’ et celle qu’il ne l’aura jamais entendu.

Depuis, on s’efforce de courir après cette sensation, celle de l’évidence du sentiment, de l’attraction qui soulève des montagnes, de la cruelle nudité avec laquelle on aimerait s’afficher.

Alors si vous deviez voter mesdames, voter pour celui qui vous écoute, celui qui vous sent, celui qui s’engage, celui qui sourit le matin, vous ayant observé toute une nuit, celui qui vous touche comme l’unique, qui vous soutient, vous porte et vous lance parce ce n’est qu’à cet endroit que vous côtoyez les étoiles.

Aimez cet homme qui vous aime dans la lumière, et qui vous illumine dans les ténèbres. Celui qui ne peut douter qu’à côté de vous, parce que vous êtes sa béquille.

Votez pour le bon, le mauvais, le beau, le laid, l’erreur et l’exception.

Pour ne jamais finir comme celui ou celle qui aura esquivé. C’est en touchant que l’on blesse, mais surtout que l’on aime.

08:05 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.