31/01/2011

Louer un sens critique.com

header copy.jpgPolaroïd 16 : 07

L’affaire du site ‘’loueunepetiteamie.com’’ ne révélera que deux choses au final.

Qu’il suffit de 15 euros à une société pour créer un buzz.

Que les journalistes ne font plus leur travail, à force d’être goinfrés par des flux d’informations, qu’ils ne vérifient vraisemblablement plus rien.

C’est à la fois maladivement excitant de constater qu’on peut piéger presque n’importe qui en disant n’importe quoi, c’est hélas surtout terriblement navrant.

29/01/2011

L'handicap ''bouche-trou''

fauteuil_handicap.jpgPolaroïd 01 : 12

Il n’est pas très beau, mais à l’avantage de faire croire aux masses décérébrées qu’il est amoureux. L’est-il ? Je l’espère. Là, n’est pas l’intérêt.

Il s’appelle Chris Medina, il est candidat d’American Idol, l’équivalent de la Nouvelle Star française.

Le jury ? Jennifer Lopez, Steven Tyler leader d’Aerosmith, Randy Jackson, et Jimmy Lovine. Un casting à l’américaine : on représentera tous les ‘’genres’’. Une latino (une minorité), une vieille star blanche du rock ridée (une minorité), un black ‘’bassiste-producteur-chanteur-people’’ (une minorité), et un directeur de label (Interscope-Geffen) botoxé (moins mais toujours minoritaire).

C’est le jour de gloire de Chris. Le jury lui demandera, au détriment de la volonté de la production bien sûr, s’il est marié. Il répondra : fiancé. Bien sûr. Sa fiancée ? Victime d’une blessure cérébrale. Son nom : Juliana Ramos. Diagnostic : paralysée, toujours à l’insu de la production. Lui chante bien, enfin, comme n’importe qui, qui ne chante pas faux. Elle ne chante plus. Mais on s’en fout. Il fera exploser l’audimat. Vérification faite de la part de la production, il ne chante pas faux, le jury, bien évidemment non-averti, devrait réagir.

La minorité hispanique, demandera innocemment, bien sûr, après l’audition de la pauvre marionnette, Chris, si le jury peut rencontrer sa fiancée. Une source d’autant d’inspiration ne peut pas passer inaperçu. Bien sûr, la dite fiancée est toujours invalide et paralysée. Les voix n’auront pas réussi à lever les invalides.

Dommage. Dommage pour lui, qui ne remportera pas le trophée. Dommage pour elle qui ne retrouvera pas, ni ses jambes, ni sa langue. Quant au téléspectateur, il pourra se dire qu’il a assisté à ‘’un moment de grâce’’, qu’il a versé une larme, ou ‘’qu’il y a pire ailleurs’’. L’un deux versera 10$ à une association d’handicapés, l’autre fera l’amour. L’un verra sa soirée télévisuelle ‘’bien remplie’’, l’autre se dira que Chris est un chic type.

Mais dans le fond. On s’en fout. De lui, de ça, de ‘’eux’’, des bons sentiments, de l’espoir, des gens, des douleurs et même de la télé qui ment.

Dans le fond. On s’en fout. Tout court. Tant que la palpitation de la pompe aortique remplisse son mandat : gaver.

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27/01/2011

Faut-il enseigner Céline? Et autres rengaines.

5171.jpgEditorial Radio Cité Genève, 27 janvier 2011

Faut-il enseigner Céline ?

Louis-Ferdinand Céline, illustre écrivain français le jour, pamphlétaire antisémite et collaborationniste la nuit. Jusqu’au bout.

La question était posée par mon confrère du Temps, Yelmarc Roulet dans l’édition du 26 janvier. Faut-il encore enseigner Céline à nos étudiants?

La réponse? Je vous la donne, et elle n’engage que moi: évidemment qu’il faut encore enseigner Céline !

Et c’est peut-être justement parce que son auteur a tenu des propos antisémites qu’il faut l’enseigner. Parce qu’il pose la question essentielle du rapport de l’œuvre à l’artiste, du roman à la vie. Parce que supprimer toutes les voix, aussi putrides ou pas, qu’elles soient ne réglera jamais rien, parce que trancher des langues pestilentielles n’empêche pas les esprits de penser, ni les actes d’être commis.

En Suisse, et toute proportion gardée, la question de savoir où il fallait placer le curseur du politiquement correct, de l’acceptable ou de ce qui était admissible, ce qui tombait sous le coup, de la loi ou d’un majestueux alinéa d’une convention européenne, n’a jamais autant suscité de réactions, ni délié autant de langues, ni couler autant d'encre dans les médias.

Peut-on évoquer dans la même phrase ‘’étranger’’ et ‘’criminel’’ sans passer pour un raciste ?

Peut-on souhaiter interdire la construction des minarets sans passer pour un islamophobe ?

Peut-on accuser les frontaliers d’être responsables du chômage à Genève sans être xénophobe ?

J’ai mes réponses, vous avez les vôtres. Là n’est pas le propos.

Le propos? C’est qu’il est usant d’entendre les mêmes rengaines. Céline est un sale antisémite, l’UDC n’est qu’une bande de sales racistes paysans ou d’intellos conservateurs dangereux. Le MCG se limite à la somme accumulée du QI de poulpes morts populistes, soit zéro. La gauche veut régler l’insécurité dans les rues à coup de ‘’grands frères’’, les verts-libéraux sont nés dans l’eau-tiède, les verts sont dogmatiques, les libéraux ne traversent jamais le pont du Mont-Blanc direction rive droite, et les communistes sont morts. Je parle politique, j’aurai pu parlé religion, couleur de peau, âge, orientation sexuelle, et classe sociale. Mais c'est vrai, la réalité s'appréhende mieux lorsqu'elle simple, lorsqu'elle se résume.

Le propos ? C’est qu’enfin on arrête de bannir de la place publique tout ce qui ne nous plaît pas, de mettre à l’index sous prétexte que ‘’cela ne peut être toléré’’, de pointer du doigt le raciste, le méchant, le populiste, la gauche caviar et la droite libertine.

Le propos ? C’est de confronter les arguments et pas les étiquettes ni les à-priori et la ‘’bonne morale’’. Au grand jour, en pleine lumière. C’est dire : ‘’Tu es antisémite ? Viens te battre ! Ma couleur de peau ? Parlons-en ! Tu manies l’équerre ? Moi, les mots !’’

Le propos, c’est que supprimer toutes les voix, aussi putrides ou pas qu’elles soient, ne réglera jamais rien. C’est que trancher des langues pestilentielles n’empêche pas les esprits de penser, ni les actes d’être commis.

C’est qu’à force de les renvoyer dans l’ombre, ils ne seront jamais brûlés à la lumière.

26/01/2011

Figaro: une comédie d'intrigue en cinq actes

figaro_StQuentin1785_representation_page_cache.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 26 janvier 2010

Vous n’êtes pas sans savoir que notre Police genevoise s’est lancée l’année dernière dans une grande et visible manœuvre de terrain. Nom de code: l’opération Figaro. Du nom d’un célèbre concierge d’un opéra de Beaumarchais, un peu sympathique, qui veut épouser une Suzanne, tandis que Marceline, une vieille gouvernante exige d’épouser Figaro, tenu par les parties génitales, faute d’avoir signé une reconnaissance de dette. Bref, une vraie comédie d’intrigue.

Et bien, l’opération Figaro de la police genevoise, c’est un peu la même chose : de l’intrigue, de l’amour, des cachotteries et un époux volage, dont on taira bien évidemment le patronyme ici bas.

Résumé de cette comédie en cinq actes.

Premier acte. Dans le quartier chaud de Séville, les filles de mœurs douteuses lèvent leurs jupes à qui fait sonner et tinter le maravédis, ancêtre de la pesetas espagnole. D’horribles sarrasins, dira Eric Zemmour, écument les rues de la capitale pour vendre leurs substances, nul doute, aphrodisiaques. Dans le même temps, les forces du ‘’brave’’ roi Philippe V d’Espagne sont si peu nombreuses, qu’elles ne peuvent, à la fois courtiser les belles et chasser l’intrus.

Deuxième acte. Marcelline, alors fraîchement débarquée à son insu de son ‘’Pueblo’’, son village jouxtant la frontière, épouse Philippe V, et décide par la même occasion de s’offusquer de la présence massive de rivales en déclenchant l’opération Figaro.

Troisième acte. Suzanne, elle aussi nouvellement débauchée, au sens figuré, par El Moutino, grand voyageur, empoigne d’une main d’homme, le commandement des gardes, et s’empresse de les déployer dans les quartiers chauds de Séville. 19 avril de la même année, entre 15 et 30 hommes de main, occupent le terrain, débusquent le criminel, tout en promettant, de manière quasi incantatoire, que cette opération n’est pas une opération coup de poing !

Quatrième acte. 10 juin. Marcelline déclare tirer un premier bilan positif. Suzanne, elle, s’est brouillée avec Marcelline. Heureusement, ‘’nous n’avons aucuns problèmes relationnels’’ déclarons-t-elles en chœur et avec un sourire figé.

Cinquième acte. 25 janvier de l’année suivante. Marcelline déclare tirer un bilan globalement positif.

‘’Positif, positif, positif’’, aurait pu dire le ‘’commodore’’ d’origine argentine El Chevrolette.

La ‘’guarda’’ arrête mieux, la criminalité ne s’est pas déplacée. Sauf quelques poches de résistance qui subsistent dans une plaine réputée pour accueillir des clowns. Sauf dans des zones suburbaines où le cambriolage a augmenté.

L’opéra est terminé. Le rideau se referme. Les lumières se sont éteintes. Le grime a enfin coulé. On ne retiendra que la chanson d’adieu: positif, positif, positif! Et ce refrain, il n'y a pas eu de déplacement de criminalité, il n'y a pas eu de déplacement de criminalité, il n'y a pas eu de déplacement de criminalité.

25/01/2011

Comment la Police communique-t-elle?

D41F5EEC8182A4F6CF88A1C5B2624A.jpgPolaroïd 14 : 57

Question: comment Figaro communique-t-il?

Quelle merveilleux communiqué de presse. Oui, l'opération Figaro est un succès ''globalement positif'' et oui, il n'y a pas de déplacement de la criminalité.

Bien. Deux remarques néanmoins.

Première constatation. En matière de cambriolages, on nous annonce que le nombre de cas a diminué de 5,3% à l'intérieur de la zone Figaro, pour faire court, le centre-ville de Genève. Or, on constate également que l'augmentation est de 12,1% dans les communes suburbaines.

La proposition suivante, à savoir: ''il n'y donc pas de déplacement de la criminalité dans la zone couverte par Figaro'' est donc vrai.

Or, s'il y a effectivement corrélation entre la baisse du nombre de cambriolages dans la zone couverte par Figaro, et l'augmentation hors-zone, alors la proposition suivante: ''il y a eu déplacement des cambriolages suite à l'opération Figaro'' est donc vrai, elle aussi.

 

Deuxième constatation et si j'ai bien compris: si le nombre de vols diminue de 7.7%, et si le nombre d'arrestations est resté stable (-0.3%), devrait-on conclure que la Police genevoise arrête ''mieux''?

Si tel est le cas, pourquoi ne pas l'avoir mis en évidence?

Comme un sévillan: prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort!

Armes: restriction de liberté et responsabilité

armes-article.jpgArmes: restriction de liberté et responsabilité, 25 janvier 2011.

C'est avec plaisir et trois cafés que j'ai pu apprécié ce matin l'éditorial de Pierre Veya dans le Temps de ce jour.

L'éditorialiste rappelle les nobles raisons qui motiveraient d'être favorable à l'initiative ''pour la protection face à la violence des armes'' en votation le 13 février prochain. Notre confrère, rappelle, dans la plus pure tradition libérale, que la rejeter, est une piste à suivre, en la considérant du point de vue de la liberté et de la responsabilité individuelle.

Alors qu'une grande partie des médias ne semblent pas enthousiastes à s'opposer à l'initiative, Pierre Veya apparaît rafraîchissant, et c'est tant mieux.

Oui, la tendance est sans conteste à la ''déresponsabilisation'' du citoyen, funeste conséquence d'une restriction des libertés. ''Pour votre bien'', affirment-ils.

Et si j'abonde dans le sens de mon confrère, celui de viser la sacro-sainte liberté, ce ne sera pas sans oublier de peser la notion de responsabilité collective vis-à-vis de la responsabilité individuelle. Et j'ai bien peur, que dans ce débat là, la première ne l'emporte sur la deuxième.

 

Du pouvoir (en politique).

335296.jpgEditorial Radio Cité Genève, le 25 janvier

Du pouvoir (en politique).

Je me demande parfois pour quelle(s) raison(s) complètement masochiste(s) devrait-on se lancer dans la politique ?

Subir le venin des journalistes, le quasi mécontentement permanent des citoyens, les messes basses, les coups bas de ses amis politiques. Si avec un peu de chance, vous manquez de charisme ou si votre visage n’affiche que, comme seule image, de la disgrâce, vous pouvez être sûrs d’être cloué au pilori.

Pourquoi tout ça ?

D’avouer que c’est par utopie d’un monde meilleur me semble de loin, être la raison la plus improbable. Sauf peut-être au niveau communal où vous avez encore le pouvoir de changer le sens du trafic d’une rue. De construire une crèche ou une bibliothèque. Et je le dis avec la plus grande affection. C’est important.

Pourquoi n’entend-on jamais : parce que j’aime le pouvoir. Pourquoi ? Le pouvoir décisionnel, le pouvoir d’influence, le pouvoir d’exister et d’être reconnu. C’est agréable, avouez-le ?

Le pouvoir est un magnifique objet, un noble moyen. Un moyen de réalisation, de progrès, d’idéalisme parfois, d’accoutumance toujours. Le pouvoir n’est beau que lorsqu’il est associé à une vision, un sens, une perfection. Le pouvoir isole, rend sourd souvent. Fou ? Parfois.

C’est cette forme de pouvoir qu’il faut abhorrer. Celui qui n’écoute plus, celui qui change de cap ou se réfugie dans les cales lorsqu’il faut affronter la tempête. Celui qui délègue les basses besognes à son homme de main, qui jure de la main gauche tout en tenant le compas de sa main droite.

Tout en lui transpire la certitude, l’obsession et la concupiscence. Autant d’excrétions que même sa propre bouche n’arrive plus à déglutir. Autant de salive qui tapit le cœur des mots qu’on en distingue plus le sens.

On aurait aimé qu’il intimide par sa magnificence, il ne le fera que par les menaces. On aurait aimé être abasourdi par une vérité, on ne récoltera que des armes.

Nul doute qu’il marquera nos esprits, mais pas l’Histoire. Surtout pas celle de la République.

Accointances? Vous avez dit accointances?

images.jpegPolaroïd 06 : 35

Je remercie, avec la plus grande admiration, un élu au Conseil administratif de la ville de Genève, nous rappeler qu'il faut ''absolument'' lire les prochains portraits de ses concurrents dans un grand quotidien genevois.

''Ils ne seront pas flatteurs non plus'' nous avoue-t-il.

Ce qui est flatteur par contre, c'est d'être à ce point voyant ou médium pour deviner le contenu rédaction d'un journal à paraître.

Elle est belle, la guerre, lorsqu'elle est de tranchées!

24/01/2011

Plus de transparence, pour Michel Chevrolet

cherubin6.jpgPolaroïd 09 : 55

Le candidat au Conseil Administratif de la ville de Genève apportera les chiffres du financement de sa campagne. ''Ils seront publiés prochainement''.

''Je n'ai aucun problème avec la transparence'' s'est-il exprimé ce matin dans la matinale de Radio Cité. ''J'aimerais également savoir comment le MCG finance sa campagne''.

Le candidat PDC estime à 400'000.- environ le montant total de sa campagne.


 

Séparer le bon grain de l'ivraie

vent-rafale.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 24 janvier 2011

Séparer le bon grain de l'ivraie

Pour écrire un bon article, quelques règles élémentaires suffisent à transformer un torchon en serviette, un sujet banal en une source inépuisable de discussion.

Préférez le fait divers à tout autre sujet : l’émotionnel, mis à part l’argent, est le meilleur moyen de communication.

Ajoutez-y une composante tragique (un enfant de 8 ans victime d’une luge maléfique, un chien démoniaque dévoreur de nouveaux-nés ou un chauffard-taulard aviné), vous pouvez être sûr que certains partis politiques se chargeront de récupérer le dossier. On peut d’ailleurs s’étonner à ce propos, qu’aucune loi concernant la pratique de la luge n’ai surgit du législatif vaudois.

Si votre victime a la chance d’appartenir à une minorité ethnique, n’hésitez pas à mettre l’accent sur ce détail : un Mastiff ou un Rottweiler dévoreur de nouveaux-nés bulgare est à préférer à un berger allemand. Mieux encore, ajoutez-y une composante religieuse, une pratique sexuelle déviante, un âge avancé, ou encore une maladie incurable, vous pouvez être sûr que votre article sera parmi les plus commentés.

A ce propos, vous avez peut-être pu le constater, les médias auront préféré une ancienne déportée expulsée de son appartement à 91 ans aux dizaines d’autres dans la même situation. Et comme on les comprend !

Vous l’aurez saisi également, le nombre de morts n’est pas déterminant. Des centaines de brésiliens enfouis sous des tonnes de boue, n’intéressent pas plus, pas moins qu’un tunisien immolé par le feu.

Soyez donc vigilants à tout crash d’avion : 167 passagers tués sur un vol d’une compagnie kazakh valent autant qu’un pied dans le plâtre d’un passager suisse à la descente d’un vol Easyjet. A noter que si le dit passager est infirme, vous choisirez l’handicap le plus lourd au plus léger. Sauf si, bien évidemment ce dernier est également copte, musulman ou catholique pratiquant.

Evitez, par ailleurs, les sujets les plus complexes. Remplacez la péréquation intercantonale par ‘’Berne s’attaque à notre porte-monnaie’’. N’hésitez pas, non plus, à substituer ‘’Genève manque de médecins’’ par ‘’les Hôpitaux genevois recrutent en Pologne’’. Enfin préférez le candidat politique qui s’exprime sur tout et n’importe quoi, à celui qui aurait machiavéliquement bûché sur un véritable programme.

Voilà, vous êtes presque prêt, vous aussi, à devenir journaliste. Dernier conseil : n’hésitez pas à faire intervenir des animaux dans votre sujet. Un suicide qui laissera derrière lui un animal de compagnie orphelin est à préférer à un autre qui ne laissera qu’une veuve. Là encore, soyez vigilants, il se peut bien que cette dame soit atteinte d’Amyotrophie spinale proximale de type 1, auquel cas, il vous faudra changer votre fusil d’épaule.

Sauf si l’acte a été commis par une arme militaire, bien évidemment.

22/01/2011

Le phacochère

Phacochere.jpgLe phacochère.

Un miroir poudré comme seul reflet de leur propre vanité. Les phacochères humides.

Le crépitement des flashs, le tintement des coupes, l’existence dans l’instant. Ephémères créatures des projecteurs, noyées dans la lumière blafarde d’un faisceau. Elle est à droite ? J’accours. A gauche, m’y voici !

Les mâchoires se tendent et ne se relâcheront pas. Fragiles muscles contractés, l’animal ne s’élancera pas. Il saute les sujets, pas les obstacles. Qu’importe la cible tant que le gibier se noie dans son sang. Pas le sien, même s’il s’adonne parfois à laper la lame.

On le suspectera de mourir de ses propres défenses, perforant la chair. Il ne la donnera pas à une prostituée, il en est déjà une.

On ne lui en veut pas. On le plaint.

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21/01/2011

Christian G.

slow-motion-bullets-1.jpgPolaroïd 11 : 10

Christian G.

C’est un vieux renard. Un technicien du législatif. Un fou de la LDTR. Les yeux ulcérés, l’écume aux lèvres. Il ne nous regarde jamais, une absence révélatrice.

Qu’importe la bannière, qu’importe le socialisme, qu’importent le Conseil d’Etat, le Conseil national ou le Conseil Fédéral.

Qu’importent les critiques, qu’importent les erreurs, qu’importent les louanges.

Qu’importe l’âge.

Il ne gagne pas à tous les coups, suscitant admiration et haine. Il se bat comme un chien de combat, alimenté aux amphétamines idéologiques. Il ne desserrera pas la mâchoire.

Comme une balle dans un champ de guerre, déchiquetant au passage, muscles, tendons et viscères.

Comme Christian G.

20/01/2011

La conquête

images.jpegBillet d'humeur Radio Cité Genève, 20 janvier 2011

Le Mouvement Citoyens Genevois, citoyens au pluriel, est un parti politique magnanime.

Après s’être occupé des dealers, des mendiants, des frontaliers, des impôts, des SIG, de l’avenir du château de Penthes, d’un Conseiller National fraudeur de bulletins, du temps de parole dans un parlement, des députés qui fument des clopes dans l’enceinte du Grand Conseil (oui, oui) comme de vilains garnements, le MCG, dont l’appétit était encore tenace, a décidé de créer le Mouvement Citoyens Romand. L’animal politique, n’étant pas repu, ne décidera pas, à ma plus grande stupeur, de fonder le Mouvement Citoyens Helvétique.

‘’Tu vois, Olivier ? (oui, Eric Stauffer aime bien tutoyer le journaliste), tu vois Olivier : la Suisse est bien trop petite pour mes ambitions’’. Et contre toute attente, le leader du parti ‘’ni gauche, ni droite’’ ne me mentait pas ! J’aurais dû le pressentir, c’est vrai. Eric Stauffer, dont l'existence d'un réel flair politique n’est plus une rumeur, savait qu’un jour (le territoire genevois étant bien trop exigu) qu’il aurait à exporter ses idées ailleurs.

Et voilà comment son plan machiavélique fut développé. Pour les besoins de la présente démonstration, nous prénommerons le leader du Mouvement Citoyen désormais Mondial : Starsky.

1. S’entourer de collaborateurs compétents. Starsky fit appel à un vénérable notable genevois. Jamais condamné, sauf peut-être pour avoir récité des poèmes un peu coquins à une dulcinée un peu récalcitrante. Son nom de code : Huggy les bons tuyaux. Profession : tenancier de bar.

2. S’entourer de collaborateurs honnêtes. Starsky fit appel à un justicier, d’origine plutôt bourgeoise, une bonne éducation, on dit de lui qu’il sait jouer de plusieurs instruments de musique. Wikipédia ne nous dit pas si c’est la flûte ou la contrebasse. Nom de code : Richard Hutchinson. Profession : avocat.

Enfin 3ème point : conquérir le MONDE !

Starsky commença par s’échauffer avec un gardien de chèvres, accompagné d’une infirmière blonde au torse bombé. Il exigea purement et simplement que le bédouin mal rasé soit déclaré ‘’persona non grata’’. Il déposera à cet effet une interpellation urgente pour interdire toute plantation de tentes sur le territoire helvétique. Les glandes salivaires continuant à expulser leur précieux fluide, Starsky, accompagné de Hutch cette fois-ci, décida de s’attaquer à beaucoup plus fort : le président tunisien Ben Ali.

On l'apprenait lundi dernier, Starsky et Hutch déposent une demande de «mesures urgentes» afin que les fonds de l'ex-président tunisien soient bloqués. Jusque là, merveilleuse initiative de compassion envers le peuple tunisien. ‘’Bravo les gars ! ‘’ hurlera Huggy les bons tuyaux, tout en poursuivant l’essuyage à la main, d’un verre sorti tout droit de l’évier. Ah non. Erreur! Starsky et Hutch motivent cette démarche, je cite, car «il ont cœur de sauvegarder l'image de la Suisse, qui a beaucoup souffert suite à l'affaire Kadhafi». Quel ne fût pas mon étonnement, à voir autant de patriotisme, de bravoure à vouloir nettoyer cette vilaine poussière qui tâche quotidiennement notre drapeau rouge à croix blanche.

Dès lors, je pris ma plume pour leur faire parvenir cette petite requête :

Très Chers Messieurs les justiciers. Je vous implore aujourd’hui au nom de tous les genevois.

Au nombre de dictatures existantes, de fraudeurs fiscaux et autres bandits qui salissent notre pays, comptez-vous également déposer toute une série de mesures urgentes? Parce que, pour le coup, la Suisse doit être très, très sale. Et le Mouvement Citoyens Mondial? Très, très opportuniste.

19/01/2011

Le MCG soigne l'image de la Suisse. Et surtout la sienne.

menage.jpgPolaroïd 13 : 25

On l'apprenait déjà avant-hier, le Mouvement Citoyens Genevois a déposé une demande de «mesures urgentes» afin que les fonds de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali soient bloqués.

Jusque là, merveilleuse initiative de compassion envers le peuple tunisien.

Ah non. Erreur!

La rectification suivra quelques lignes plus bas: le parti ''ni gauche ni droite'' motive cette démarche car «il a cœur de sauvegarder l'image de la Suisse, qui a beaucoup souffert suite à l'affaire Kadhafi».

Me Mauro Poggia nous apprend que ''durant leurs 23 années au pouvoir, le président Ben Ali et ses proches ont détourné des sommes à leur profit. Il en va de la crédibilité de la Suisse d'agir afin que les droits de l'État tunisien soient préservés''.

23 ans? Merci au député et avocat qui nous rappelle que la Suisse aurait attendu la naissance du MCG pour se rendre compte de cette abomination.

Merci de nous rappeler, que le Conseil Fédéral donne suite de toute évidence ''à une demande du MCG''.

Très Cher Monsieur Poggia. Au nombre de dictatures existantes, comptez-vous également déposer toute une série de mesures urgentes? Parce que, pour le coup, la Suisse doit être très, très sale. Et le MCG, très, très opportuniste?

Eux. Lui.

Smal.jpgA ceux qui n’ont jamais brillé.

Ils sont pourtant là, visages anonymes porteurs d’histoire, d’Histoire avec un grand ‘’H’’ ou d’histoires au pluriel. Ils n’auront jamais cherché la gloire, parce que la Nature les aura oubliés, recalés au premier examen, taille réelle, qu’est l’expulsion. Même le premier cri aura été répugnant.

Alors que d’autres s’incendient sur une ampoule un peu trop incandescente, d’autres se réfugient dans l’obscurité. La lumière aurait, de toute façon, fini par inéluctablement les brûler.

Au vol, ils s’efforcent de ramper. Aux rires, ils répondent par un baissement de tête. Jamais leurs yeux n’auront autant fixé le sol, des chaussures et des lacets mal attachés. Même la tâche qui consiste à nouer des fils, se conclura par un râté.

Parmi eux. Lui. Une petite vie anonyme. Un visage sans figure, ou l’inverse, mais cela n’a plus aucune importance. ‘’Sois déjà content d’avoir un travail’’ se dit-il parfois, le matin au réveil devant son bol de café instantané. Comme sa vie. Instantanée. Il aimerait que toute aille plus vite, tout en étant bien incapable de se projeter un peu plus loin. Il se dit parfois qu’il aurait préféré ne jamais être, l’idée ne subsiste jamais bien longtemps.On lui dit qu’il est une erreur. Il ne le prend pas mal, il partage même leurs ricanements, ce n’est que le seul rire qu’il peut partager, même si c’est à son insu.

Sa passion, c’est les vieilles comédies musicales. Il chante comme un pied, mais cela, il s’en fout. On ne lui volera jamais ça. Il hésite entre Gene Kelly et Fred Astaire. Il s’essaie à la danse, mais ses propres pieds ne suivent pas toujours. ‘’Pas grave’’ se dit-il, tournoyer lui suffit à atteindre le vertige. Ce ne sera pas celui de l’amour. Il aime les artistes complets, ‘’ceux qui savaient tout faire’’ à ceux qui n’ont rien à vendre, sauf ce qui leur reste, c’est-à-dire presque rien. Etrange réflexion de celui qui, lui aussi, n’aura reçu au final que des miettes. Parfois, il s’amuse à répondre à Pasty Barton, donner la réplique à Lorelei Lee, et à échanger des baisers à Honey Hale. Sa vie est là : ailleurs.

On dit de lui que sa santé est fragile. Aux regards compassionnels, il préfère l’analyse méthodique des glaciaux globes oculaires médicaux. C’est peut-être pour cette raison qu’il adore autant se rendre chez le médecin. Il finira sûrement par réussir un jour, ce à quoi il a toujours aspiré. Il aurait souhaité avaler tout plus vite, ses poumons finiront par le lâcher, eux aussi.

On économisera sur l’épitaphe, remplacera l’orme par du pin massif, ‘’premier choix’’ diront les pompes funèbres. Ouf de soulagement, il aura échappé à l’aggloméré 18 millimètres.

Une vieille dame continuera d’entretenir la sépulture, un chat sauvage et des jeunes fumeurs de joint en guise de derniers amis. L’entretien ne durera pas longtemps, elle aussi, finira par avoir mal au dos.

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