25/01/2011

Du pouvoir (en politique).

335296.jpgEditorial Radio Cité Genève, le 25 janvier

Du pouvoir (en politique).

Je me demande parfois pour quelle(s) raison(s) complètement masochiste(s) devrait-on se lancer dans la politique ?

Subir le venin des journalistes, le quasi mécontentement permanent des citoyens, les messes basses, les coups bas de ses amis politiques. Si avec un peu de chance, vous manquez de charisme ou si votre visage n’affiche que, comme seule image, de la disgrâce, vous pouvez être sûrs d’être cloué au pilori.

Pourquoi tout ça ?

D’avouer que c’est par utopie d’un monde meilleur me semble de loin, être la raison la plus improbable. Sauf peut-être au niveau communal où vous avez encore le pouvoir de changer le sens du trafic d’une rue. De construire une crèche ou une bibliothèque. Et je le dis avec la plus grande affection. C’est important.

Pourquoi n’entend-on jamais : parce que j’aime le pouvoir. Pourquoi ? Le pouvoir décisionnel, le pouvoir d’influence, le pouvoir d’exister et d’être reconnu. C’est agréable, avouez-le ?

Le pouvoir est un magnifique objet, un noble moyen. Un moyen de réalisation, de progrès, d’idéalisme parfois, d’accoutumance toujours. Le pouvoir n’est beau que lorsqu’il est associé à une vision, un sens, une perfection. Le pouvoir isole, rend sourd souvent. Fou ? Parfois.

C’est cette forme de pouvoir qu’il faut abhorrer. Celui qui n’écoute plus, celui qui change de cap ou se réfugie dans les cales lorsqu’il faut affronter la tempête. Celui qui délègue les basses besognes à son homme de main, qui jure de la main gauche tout en tenant le compas de sa main droite.

Tout en lui transpire la certitude, l’obsession et la concupiscence. Autant d’excrétions que même sa propre bouche n’arrive plus à déglutir. Autant de salive qui tapit le cœur des mots qu’on en distingue plus le sens.

On aurait aimé qu’il intimide par sa magnificence, il ne le fera que par les menaces. On aurait aimé être abasourdi par une vérité, on ne récoltera que des armes.

Nul doute qu’il marquera nos esprits, mais pas l’Histoire. Surtout pas celle de la République.

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