10/01/2011

Pas facile de nos jours de mettre fin à sa vie.

ours.jpgÉditorial Radio Cité, 10 janvier 2011

Tâche ô combien épineuse de nos jours que de mettre fin à sa vie. Selon un dernier sondage, 45% des suisses seraient favorables à l’initiative ‘’pour la protection face à la violence des armes’’. La mission qui consiste donc à disparaître risque de devenir encore plus ardue, tant bien même que le Conseil Fédéral et le Parlement nous invite à rejeter ce texte.

Attention, éloignez de votre poste de radio, les épicuriens, les amateurs de bon vin, les éternels amoureux de ces instants magiques qui rendent la vie précieuse, détournez également les enfants, qui n’ayant pas encore découvert l’infâme parcours qui les attendent, ne peuvent pas comprendre ce message, enfin dernière recommandation : écartez tout membre du PDC genevois, puisque les propos qui vont suivre n’arriveront pas, on le sait, à gâcher autant d’optimisme, de joie et de suintante mièvrerie des membres qui le composent.

En tant que vice-chancelier de l’ordre des suicidophiles, je me dois de prendre la parole aujourd’hui pour défendre notre cause : le droit à mourir à l’aide d’une arme à feu.

Vous allez me dire et vous aurez raison : il y a des millions d’autres façons de passer dans l’autre monde : pratiquer l’art de luge, attention la présence à proximité d’un fenil ou d’une grange est requise, vous pouvez vous travestir en copte et fêter la Saint-Sylvestre, vous pouvez aussi vous lancer dans la corrida, seul problème, votre empalement ne sera plus retransmis à la télévision espagnole, enfin vous pouvez également partir à la chasse, deux ou trois litres de goron s’occuperont du reste.

Et puis c’est vrai, cette initiative est des plus décourageantes. Il faudra désormais déposer son arme à l’arsenal. Au vu des problèmes de mobilité que connaît Genève, le prix du billet qui augmente, les zones à 30 km/h qui fleurissent un peu partout, pas facile, du tout, d’atteindre le dépôt d’armes dans les temps pour appuyer sur la gâchette. Imaginez tous ces suicidaires, bloqués dans les embouteillages, retenus dans un bus TPG empli d’odeurs corporels. Tout cela de quoi décourager et faire baisser, de la façon la plus éhontée, le taux de suicide dans notre pays.

Enfin le coût de cette initiative. Il faudra construire des bâtiments pour recueillir nos fass-90, nos Sig-Sauer et autres Remington. Il faudra également créer une base de données fédérale pour recenser nos précieux outils de travail. De l’argent qu’il va bien falloir trouver. Des millions de francs contre un enterrement à 12'000.-, ou des boîtes de Xanax à 169.-, vous avouerez que c’est donc rendre service à la société que de rejeter ce projet.

On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui, disait un illustre humoriste.

En tous les cas, on peut rire de bon cœur et en chœur avec le Conseil fédéral et le Parlement. Ça, c’est une bonne nouvelle 2011. Même si nous, le rire, ce n’est vraiment pas notre tasse de thé. Empoisonnée, cela va de soit.

Commentaires

Seuls les EMS auront donc bientôt de droit de mettre fin à une vie, l'étape précédente étant souvent l'expulsion de son appartement. A quand l'interdiction du suicide dans la Constitution fédérale?

Écrit par : Mère-Grand | 10/01/2011

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