08/01/2011

Le fait ''divers'' ou d'hiver, c'est selon.

pic.jpgLe fait ''divers''. Expulsée à 91 ans.

Vous m’en voyez désolé. Mais la beauté de ce que l’on appelle le ‘’fait divers’’ réside dans son universalité. Dans l’exemple qui rassemble le ‘’tout’’.

Elle s’appelle Noëlla Rouget. A 91 ans, elle s’est vue expulsée de son logement. L’information nous était alors parvenue du blog de Pascal Décaillet, hébergé par la Tribune de Genève et repris par le même journal deux jours plus tard.

Nous sommes le vendredi 28 décembre 2010, le quotidien publie l’information en page 15.

 

©TdG

Loin de moi l’idée de relativiser le drame qu’aurait pu vivre cette nonagénaire. La douleur ne se chiffre pas. Je m’étonne néanmoins dans le traitement médiatique de cette affaire.

De un, la parole n’a pas été donné au ‘’méchant’’ propriétaire ‘’expulseur de grand-mère’’. Aucune trace, aucune voix, rien. Pourtant, on aurait vivement souhaité l’opinion du vil expropriateur.

De deux, il me semble qu’on attise la sympathie du lecteur par le fait de mentionner que la dit-dame soit une ancienne rescapée du camp de Ravensbrück. Surtout quand cette information n'est jamais développée. En quoi le fait d’être rescapée d’un camp devrait-il interférer dans le cas d’une expulsion ?

N’aurait-il pas été judicieux de mentionner toutes ces personnes, âgées ou pas, héroïnes ou pas, rescapées ou pas, qui se font expulser de leur appartement après y avoir passé de longues années ?

Nul doute qu’une rescapée est plus ‘’vendeuse’’ et insoutenable qu’un anonyme grand-père. Nul doute.

Mais vous avouerez que c’est à la fois, partial, racoleur, et injuste. Pour toutes les autres voix. Celles qui se taisent. Celles qui s’oublient et se noient. Celles qui n’intéressent personne.

 

Le fait divers est précieux. Quand il est universel.

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