07/12/2010

Sandrine S. Maire de Genève

housekeeper.jpgEditorial Radio Cité Genève, 7 décembre 2010

Voilà. Elle est arrivée, la nouvelle campagne d’affichage de la ville de Genève.

Initiatrice du projet, notre bien-aimée Sandrine Salerno, LA Maire de Genève, parce que dire ‘’le Maire’’ peut vous coûter une sale nuit à Champ-Dollon, ou pire encore, peut vous coûter un stage d’immersion chez les NEM, un Noël avec les sans-abris, ou encore une distribution de soupe par une nuit froide et glaciale. Brrrr.

De quoi parle-t-on ? On parle d’étrangers. De ces immigrés qui ont fait Genève. De ces immigrés qui font Genève. Jusque là. Rien à dire.

Que ou qui trouve-t-on sur ces affiches ?

On y trouve Palmira, elle est exerce la digne profession de femme de ménage, et habite Genève depuis 26 ans. L’affiche nous questionne, à savoir si Palmira est toujours étrangère. On y trouve aussi Igor, lui, il gagne un peu mieux sa vie, n’a toujours pas de complications lombaires ni de problèmes buccaux, puisqu’il est médecin dentiste. 22 ans, c’est le nombre d’années passées en ville de Genève. L’affiche nous demande, là aussi, si on peut toujours considérer Igor comme un étranger.

But de cette campagne : ‘’faire acte de réassurance auprès de l’étranger’’. En clair, rappelez à celles et ceux qui n’ont pas le passeport suisse, que Genève les aime, que Genève comprend leurs craintes, et enfin que Genève a refusé l’initiative UDC sur le renvoi des étrangers criminels.

Bon d’accord.

Mais là, où je ne suis pas d’accord, Madame LA maire, là où je ne suis pas d’accord Madame Salerno, c’est quand vous accusez, sur votre propre blog, le centre-droit de pratiquer le ‘’suivisme moutonnier’’.

Parce que pour moi, le ‘’suivisme moutonnier’’, c’est exactement ce que vous faites en détournant la même affiche du parti politique, pourtant que vous conspuez. En dénonçant, vous ne leur faites que de la publicité, si tel était le but, alors vous avez réussi, dans le cas contraire, ça s’appelle un raté !

Vous avez le droit de rappeler que Genève vote autrement, c’est votre droit. Vous pourriez aussi lancer des campagnes d’affichage à chaque fois que Genève vote différemment. Vous pourriez aussi faire imprimer des tee-shirts, des autocollants et des parapluies à chaque fois que les résultats des votations ne vous plaisent pas, Madame Salerno.

Dernier point. Là où je ne suis pas d’accord, c’est qu’en prénommant votre femme de ménage, Palmira et votre dentiste, Igor, vous jouez exactement le même jeu que le parti que vous prétendez abhorrer.

On aurait préféré, Isabelle, médecin dentiste femelle, ou encore Georges-André, homme de ménage. Mais c’est vrai, vous avez raison. Palmira et Igor, ça fait quand même plus exotique.

 

Commentaires

Bonjour,

J'ai lu votre différents papiers sur la votation, ils sont décevants. Vous privilégiez l'écume, le style, la position de retrait. Très bien. Mais on peine à lire le début d'un commencement d'une analyse sur cette fameuse votation.

Vous écrivez pour écrire. En tant que lecteur de blogs, je vous assure que vos billets n'ont aucun intérêt, le faible volume de commentaires en atteste. Vous faites du sous-Décaillet. A preuve la fixation sur Madame LA Maire, que vous vous permettez à l'abris de votre blog, mais pas en interview.

J'attendais de vous que vous rendiez à la compréhension les résultats surprenants de cette votation. Je suis déçu et m'en vais voir ailleurs, mais où?

Cordialement

DF

Écrit par : fasel | 07/12/2010

Très Cher Monsieur Fasel,

Je vais tenter de répondre à vos arguments.

Sachez que je ne suis pas analyste politique, mais bien éditorialiste. La pratique est différente. C'est ce qui différencie le cerveau de l'épiderme. Dommage que vous n'ayez pas saisi la nuance.
D'autre part, là où vous n'y voyez malheureusement aucune analyse, j'en vois une, voire plusieurs. La position de suivisme du centre-droit, le cafouillage de début de campagne du PS, et enfin, la possible méconnaissance de l'Etranger, ce qui expliquerait en partie les résultats de Bâle, Zürich par rapport à Appenzell.

J'écris pour écrire? C'est votre opinion. Quant à la prétendue fixation sur Sandrine Salerno, je vous rassure, mes rapports avec elle sont des plus cordiaux, ce n'est pas parce que je ne suis pas d'accord sur un point, qu'on peut m'accuser d'acharnement, loin de là. J'ai beaucoup d'affection pour sa cuisine, italienne.

D'autre part, je tiens à vous signaler que si vous aviez daigné écouté notre matinale du lundi 6 décembre, vous auriez pu constaté que mes questions furent exactement les mêmes, que soulevées dans cet éditorial que vous trouvez insipide. Je vous encourage vivement à écouter les podcasts. Votre argument de l'abri, me semble dès lors, tomber à l'eau.

Enfin, je ne peux que corroborer votre propos. Il n'y a que très peu de commentaires. A savoir, si le nombre de commentaires équivaut à l'intérêt des propos, je vous laisse seul juge.
Mais à en croire le nombre de commentaires sur le blog de Morandini, de Marine Le Pen ou encore de Dilemme, je ne peux que constater que le nombre de commentaires et la valeur du contenu ne sont malheureusement pas toujours corrélés.

Un grand merci d'oser me comparer à Pascal Décaillet! (Même en sous-Décaillet).

Je lui ferai part de votre admiration.

Très Amicalement, Olivier Francey.

Écrit par : Olivier Francey | 07/12/2010

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