30/11/2010

La rengaine

Petula.jpeg‘’Une vie c'est un peu comme les pages d'un roman: à chacun son destin et sa part de tourments’’. C’est ce que chantait déjà avec un mielleux phrasé Petula Clark. Seulement la ciguë a remplacé le miel, le refrain s’est mué en rengaine. Nous ne sommes plus en 1970, bienvenue en 2010. La rengaine a du succès depuis quelques années : ‘’l’UDC est un parti populiste, xénophobe et raciste’’.

Loin de moi l’idée de juger le parti démocrate du centre, je constate juste que 1'398'360 helvètes ont répondu favorablement à leur initiative. Je constate également avec quelle véhémence, une partie de la presse a condamné le vote du 28 novembre. Et je constate enfin que certains habitants de notre pays, ont eu honte d’être suisse en ce dimanche d’automne, en tous les cas, c'est ce qu'ils déclarent.

Je le disais déjà hier, les présidents de tous les autres partis se sont accusés mutuellement, rejetant sur l’un ou sur l’autre, l’issu du scrutin. Pas un, n’aura au final avoué sa contribution à l’échec devant l’UDC. Parce que visiblement, le parti agrarien est pour tous, le parti à abattre. Parce que visiblement, aucun de ces partis ne sait quoi faire. A part prier, espérer, persifler ou encore siffloter, la même rengaine.

A part constater, rassurez-vous, j’arrive aussi à me poser des questions.

Mais qui sont ces 1'398'360 helvètes ? Qui sont ces 1'243'325 autres personnes qui ont refusé de renvoyer le criminel étranger ? Enfin, qui est ‘’ce suisse sur deux’’ qui n’en strictement rien à faire des étrangers et des barèmes fiscaux ?

J’aimerais aussi savoir qui parmi, ces suisses qui ont honte d’être suisses, s’engagent autrement que par la parole, dans un statut facebook ou une discussion de coin de bar ? Je ne sais pas: dans le milieu associatif, en politique, ou simplement dans un sourire à un mendiant crasseux ? Le problème, souvent c’est que la crasse, comme un sourire, a de bon qu’elle ne coûte pas cher.

Nos autres présidents de parti devraient peut-être s’intéresser d’avantage à comprendre la motivation des électeurs, de leurs craintes, de leurs attentes, et surtout en quoi ils ont failli. Changer d’arme pourrait les aider, de discours, sûrement.

Reste qu’au final, l’électeur a la mémoire courte. Il a déjà oublié qu’on avait interdit les minarets. Il oubliera sûrement qu’en Suisse, on renvoie les étrangers criminels de manière systématique.

Ne lui restera en tête, que la même rengaine, et une rengaine, c’est comme une chanson de Grégoire ou de Petula Clark, on la déteste mais on la sifflote tout le temps. Une rengaine, c’est facile, mais ça ne sert à rien.

En 2011, à une amère ciguë, ils choisiront le refrain mielleux.

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