17/11/2010

Christophe & Ricardo

LH.jpgChristoph et Ricardo.

Deux prénoms d’emprunt mais bien connus de notre rédaction.

Tous les opposent. La couleur de peau, tout d’abord, l’un a été le premier Conseiller National de couleur à franchir les portes du parlement, l’autre a été le dernier blafard Conseiller Fédéral à en sortir par la fenêtre ou la cave on ne sait pas, à coup de pied au derrière et scalpel dans le dos. Mais ne broyons pas du noir, c’est le jeu de la politique, et la politique est une guerre. Justement, le parti politique ensuite, l’un est UDC, l’autre est socialiste. Enfin, l’un est ultra riche, l’autre ultra pauvre.

Riche à pouvoir s’acheter un grand quotidien bâlois, la Basler Zeitung, l’autre à s’accrocher à son siège, il est vrai que sans les 120'000 francs qu’il gagne chaque année, les cadeaux de Noël se limiteront à un crayon gris Caran d’Ache pour le petit, une poupée Barbie, sans protubérance mammaires, ni cheveux blonds, ni jambes élancées, pour la fille. « C’est le modèle pour les pauvres » répond la vendeuse en ricanant.

Alors que Christoph a toujours été soutenu par sa horde d’agriculteurs, Ricardo, lui, est prié, ô seigneur, de quitter le parti, manu militari. On ne plaisante pas avec la fraude chez nos camarades. Il s’est donc exécuté hier. De quitter le parti, mais pas son siège. Malin le Ricardo.

Bon, il est vrai que le premier avait également été puni pour fraude électorale. En 94, le vil Christoph Blocher avait échappé à la justice pénale, grâce au refus de ses copains de lever son immunité parlementaire. Le petit Christophe n’avait alors reçu qu’un petit blâme.

Il est vrai, encore que, Christophe avait voté à la place de l’un de ses collègues, on est bien loin de 44 bulletins de vote que Ricardo avait signé lors de son élection au Grand Conseil en 2006.

Mais bon, nous dit-on. Notre socialiste « voulait aider les gens à remplir leur bulletins ». L’autre par contre, a agi de manière perfide, la trahison. S’adressant à sa collègue, Lisbeth Fehr, membre de son propre parti, il a dit : « Lisbeth, es gibt ein problem mit deinen Haaren ». S’éclipsant quelques minutes pour refaire son brushing, Christoph avait déjà appuyé sur le bouton, « probablement au cours du débat sur l'égalité entre hommes et femmes », apprend-on de la justice. Traître et misogyne, on est bien loin de notre innocente blanche colombe, qui a pêché par naïveté.

Ce que je propose. C’est qu’on rajoute « la fraude électorale » à la liste des crimes dans l’initiative du renvoi des confédérés-criminels, initiative des jeunesse socialistes.

Du coup, Christoph, au-revoir Bâle, retour Zürich. Ricardo, bye-bye Berne, retour à Berne, puisqu’il est Conseiller National Bernois. Christoph est satisfait, on n’aura jamais renvoyé un criminel pour aussi peu d’argent.

Je vous le dis, tous les opposent. Le pauvre s’accroche au pouvoir, le riche l’a bien évidemment abandonné.

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