03/11/2010

Lettre ouverte à Christian L.

Camarade.jpgLettre ouverte à Christian Levrat, président du parti socialiste suisse.

Très Cher Camarade.

Je me permets de prendre la plume aujourd’hui pour vous écrire ce petit message. J’ai bien léché mon timbre : courrier A, mais plus de 100 grammes donc 1 franc 30; parce que vous le savez bien, j’y ai glissé, non pas un explosif, mais une bombe pour le réveillon: cotillons, masques et sifflets rigolos qui font du bruit! J’espère que vous apprécierez.

Très Cher Camarade, je prie tous les jours que Dieu fait, que vous recevrez cette lettre le plus vite possible dans votre case postale, numéro 7876, Spitalgasse 34, 3001 Berne.

Je suis actuellement à l’école de recrue de Savatan, en Valais. On s’y amuse bien, mes camarades-recrues sont gentils avec moi, même si le Fendant a tendance à me faire mal à la tête. Heureusement, Maman m’envoie toutes les semaines un immense paquet avec mes deux journaux préférés, Spirou Magazine et le Courrier… Elle m’a également fait parvenir quelques aspirines et une boîte de préservatifs aromatisés à la williamine, « les valaisannes ne sont pas farouches » m’a-t-elle prévenu.

J’ai longuement hésité, avant de vous faire parvenir cette lettre. J’ai appris que l’armée allait disparaître !

Très Cher Camarade… allez osons, appelons-nous par nos prénoms. Très Cher Christian, j’ai eu très peur quand votre parti a souhaité la mort de notre « Schweizer Armee ».

Tout d’abord, j’ai cru que vous étiez très fâché contre moi.

Je sais, je vous ai déjà appelé à de nombreuses reprises sur votre portable : le 079 240 75 57. Je vous jure, Christian, ce n’était pas du harcèlement, j’avais juste quelques questions à vous poser… pour moi, ou pour nos auditeurs. (Ah oui, j’oubliais Camarade, je travaille dans une radio).

J’ai cru donc, que vous étiez très fâché contre moi… mais, quel sot je suis, vous ne répondez plus aux radios locales, « trop peu d’auditeurs » m’aviez-vous répondu. Pas grave Christian, je vous rassure, je n’ai pas pris ma carte chez les communistes !

Ensuite, je me suis dit : ça y est, Christian ne veut plus que je lui envoie des lettres par courrier militaire. Ou alors : Christian ne veut plus que Maman m’envoie du saucisson de cerf fumé et du pinot blanc genevois. Et le meilleur moyen d’y parvenir, je vous le donne dans le mille : abolir l’armée !

Je savais que vous étiez un fin stratège, mais à ce point-là, Christian, vous n’êtes plus le roi de la manigance, mais le pape de la fourberie, le seigneur de la machination, le Eric Stauffer d’Onex-sous-Bois.

Et puis, je ne suis pas idiot tout de même, je me suis bien rendu compte que tout le monde autour de moi, pestait contre l’armée. Mes camarades-recrues tout d’abord, qui se plaignent de perdre leurs temps à ne rien faire, sauf les valaisans, qui en profitent pour siroter au goulot une bouteille de petite arvine, mon patron qui peste contre cette longue absence de son plus innocent employé, mes amis qui ne comprennent pas bien comment on allait sauver la Suisse des envahisseurs à coup de blindés et de fantassins, et enfin ma Maman adorée, qui pleure de ne pas revoir son fils chéri.

Si j’ai bien compris, personne n’est satisfait par notre grande armée. J’avais aussi saisi que vous ne m’en vouliez pas personnellement. Ouf !

Bon, je dois vous le confesser Christian, je n’ai pas compris pourquoi de vilains journalistes et de fourbes politiciens vous accuse de trahir votre statut de parti gouvernemental, pourquoi on dit de vous, que vous êtes rentré dans l’opposition.

Moi, du haut de mes 18 ans, je vois en vous un grand homme, un visionnaire, un génie, le Pablo Picasso de la politique, le Che Guevara helvète, le Lennon du parti social-démocrate. Moi, comme vous, j’ai plein d’idées à vous faire partager: augmenter la taille des tubes de Cenovis, rajouter du gaz au Rivella, ou alors construire plein de logements à Genève.

Alors comme vous ne répondez plus à votre téléphone, Christian, je vous donne le mien : c’est le 079 904 71 48. Appelez-moi Camarade !

Commentaires

Bonjour,

Excellent billet... mais juste pour l'anecdote, pas besoin de mettre un timbre quand on écris depuis l'école de recrue.

Bonne journée.

Écrit par : yannick | 03/11/2010

C'est pas le bon numéro! C'est Pierre Weiss qui répond!

Écrit par : jbl | 03/11/2010

C'est pas le bon numéro, c'est votre ami Pierre Weiss qui répond!

Écrit par : Jean-Bernard | 03/11/2010

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