31/10/2010

La politique à la papa-maman

Banania.jpgPolaroïd 13 : 22

 

Beau décryptage que nous offre le Matin Dimanche en page 3 de notre consoeur Sophie Germanier. Eric Stauffer est un menteur, un voleur, et un fin communicateur.  Ah oui, j'oubliais, Eric Stauffer n'est pas maniéré, il "dénigre" les autorités.

Autant à gauche qu'a droite, on gémit, on se lamente, on pleurniche, on méprise aussi. Autant à gauche qu'à droite, on n'a juste pas compris que faire de la politique à la "papa-maman" est résolument devenu obsolète.

Ce qu'on oublie aussi de dire, c'est qu'autant à gauche qu'à droite, on a laissé le terrain vierge. "Insécurité", quelle insécurité?  "Problème avec les frontaliers", quel problème? "Kadhafi un dictateur?", oui mais non, on ne voudrait pas l'offenser.

Ce qu'on oublie de dire, c'est qu'autant à gauche qu'à droite, on a voulu rattraper le train. Celui de l'insécurité, celui des slogans efficaces et non plus sibyllins. Mais c'était trop tard, le train était déjà parti avec 17 députés dans le wagon première classe, fumeur de surcroît!

 

Les journalistes, eux, pestent d'être "utilisés", "manipulés", de ne pas savoir comment en parler. Résultat: ils en parlent tous. Doit-on aussi rappeler que l'actualité fait les médias, et non l'inverse.

Certains pourtant ont cessé de pleurnicher. Un certain Pierre Weiss, a repris les armes et nourrit son blog de faits, de chiffres, de pédagogie.

D'autres, comme les jeunesses socialistes descendent dans la rue, avec eux-aussi, des slogans que même Faruk, Ismar, et Maurice peuvent comprendre.

D'autres continuent à crier au loup, d'autres continuent d'essuyer la morve qui suintent de leur fosse nasale, ou dévalisent les stocks de kleenex. Restent ceux qui parlent d'épiphénomène. Le rendez-vous est pris.

 

 

30/10/2010

L'échappatoire

pic-1.jpgPolaroïd 20 : 34

Ne comprend pas pourquoi l’Usine descend dans la rue. C’est beau, certes. Mais ne fait que rajouter un problème sur une pile. Moyen de pression ? Peut-être, mais pas si sûr que l’on trouve d’autres lieux avant le printemps, au moins. Reste que descendre dans la rue tous les vendredis, n’amène rien. Ou alors, nos autorités sont sourdes, ou mus par d’autres desseins beaucoup plus vils. Le problème est connu. Point.

Est-ce légitime de faire grève alors que l’association reçoit de l’argent public ? Je n’en sais rien. L’aurait-il fait (la grève) s’ils étaient vraiment autogérés comme ils tiennent à le souligner ?

Peut-on s’autogérer et être subventionné ? Il y a des paradoxes qui m’échappent.

(…)

Tout autre sujet. « Doit-on parler du MCG ou pas ? ». « Sommes-nous piégés par le parti ni gauche ni droite ? ». Ce sont là les questions posées dans Brief et Débrief sur Léman Bleu, ce vendredi.

La question est pernicieuse. Ce ne sont pas les médias qui font l’actualité. L’actualité fait les médias. Sauf pose d’un anneau gastrique d’une femme d’un rupestre élu vaudois. Les journalistes ne devraient pas, dans la mesure du possible, d’avoir droit de vie ou de mort sur l’information.

On ne fait plus de la politique à la Papa Maman. L’UDC et le MCG l’ont compris. Est-ce désolant ?

Ce n’est ni au journaliste ni à un exécutif, un conseil d’état ou un gouvernement d’y répondre. C’est au citoyen.

L’un peut se servir d’un éditorial pour en parler, l’autre peut ajouter « à titre personnel » à chaque début de phrase.

Qui sommes-nous pour juger de la qualité sémantique d’une affiche ? Qui êtes-vous pour juger du rapport entre une votation et un guide révolutionnaire ? Il y a quelqu’un pour cela. Ses armes : les lois. Son nom : la justice.

Il y a des paradoxes qui m’échappent. Comme « journaliste de gauche » ou « journaliste de droite », même si un coming-out peut sensiblement faire avaler la pilule.

Bref, on ne fait plus de la politique à la Papa-Maman. La communication est irrémédiablement le nerf de la guerre politique : exit la qualité du contenu, bienvenue à la silhouette plantureuse de la forme. Constat manichéen, je vous l’accorde.

(…)

Il y a tellement de choses qui m’échappent. En aimer un et en marier un autre. Pleurer sur le carrelage de sa cuisine, et n’avoir personne à appeler.

Prendre des coups et ne plus les rendre.

Ne plus oser regarder un mendiant dans les yeux, et passer devant, comme on pisse aux chiottes. On peut ne pas avoir envie de donner. On peut dire « bonjour, non merci ».

Quitter une femme que l’on aime. Rester avec un homme que l’on aime plus.

La revoir elle. Le revoir lui.

D’autres qui m’échapperont à jamais. Faire un enfant.

 

28/10/2010

Quand le lion dort, la hyène rit

Seins.jpgPolaroïd, 10 : 32

Dans un éclair de génie ou de flair de hyène, le MCG modifie son affiche. «Vous ne vouliez pas du père?», «Je vous livre le fils !».

Et si Mouammar a pris en otage deux ressortissants suisses, le parti d'Eric Stauffer kidnappe les médias.

«Si cette nouvelle affiche entre également dans le séquestre provisoire, le MPC devrait étendre cette mesure à l’ensemble des médias présents et actifs en Suisse. Cela signifie qu’il faudrait retirer de l’ensemble des sites Internet tous les articles causant un outrage aux citoyens Khadafi, souligne le MPC».

Génial, non?

Croyez-bien que je ne suis ni sbire ni suppôt ni porte-parole, et si je le suis, c'est à mon insu, je vous le jure Monsieur le Président.

Je n'aime juste pas la censure, ni le bon goût, ni l'amère impression qu'on fait usage sélectivement de la loi.

Quant aux propos de Me Luscher (l'umlaut n'étant plus nécessaire, le Conseiller National PLR jure qu'il ne sera jamais Conseiller Fédéral), ce matin sur nos ondes:

«ô, vous savez le MCG, c'est un peu le miroir de nos faiblesses politiques, nous les partis traditionnels. Si le MCG existe, c'est un peu de notre faute donc, maintenant nous devons vivre avec. (...) Les électeurs leur ont laissé une première chance, il n'y en aura pas deux».

Oui Monsieur Luscher, s'il existe, c'est de votre faute. Et si «vivre avec» est votre seule réponse, c'est effarant.

Quant à votre dernière prédiction, c'est justement avec un telle assurance (mépris?) que le MCG a raflé 17 sièges au Grand Conseil.

 

 

 

Ils auront raison

Poulpe.jpgBillet d’humeur à la manière de quelqu’un qui n’a plus d’inspiration.

Et quand on n’a pas d’inspiration, il y a deux choses à faire : se taire, ou regarder autour de soi.

Se taire est un acte relativement facile en société : au mieux vous passez pour un être introverti, et si vous avez la chance d’être gâté physiquement, vous passerez forcément pour quelqu’un de mystérieux. Au pire vous passerez pour un associable pisse-froid et un hautain personnage.

Se taire au travail est une tâche plus ardue. Au mieux, vous n’avez pas de collègues, ou vos seuls compagnons sont des livres, une imprimante, des bocaux de cornichons qui défilent sur un tapis roulant, ou alors, vous vous êtes présentés à la Constituante pour la gloriole et non pas pour faire avancer la République. Seul exception à cette présente liste : les communistes qui se sentent toujours obligé d’ouvrir tour à tour leur caquet, pas cinq minutes, pas dix minutes, mais vingt bonnes minutes pour répéter dans les mêmes lignes ce que leur camarade a dit 20 minutes plus tôt.

Au pire, vous partagez votre bureau avec des collègues, vous ne pipez pas un mot, et ils vous détestent. Dites-leur que vous venez d’apprendre que votre mère est atteinte d’une leucémie, que votre sœur a décidé de quitter la vie civile pour rejoindre le clergé ou encore que votre femme, libyenne, risque d’être expulsé parce qu’elle a vendu de la drogue à un député au Grand Conseil.

N’hésitez pas à utiliser les grands moyens, les mensonges les plus gros passent en général aussi bien dans l’esprit des gens, qu’une quinzaine de boulettes colombiennes dans une trachée bien huilée.

Se taire au travail est une tâche plus ardue, surtout quand vous êtes censé ouvrir la bouche. Là, pas possible d’y échapper. Se taire n’est plus une option.

Reste l’autre option : celle de regarder autour de soi. Dressez un cercle d’un mètre de diamètre autour de vous et attrapez tout ce qui passe par là. Vous aurez forcément quelque chose à dire.

Vous apprenez que votre collègue trompe sa femme avec la petite du deuxième. Ecrivez le manuel du parfait adultère. Facile, il suffit de modifier les noms de son répertoire téléphonique : Mathilde s’appellera Roger, Stefano, l’appollon rital un peu fier deviendra «la Coiffeuse », et si vous êtes joyeux et gai, Christophe deviendra « Esthéticienne », Stéphanie se transformera en « mon comptable ».

Parce que vous n’êtes pas sans savoir qu’on ne couche pas, ni avec des comptables, des bouchers, des thanatopracteurs, des mannequins ou des informaticiennes. Enfin dernière recommandation en cas d’adultère, même en cas de flagrant délit : "niez, niez, niez" comme dirait un certain candidat à la course à l’exécutif de la ville de Genève.

Vous voyez il suffit de regarder autour de soi. Les questions fleurissent d’elles-mêmes.

Pourquoi à chaque fois que vous écrivez un commentaire intéressant et pertinent sur votre profil FaceBook, vous n’avez aucuns commentaires ?

Pourquoi regardez-vous votre montre à l’arrêt de bus ? Vous n’avez aucune chance de faire arriver le tram plus tôt.

Pourquoi descendez-vous le volume de votre radio quand vous vous parquez ?

Enfin pourquoi inscrivez-vous 2500 nouveaux logements dans le programme de législature du gouvernement genevois, alors que rester dans le vague vous aurait évité les critiques et les crachats ?

 

Vous voyez, avec rien, on brasse de l’air. « Ca fait passer le temps », diront certains. D’autres diront que l’on remplit du vide avec du néant. Ils auront raison.

27/10/2010

D'accord, il n'y a PAS de censure

Hyene.jpgD’accord il n’y a pas de censure.

Rappel des faits. Le MCG décide d’apposer une photo du guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi sur son affiche en vue des votations sur le renvoi des étrangers-criminels, le 28 novembre prochain. Affiche qui devait être disposée dans les espaces réservés aux partis politiques. Un espace dont la responsabilité du contenu incombe au Conseil D'État. Soit.

D’accord il n’y a pas de censure.

Jeudi dernier, notre bienveillant gouvernement décide d’ordonner la modification de l’affiche MCG. Motif: violation de l’article 296 du code pénal suisse. Outrage aux états étrangers. Ainsi soit-il!

D’accord, il n’y a pas de censure, juste un gouvernement bien-pensant.

Dans le même communiqué : notre débonnaire gouvernement tient à préciser à l'attention des médias (nous) et des personnes (vous) que la reproduction de l'image incriminée est passible des mêmes poursuites pénales, quel que soit le support de diffusion. Homme sandwich, tracts, pin's, berlingot de lait, message subliminal, ou serviette hygiénique, quel que soit le support de diffusion.

Tiens étrange, quelques heures plus tard, l’éminence grise du gouvernement François Longchamp déclare: que chacun pouvait bien évidemment exprimer son opinion de la manière dont il l’entendait.«Si le MCG veut distribuer des tracts dans toute la ville sous sa propre responsabilité, c’est son affaire».

D’accord il n’y a pas de censure, mais un homme qui se contredit.

Au lendemain de cette annonce, vendredi 22 octobre, le ministère public de la Confédération décrète le séquestre de l’affiche.

D’accord, il n’y a pas de censure, mais une procureure fédérale suppléante sous cocaïne. Puisque de mémoire, l’administration fédérale n’aura jamais autant été efficace et rapide pour rendre une décision.

Hier, le MCG rétorque que seul un État peut se plaindre d’un outrage, il peut en effet saisir le Conseil Fédéral… Donc en clair: pas question pour le ministère public de la Confédération, ni pour l'exécutif genevois de s'autoproclamer avocat de la Libye. Après vérification: c’est l’article 302, alinéa 2.

D’accord, il n’y a pas de censure, seulement quelques fainéants avocats, qui n’auront pas pris l’effort de dépasser l’article 296. Pour leur défense, c’est vrai, il fallait aller très vite! Eux aussi, ont profité de largesse du fournisseur de la procureure fédérale suppléante.

Et d’en profiter au passage pour citer un autre avocat, sur le plateau d’un autre journaliste valaisan: «L’article 296 du Code pénal est poursuivi d’office» disait-il. Raté Monsieur l’avocat. «Tu ne sera jamais président du Conseil d'État!» disait pourtant déjà sa mère.

Enfin le Ministère public de la confédération reconnaît son erreur, et demande à Evelyne-Widmer-Schlumpf de se charger de l’affaire.

D’accord il n’y a pas de censure, juste des autorités qui s’affolent.

Vous n’avez pas tout compris. Facile.

Des faits. Le Conseil d'État patauge, et la cocaïne coule à flot, autant dans la République qu’à Berne.

Une question: qui de Genève ou de Berne a décidé de s’occuper de cette affaire? On a notre petite idée.

Une option: et si un guide de la révolution libyenne décidait, dans un éclair de génie, pour le coup, avec autant de remous politiques et médiatiques, de s’emparer du sujet?

Le rire de la hyène résonne encore, Eric Stauffer aura réussi son coup. Nous, nous nous sommes rassurés. Ouf de soulagement, il n’y a pas de censure. Juste de l'incompétence, et de l'affolement.

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26/10/2010

La Bise Noire

1920221749_1.jpgÉditorial à la manière d’Amélie Poulain

En clair tout ce qui sera dit, relève de la pure spéculation.

Samedi dernier 23 : 27 : grande première à Genève, une boite de nuit alternative décide de fermer ses portes. Non, elle n’encaissera plus un sou avant que d’autres lieux culturels soient ouverts. L’Usine invite même ses fidèles habitués à se rendre au Java, hôtel Kempinski… Olivier Jornot, député libéral et fidèle défenseur des clubbeurs quitte son squat, monte dans sa deux-chevaux pour protester ! Pas question de mettre un seul pied dans cet endroit de débauche. Il résilie de suite, son abonnement au fitness de l’hôtel, troque son costume d’avocat pour une combinaison en latex de super-héros et fonce à la place neuve pour tagger la statue du Général Dufour.

A la même heure, un autre avocat, Soli Pardo hume l’odeur de son café-pomme, humidifie ses lèvres pour coller une photo de Mouammar Kadhafi sur les affiches MCG qu’il compte bien coller dans la nuit. La nouvelle recrue du parti ni-gauche ni-droite finira par regarder, en larmes, la finale de Secret Story, enregistré la veille sur son disque dur offert gracieusement par BlueWin.

Dimanche, 14 : 09, Michel Chevrolet, fatigué lui-aussi de sa manif de la veille se demande ce qu’il pourrait bien faire à Genève. « Genève, ville morte », lui répondent en chœur ses amis. Il décide donc de rester dans son pauvre triplex, caressant de la main droite son bulletin d’adhésion au parti libéral.

Dans le même temps, Boris Drahusak, candidat vert au Conseil Administratif de la Ville de Genève, aiguise ses couteaux, affute la pointe de son piolet et jure sur Gaïa, déesse de la Terre, qu’il ne remettra plus à demain son entrée dans la course à l’accession à la Mairie de Genève.

Dimanche toujours, 18 : 35. Manuel Tornare promène son chien Capsule sur la plaine de Plainpalais et peste contre toutes ses crottes qui salissent ce si joli revêtement de gohrr importé de France. « 12 millions », se dit-il… « le bon marché est toujours trop cher », finit par conclure l’ex-Maire de Genève, mais toujours Maire à Shangaï.

Dimanche soir, 23 : 57. Pascal Décaillet est toujours debout. Entre deux portions de fromage du Val de Bagnes et un poème de Verlaine, il continue à envoyer des sms à Christophe Darbellay, président du parti démocrate-chrétien. Le journaliste finira par s’endormir aux alentours de 04 : 16 du matin, le nez collé à la page 823 de la biographie de Charles De Gaulle.

Lundi matin, 07 : 55, une gestionnaire de l’UBS débarque dans les studios de Radio Cité. On la confond avec notre comptable ! Pas de bol, c’est la nouvelle présidente de l’UDC genevoise. Une présidente tellement en retard qu’elle n’entend même pas le fantastique édito du jour. Au final, on n’aura pas de quoi la faire réagir aux critiques sous la ceinture que nous avons lancé à 07 : 53.

Et puis tout s’accélère. Lundi 12 : 15, le Ministère public de la Confédération n’a jamais autant été rapide pour annoncer qu’il séquestrera les affiches du MCG. Eric Stauffer, président du même parti, imite le rire de la hyène, il a réussi son coup ! 15 : 29, un conducteur de Ferrari finit dans le décor, 10 minutes plus tard, un détenu de Champ-Dollon mord un gardien, et les médias parlent de bombe à retardement pour qualifier la prison… on aura jamais autant craint les morsures qu’hier 15 : 55.

Et puis ce beau soleil grisâtre d’automne s’est enfin couché derrière le jura. Enfin, arrivé à la maison, on a pu respiré.

Loin des ricanements des hyènes, des sms assassins, des réseaux sociaux menteurs, des problèmes de déjections canines ou encore des aimables politiciens, on a osé demandé : et toi, ta journée ?

On nous a répondu : tu as vu cette bise noire aujourd’hui !

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Pas de censure, beaucoup d'outrage

Kadhafi.jpgPolaroïd 08 : 42

Art. 296. Outrages aux Etats étrangers. Mouammar Kadhafi outré par l'affiche du MCG.

Et si je traite le pape de pédophile, si je dépeins Benoît XVI en train de pratiquer des actes sexuels sodomites, le Conseil d'Etat va-t-il invoquer l'article 296? Parce qu'au vu du nombre de quolibets, d'insultes et autres bassesses dont est victime le pédophile au passé brumeux, pardon, le pape, on s'étonne du peu de réactivité de nos sérénissimes autorités.

Bien sûr que non, nous répondra-t-il. Le gouvernement n'est responsable que des espaces publicitaires dans le cadre de votations. Enfin... n'hésite pas à menacer (prévenir) la presse des dangers qu'elle encourt à la publication de l'affiche incriminée.

L'Etat est courageux. Il n'évoque l'article 296 que quand sa responsabilité est mise en cause. Ou alors use de l'article 296 comme bon lui semble, c'est selon... mais cela fait toute la différence.


Au fait la caricature, c'est autorisé ou pas?

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25/10/2010

Jusqu'au bout de la nuit

Editorial Radio Cité Genève, 25 octobre 2010

 

Nuit.jpgJusqu’au bout de la nuit.

«Aux sans-papiers, j’ai toujours préféré ma jument».

Les propos étaient signés Céline Amaudruz, «Amaudruzze» diront ceux venus d'ailleurs. Céline Amaudruz est l'invité du grand entretien aujourd'hui, c'est accessoirement la nouvelle présidente de la section genevoise de l’UDC... ce que l'on appelle le parti agrarien.

Et comme on la comprend, Céline Amaudruz. Elle s’y connaît en terroir: la jeune trentenaire pratique l’équitation. Bon pas sûr que ce soit elle, qui nettoie les écuries. Elle aime le jass, bon pas sûr qu’elle n’y joue pas pour de l’argent, elle est gestionnaire de fortune à l’UBS, et enfin, elle n’est ni xénophobe ni raciste, puisque vous n’êtes pas sans savoir que sa jument, répondant au doux prénom d’Ulisca est d’origine hollandaise, peuple pourtant réputé pour ses mœurs débridées, ses fumeurs de joints, et autres mendiants toxicomanes salissants les belles rues tulipées d’Amsterdam.

La belle Céline est une battante, prête à aller jusqu'au bout de la nuit pour s’opposer à une adhésion européenne, jusqu’au bout de la nuit pour remettre de l’ordre dans sa section genevoise, et quitte même à interdire la Williamine aux réunions, enfin jusqu’au bout de la nuit pour faire adhérer père, mère, amis, connaissances, collègues, inconnus à son parti, et si les morts pouvaient voter, elle irait même les chercher dans l’au-delà.

Son parti, en français, c’est l’Union Démocratique du Centre, en allemand: le Schweizerische Volkspartei, le parti suisse du peuple. Erreur de traduction ou pas, le parti suisse se transforme en Union, le peuple se mue en Démocratie. C’est pas beau ça ?

Bref, je vous le disais, Céline Amaudruz, blanche colombe, n’est pas inquiétée par les crachats des vilains crapauds. Pourquoi ? Parce que ce que l’on dit d’elle est faux. La présidente aime le débat, est prête à discuter, figure de proue même de la démocratie.

Pour preuve, samedi matin, place du Molard, je reçois un prospectus du parti agrarien : organisation d’un débat à Genève entre Fulvio Pelli, président du PLR Suisse, et Christophe Blocher, ancien Conseiller Fédéral expulsé.

Intitulé du débat : Criminels étrangers, Point d’Interrogation, faut-il les expulser ou les intégrer ?

Ça y est, je ne manque pas de m’étouffer du dernier marron chaud ingurgité, je m’étrangle puis le recrache. Malheureusement, Eric Stauffer, traînant au hasard dans le quartier est victime du marron expulsé, il essuie sa veste, m’insulte, puis me menace. Et paf, un recours au Tribunal Administratif pour atteinte à personnalité politique. Mes excuses n’y auront rien fait.

J’en reviens à la lecture de l’intitulé : Criminels étrangers, Point d’Interrogation, faut-il les expulser ou les intégrer ?

Mmmh, devrions-nous intégrer les criminels étrangers ? Leur permettre de gagner leur vie honnêtement, les scolariser, ne pas les marginaliser, offrir des cours de français à Faruk et à Ismir, Maurice, lui pas besoin, il est déjà suisse, mais violeur d’enfants, nous lui paierons donc des vacances aux Philippines.

Je m’emporte, je m’emporte. Exceptionnellement, aujourd’hui, je ne terminerai pas ce discours. Ne connaissant pas les intérêts de la Suisse avec les Philippines, je ne me risquerai donc pas, à fâcher le Conseil d'État genevois. Et je rajouterai:

«A Mouammar Kadhafi et au Conseil d'État, j’ai toujours, moi aussi, préféré ma jument».

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21/10/2010

La censure?

Lie.jpgPolaroïd 18 : 59

Que le gouvernement genevois ne souhaite pas se mouiller juridiquement dans cette affaire. Cela va de soit. C'est son droit.

Que le président du MCG décide dans un acte "d'insoumission" d'enrôler ses troupes dans une campagne d'affichage sauvage, à la barbe du Conseil d'Etat.  Cela va de soit. C'est également son droit. Que chacun assume ses responsabilités.

Que chacun y aille de son opinion de juger la qualité sémantique de l'affiche, de juger de sa pertinence par rapport aux votations du 28 novembre prochain, c'est inacceptable. Libre à chacun de pense ce qu'il veut.

Que le gouvernement prévienne, ou menace c'est selon, la presse d'oser publier l'affiche incriminée. Inacceptable. Ou alors bienveillant, merci Messieurs et Mesdames les Conseillers d'Etat.

On conclura avec la question de Pascal Décaillet à François Longchamp: "Et si en lieu et place de la Libye, vous auriez eu à faire avec la Corée du Nord? ".

Ecoutez la réponse.


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Quand l'actu tue

Jack.jpgEditorial Radio Cité, 21 octobre 2010

Si j’ai bien compris l’actualité genevoise cette semaine et avec un tout petit peu d’imagination.

Un certain Daniel Quarcoopome souhaitait organiser le concert de Prince à Genève, et plus particulièrement, au Stade de Genève. Un joli stade à 100 millions. Malheureusement, dans le même temps, Michel Chevrolet, décide, lui, de faire construire une gigantesque boîte de nuit sous le pont de la route des Jeunes. Au GHI mardi, il déclare y avoir pensé il y a deux ans déjà, le soir même sur une grande radio nationale, les deux ans se transforment en une année.

A ce rythme là, demain, l’argentin de Buenos Aires nous apprendra qu’il en a rêvé cette nuit.

Bref, le candidat à l’exécutif de la ville de Genève riposte et invoque la clause de concurrence, Daniel Quarcoopome, dévasté par la nouvelle, finit sa nuit à l’hôtel Président, commande trois bouteilles de champagne, bat sa domestique, et s’endort dans les bras de quatre filles, filles d’origine étrangère, mais déclarées non-dangereuses, raison pour laquelle l’initiative UDC ne peut être appliquée.

On connaît la suite, une trentaine de policiers empruntent le nouveau pont de la Rade, financé par une tribu elle-aussi étrangère, mais riche et donc bienvenue. Daniel Quarcoopome est emprisonné illico presto dans une cellule à Palexpo, Champ-Dollon est toujours surpeuplée, et son extension est toujours au point mort.

Michel Chevrolet, lui, est fâché. Blocage, blocage, blocage, Christian Grobet a déposé un référendum pour violation de l’article 135, alinéa 8 point 2 de la LDTR! L’ex-directeur de Léman Bleu cherche donc un lieu de remplacement pour sauver nos jeunes de l’ennui et de la morosité genevoise.

« Moa, j’irai bien à Vernier » dit-il. Pas de bol, l’endroit a failli être sauvé par Olivier Jornot, le nouveau super-héros libéral défenseur de la culture alternative, mais c’est trop tard, son ennemi juré, l’infâme sheriff Stauffer a dégainé plus rapidement. Vite une solution alternative!

François Longchamp propose de louer un hangar à Cointrin. Raté, les syndicats s’y opposent. Le président du Conseil d’Etat soumet alors, l’idée de faire des « afters » aux Automnales, en engageant de chômeurs en fin de droit. Encore raté, Genève ne peut plus prolonger ses indemnités.

Isabel Rochat lance l’idée de reprendre la patente du Velvet. Mais pas de chance, les policiers, eux ont l’habitude de se rendre à la Coupole.

Véronique (!) Künzler décide d’organiser une techno party, en plein air, sur le site de l’Allondon. Malheureusement, les grenouilles sont encore protégées.

Pierre-François Unger retourne sa veste, pas question donc d’ouvrir un club. Mark Muller, lui, essaie toujours d’obtenir des autorisations. Charles Beer et René Longet papotent dans un coin, David Hiler, lui, s’entretient avec Daniel Brélaz sur la question de l’utilité de la pose d’un anneau gastrique. Bon. Michel Chevrolet repart en Argentine, Sami Kanaan, qui ? Oui, le candidat socialiste devient maire de Genève, et nous ?

Nous. On organise un petit dîner en tête-à-tête avec la chancelière, dans un ballon suspendu au-dessus du jet d’eau… parce que les fiestas géantes à Plainpalais, ce n’est définitivement pas assez compliqué pour notre canton.

20/10/2010

Miroir ou seringue

pic.jpg20 octobre 2010

La télé-morphine et la séringue-télecommande.

On a tous connu à l’école, un ami ou une camarade de classe qui n’avait pas de poste à la maison. Quelle ringardise! Quel conservatisme! Je m’en rappelle, nous, nous la regardions en famille à midi. Sublime rituel! De n’avoir surtout pas besoin de converser avec ses parents. « Et puis le JT, c’est important » disait notre père. « Il faut se tenir informer » rajoutait-il.

Ensuite est venu le temps de demander, que dis-je, d’exiger notre propre poste de télévision… dans notre propre chambre. On pouvait enfin à notre guise, regarder ce qui nous plaisait, là, dans notre lit. Un Fanta orange dans la main droite, pop-corn salées dans la gauche. Un peu plus tard, c’est la bière qui aura remplacé le soda, le pop-corn, lui, sera resté dans la main gauche. Au passage, on aura définitivement enterrée toute forme d’activité sexuelle. Pas grave, l’écran nous donnait tout ce que nous avions besoin.

Et puis les médias sont devenus intelligents, en inventant le concept de télé-réalité. On pouvait enfin, s’immiscer dans la vie des gens, de vrais gens avec de vrais problèmes. Des beaux moments aussi partagés avec le public. La transe était totale.

Les larmes coulaient à flots, des larmes comme des obus qui pulvérisaient la dernière couche de pudeur restante. Des singes derrière un grillage de zoo, nous comme des hyènes en extase, dans la jouissance la plus totale. L’orgasme était proche.

Mais la télévision n’en est pas restée là. L’odeur du sang appelle le sang. Après l’exhibitionnisme et le voyeurisme, était venu le temps des pratiques sadomasochistes. Fini l’époque où toi, participant d’émission, devait t’étaler à raconter comment ta femme t’avait trompé, comment ton mari t’avait battu. Toi, star d’un jour, shooté à la poudre d’étoiles, on ne t’a plus demandé de raconter. On t’a demandé de faire.

Là, devant l’œil de la caméra, en inondant les masses de tes souffrances, de ta bêtise parfois, de tes faiblesse, et Dieu sait, si nous, on aimait en rire, toi tu t’es humilié. Humilier comme on gave une oie. Du foie gras qui coule à la commissure de nos lèvres. L’orgasme était atteint.

Soupir de soulagement. Au final, on aura réussi à s’endormir, ici, entre des cadavres de bouteilles d’alcool et un vieux cendrier froid. Aucune réponse à la question de savoir si on a la télévision que l’on mérite, ou si c’est la télévision qui fabrique elle-même ses propres cochons nourris aux antibiotiques.

Dans les deux cas, miroir ou seringue, le téléspectateur se pare d’un joli costume de collaborateur.

 

18/10/2010

La béquille à une vieille qui boîte sur du verglas

Bossu.jpgÉditorial Radio Cité, 18 octobre 2010

Le dimanche matin.

Tout bon dimanche matin, n’a de bon que s’il obéit à deux règles, deux rituels, de l’ordre du trouble obsessionnel compulsif : le café d'un côté. Le journal de l'autre.

Café préparé à l’italienne, l’odeur doit régner dans toutes les pièces de l’appartement. Seul entorse au protocole, un sucre qui permettra à la substance psychoactive, la caféine, d’être plus facilement inoculée. Le journal? A l’ancienne, la version papier. Doux et subtile bruit que sont les pages qui se tournent… Et qui se tournent au rythme d’une déglutition par page. Autant dire que la page 8 du Matin Dimanche consacrée à ces « café prostate » mmmmhh organisés à Genève, avait réussi à vider la moitié de la tasse.

Enfin arrivé en page 17, ne restait que de la précieuse substance, qu’un petit tas plus communément appelé «marc de café », pas suffisant pour s’étouffer (on aurait voulu) mais assez pour lire l’avenir. Page 17 de l’hebdomadaire: quelle joie, quel délicieux plaisir de retrouver notre majesté, le président du Conseil d'État.

Le vénérable François Longchamp a empoigné la plume pour nous livrer ses réflexions. «Genève, bouge merci pour elle » titrait ainsi sa pensée. Pour une raison encore inexpliquée, le magistrat évoque les attitudes, je cite, «déplacées» de Genève.

La première, l’arrogance. Celle de Patrice Mugny en date du 27 février 2008... le magistrat a la mémoire longue... Patrice Mugny qui parlait de «rupestre pays de Vaud». «Faute de goût et de vocabulaire», s’indigne François Longchamp. Arrogance? Étrange qualificatif, j’ai toujours cru qu’être arrogant, c’était annoncer, sans réelle explication, à quelques chômeurs que l’on n’allait pas prolonger la durée de leurs indemnités chômage, pourtant comme Berne nous l’autorisait.

Seconde attitude déplacée et ridicule, selon Saint François : «estimer que Genève ne serait qu’un tas d’enfants gâtés, un village gaulois empli d’irréductibles crétins». On ne peut que lui donner raison: il n’y a effectivement pas que des crétins dans la République. Un certain Manuel Tornare, lui, aura assisté à l’enterrement de Monseigneur Genoud, qui lui aura évité, ceci-dit au passage, de devoir passer par des sortes d’excuses à la limite du «j’m’en foutisme». Quant aux enfants gâtés, ce ne sont ni les chômeurs en fin de droit, ni les employés d’une célèbre boîte de nuit qui diront le contraire.

Le problème de Saint François, dans sa longue cogitation en page 17 du Matin dimanche, c’est que l’on n’y comprend rien. Saint François, malgré les «genferei», les fermetures de boîte de nuit et autres ratages d’enterrement, souhaite nous dire que tout ne va pas si mal à Genève. Peut-être. Soit.

Mais mettre côte-à-côte, le MOA club et le canton qui concourt à hauteur de 221 millions dans la solidarité intercantonale, le chômage et l’ouverture d’un «ambitieux musée d’ethnographie» ou encore l’enterrement raté d’un ecclésiastique et l’aéroport de Cointrin qui investit un demi-milliard dans ses infrastructures, ça n’a pas de sens. Comme donner une béquille à une vieille qui boîte sur du verglas.

Enfin d’accuser les médias romands d’exceller dans la veine qui est «d’estimer que Genève ne serait qu’un tas d’enfants gâtés, un village gaulois empli d’irréductibles crétins»?

Veuillez nous excuser Saint François, mais on ne peut pas dire que vous nous avez donné tort.

Au final, pas besoin de marc de café pour nous prédire que s’ouvrira mercredi la nouvelle ligne TGV Paris-Genève. De toute façon, le café était déjà amer et gâché par autant d'optimisme.

14/10/2010

Le Théâtre! Mais en mieux.

Lips.jpgPolaroïd 21 : 28

L'apéro, une petite arvine de Chamoson: ce soir, Genève à Chaud au micro de Pascal Décaillet, Mark Muller gifle la Cour des Comptes, et au passage la décision "collégiale" du Conseil d'Etat.

Plat principal, une assiette de crabes: débats jouissifs au Grand Conseil. Tout y passe, "ne mettons pas nos enfants en danger", "nous ne céderons pas à la pression médiatique", "nous ne devons pas soutenir un lieu commercial", "on croit rêver, les populistes ne sont pas où l'on croit", "Monsieur Jornot, défenseur de la culture alternative", une Céline Amaudruz tout en cravate (cravache?) qui expulsera un "c'est honteux!", ou encore un "Monsieur Poggia, les leçons de morale, vous les gardez pour votre groupe"!

Dessert, un excellent whisky (un bowmore 25 ans d'âge): coups bas, revanches, art oratoire, clap-clap, chuintement, huement.

 

Merci Messieurs et Mesdames les député(e)s. JOUISSIF. Vraiment. De la politique jouissive, cela n'arrive pas tous les jours.

L'infime délicatesse du mot

Words.jpg14 octobre 2010, 16:07

Le plombier polonais.

Nous en connaissons tous. Non pas des plombiers polonais mais des personnes qui s’expriment pour ne rien dire, d’autres qui parlent beaucoup trop bien ou trop peu pour avoir l’air honnête, et enfin, dernière catégorie : ceux qui choisissent avec une infime délicatesse et de délicieuses nuances, les mots qu’ils souhaitent laisser s’échapper.

Alors de la première catégorie, nous n’en dirons rien. A la vacuité, il faut répondre par le néant.
A ceux qui parlent trop bien ou trop peu, il faut s’en méfier. Se méfier de son trésorier lorsqu’il vous dit : «je ne suis qu’un simple comptable, vous savez». Une trop grande humilité relève souvent de la flatterie, la flatterie de la séduction, et la séduction du désir. Et on le sait, le désir n’est pas toujours noble, loin de là. Raison pour laquelle on l'appelle «concupiscence».

Méfiez-vous également des phrases qui claquent dans l’air, aux relents de slogans de type : «avec moins, nous allons faire plus» ou encore «ensemble tout devient possible». L’effluve peut être charmante mais en général, le slogan a été répété, préparé, aiguisé. Et son but : c’est que vous l’ingurgitiez tout cru, sans broncher.

Reste la dernière catégorie. L’infime délicatesse du mot bien choisi, les délicieuses nuances de la phrase polysémique.

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ?

Page 4 du GHI, Thierry Meury rebondit sur l’affaire de l’instituteur valaisan licencié pour avoir refusé de laisser un crucifix dans sa classe. Un instituteur qui avait déclaré : «je suis renvoyé comme si j’étais un pédophile». L’humoriste ironise alors : «les pédophiles, eux, laissent les crucifix dans les classes». Et il rajoute : «Certains en portent même sur leur robe, parfois».

Tiens, tiens, la figure du prêtre pédophile. L’infime délicatesse du mot bien choisi, les délicieuses nuances de la phrase polysémique? Pas vraiment. Non. Loin de là même. Comprenez moi bien, je n’ai aucune sorte d’affection privilégiée envers les membres du clergé, ni un sens de l’humour de bien-pensant. C’est juste que le coup du prêtre pédophile commence à être usant. J’attends de l’humoriste qu’il fasse mieux... beaucoup mieux.

Allez, osez donc Monsieur Meury : le noir dealer, le frontalier voleur de poule, la rousse à l’odeur corporelle nauséabonde, le juif contrôleur du monde, le musulman terroriste, le portugais balayeur, ou encore l’handicapé fraudeur d’AI.

Vous voyez, c’est tellement simple l’utilisation de l’infime délicatesse du mot et des délicieuses nuances de la phrase.

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13/10/2010

Comment Belzébuth aime à se cacher dans le détail

Devil.jpgPolaroïd 20 : 28

Le Diable ou comment Belzébuth aime à se cacher dans le détail.

Le Diable s’est caché cette semaine. Le Diable est malin, il se sait se travestir, usurper l’apparence du noble, mais il sait surtout se faire oublier, « passer inaperçu » dira-t-on. Le Diable aime jouer. Quel hasard, nous aussi.

Pascal Décaillet, sur son blog, révèle qu’une figure de l’extrême gauche, Tobias Schnebli, va recevoir 20'000.- francs de la ville de Genève, dans le cadre d’une « étude sur la Genève internationale », liée aux 60 ans des Conventions de Genève.

Le journaliste relève « l’intéressante structure du vote » qui a mené à cet investissement.

 

Pour le mandat de CHF 20'000 à Tobias Schnebli

* Rémy Pagani (Solidarités)

* Patrice Mugny (Verts)

* Pierre Maudet (Radical)

Contre le mandat de CHF 20'000 à Tobias Schnebli

* Manuel Tornare (PS)

* Sandrine Salerno (PS)

 

Si Belzébuth s’est caché dans la structure, Azazel lui s’est caché ailleurs.

Comment un membre du Collectif Urgence Palestine peut-il être l’auteur d’un rapport, d’une étude sur la Genève internationale en rapport avec les 60 ans des Conventions de Genève ?

Non pas que je doute de la sincère et profonde objectivité de Tobias Schnebli mais aux vues des jets d’eau bénite que le camarade risque d’essuyer, ne devrait-il pas tout simplement éviter d’empoigner la plume ?

Ou alors je n'ai rien compris, mais qu'on m'explique, que Diable!