30/10/2010

L'échappatoire

pic-1.jpgPolaroïd 20 : 34

Ne comprend pas pourquoi l’Usine descend dans la rue. C’est beau, certes. Mais ne fait que rajouter un problème sur une pile. Moyen de pression ? Peut-être, mais pas si sûr que l’on trouve d’autres lieux avant le printemps, au moins. Reste que descendre dans la rue tous les vendredis, n’amène rien. Ou alors, nos autorités sont sourdes, ou mus par d’autres desseins beaucoup plus vils. Le problème est connu. Point.

Est-ce légitime de faire grève alors que l’association reçoit de l’argent public ? Je n’en sais rien. L’aurait-il fait (la grève) s’ils étaient vraiment autogérés comme ils tiennent à le souligner ?

Peut-on s’autogérer et être subventionné ? Il y a des paradoxes qui m’échappent.

(…)

Tout autre sujet. « Doit-on parler du MCG ou pas ? ». « Sommes-nous piégés par le parti ni gauche ni droite ? ». Ce sont là les questions posées dans Brief et Débrief sur Léman Bleu, ce vendredi.

La question est pernicieuse. Ce ne sont pas les médias qui font l’actualité. L’actualité fait les médias. Sauf pose d’un anneau gastrique d’une femme d’un rupestre élu vaudois. Les journalistes ne devraient pas, dans la mesure du possible, d’avoir droit de vie ou de mort sur l’information.

On ne fait plus de la politique à la Papa Maman. L’UDC et le MCG l’ont compris. Est-ce désolant ?

Ce n’est ni au journaliste ni à un exécutif, un conseil d’état ou un gouvernement d’y répondre. C’est au citoyen.

L’un peut se servir d’un éditorial pour en parler, l’autre peut ajouter « à titre personnel » à chaque début de phrase.

Qui sommes-nous pour juger de la qualité sémantique d’une affiche ? Qui êtes-vous pour juger du rapport entre une votation et un guide révolutionnaire ? Il y a quelqu’un pour cela. Ses armes : les lois. Son nom : la justice.

Il y a des paradoxes qui m’échappent. Comme « journaliste de gauche » ou « journaliste de droite », même si un coming-out peut sensiblement faire avaler la pilule.

Bref, on ne fait plus de la politique à la Papa-Maman. La communication est irrémédiablement le nerf de la guerre politique : exit la qualité du contenu, bienvenue à la silhouette plantureuse de la forme. Constat manichéen, je vous l’accorde.

(…)

Il y a tellement de choses qui m’échappent. En aimer un et en marier un autre. Pleurer sur le carrelage de sa cuisine, et n’avoir personne à appeler.

Prendre des coups et ne plus les rendre.

Ne plus oser regarder un mendiant dans les yeux, et passer devant, comme on pisse aux chiottes. On peut ne pas avoir envie de donner. On peut dire « bonjour, non merci ».

Quitter une femme que l’on aime. Rester avec un homme que l’on aime plus.

La revoir elle. Le revoir lui.

D’autres qui m’échapperont à jamais. Faire un enfant.

 

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