12/10/2010

On aimerait s'en convaincre. On n'est pas sûr d'y arriver.

Jalousie.jpg«L’effrayante descente aux enfers de la trentaine ou le tourbillon de la vie».

La trentaine. Les «trente glorieuses» diront certains perfides. Même si l’on cherche toujours ce qui peut relever de la gloire dans les années commençant par un trois.

Le premier principal problème de la trentaine, c’est les amis.

Et ça, ça se reproduit. Enfin pas tous, mais certains avec celles que l’on déteste. Elle n’aime ni le vin non-filtré, ni le gras dans les aliments (pour ma ligne dit-elle) ni notre humour décalé, elle pense que l’on n’est ni plus ni moins, qu’un célibataire pervers, pas fait pour l’amour. Parce que l’amour avec un grand A, un gigantesque A, c’est elle qui l’a rencontré. Son homme, c’est le meilleur, c’est le plus beau, c’est le plus fort. En même temps, c’est notre ami aussi, et on l’a rencontré avant toi chérie! Et paf!

Pire encore, deuxième point: les autres se reproduisent avec la femme de leur vie, disent-ils. Nous, on sait que cela ne va pas durer, mais cela, pas question de le dire. Il est beau, aussi, parfait, romantique, spirituel et c’est un bon coup au lit. Du coup, on est obligé de corroborer sa théorie: oui, Mélissa, j’aurais été une femme, je me serai marié avec Romain, il est tellement chou.

Après le pire, l’insupportable. Troisième élément. Les enfants.

D’un coup, Mesdames, vous ne calculez plus en années, mais en semaines! «Il y a 22 semaines et demi». «Il vient de faire ses premiers pas tout seul». «Et à 48 semaines, il pourra aller tout seul à l'école». Nous, on rigole. Un peu comme si on vous disait que dans 3743 secondes, on pense aller ingurgiter une petite aspirine. Et on en a besoin.

Certaines parlent d’allaitement. Vous pas, vous tenez à conserver une poitrine ferme, «la sexualité, c’est important » dites-vous. Dans une logorrhée quasi-expiatoire, vous nous expliquez à quel point, votre enfant ne souffrira pas de carence en lymphocytes B. Et bla-bla-bla, la pression sociale, l’image de la femme, et cetera, et cetera. Votre concubin ne sera pas mieux. Désormais, il me faudra deux mois avant de pouvoir booker un seul rendez-vous, ou un apéro après le boulot avec lui. «Tu sais, les enfants ça change la vie» dira-t-il.

Nous, on comprend toujours pas. On ne comprend pas pourquoi sa vie change-t-elle autant après s’être reproduit, pourquoi est-ce si difficile d’agender un vulgaire verre de Sauternes après le travail, ni pourquoi toutes vos soirées doivent-elles être obligatoirement accompagnées de couples, qui eux aussi, ont fait des bébés.

Pourquoi nos chaires se font-elles avoir par la gravité. Pourquoi est-on toujours seul?  Pourquoi les autres se sont-elles contentées du premier venu ? Pourquoi les autres se sont-ils contentés de celles qui les ont fait craquer, en premier.

Et puis pourquoi elle, est-elle seule ? Pourquoi lui se morfond-il encore ? « Il est tellement incroyable ». Pourquoi l’a-t-on ratée, pourquoi l’a-t-elle épousée, si elle ne l’aimait pas ? Pourquoi s’aiment-ils ? Pourquoi s’aiment-ils encore ? Pourquoi lui faire un enfant ?

Est-on victime de jalousie ? Probablement, là au fond. Décidément, deux millénaires de culture judéo-chrétienne ne nous auront pas épargné. Dommage nous aussi, on aimerait vivre ça. Mais pas comme ça, pas comme eux, autrement.

 

On aimerait s'en convaincre. On n'est pas sûr d'y arriver.

 

 

 

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