11/10/2010

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Doisneau2.jpgÉditorial Radio Cité, 11 octobre 2010

Ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Une belle manifestation, pas autant de gens que le prétendent certains médias, mais on n’est pas à 500 jeunes près. Un sympathique rassemblement, on ne pouvait que se réjouir de découvrir que nos « jeunes » ne sont pas aussi mous et décérébrés que l’on pouvait imaginer. Se réjouir aussi que parfois, l’idée même que l’on puisse se mobiliser ait pu effleurer leur petit esprit endolori.

Enfin de penser, que les jeunes, qui d’habituellement ne vont jamais voter, pourraient, au hasard, voter en avril prochain pour un certain candidat ? Non, cela relèverait de la pure médisance.

D’ailleurs, le candidat en question est fâché contre moi. Il ne me parlera plus. Dommage. Il aurait pu répondre à cette question : peut-on être médiateur, participer à des séances avec le Conseil d’Etat, être à la tête d’une agence de communication, et être en campagne à l’exécutif de la Ville de Genève ? Il aurait sûrement répondu : mais oui bon sang ! J’aurais, bien évidemment, acquiescé. La réponse m’importe peu, les arguments : un peu plus.

Bref, pour sa défense, lui est vraiment en campagne. Et la campagne, ça forge un homme. On prend des coups, les amis nous tournent le dos… « rôti sur le grill » diront les fin spécialistes de la politique.

Lui est en campagne, à dos de petit mulet, contrairement à deux autres candidats : l’un portant le même nom qu’un raton-laveur : Boris, l’autre le même nom qu’un héros de Scooby-doo : Sami, fameux chasseur de fantômes. A force de travailler tôt le matin pour faire la guerre aux déchets encombrants pour l’un, et l’autre d’opérer dans la discrétion pour débusquer les esprits ; plus que des candidats, c’est des candidats-revenants que l’on pourrait découvrir l’année prochaine.

Toujours est-il que ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Alors à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était un lieu culturel ? La réponse est OUI, n’en déplaise à l’élite alterno-culturelle genevoise.

A ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était d’utilité publique ? On pourrait en discuter. Mais au regard du Java Club, fréquenté par des fils à papa, et des pauvres… aspirants à être riches, la SIP fréquentée par de jeunes avocats et banquiers, le MAD fréquenté par ceux qui ont été rejetés partout ailleurs, et enfin l’Usine fréquentée par des punks et des pauvres n’aspirants pas à être riche, eux ; on ne devrait plus parler d’utilité publique, mais plutôt d’alternative culturelle bienvenue.

Enfin à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement devait fermer ses portes ? Oui, s’il ne respecte pas la législation. 

Genève semble parfois s’embourber dans le manichéisme. Ceux qui aimeraient que le Canton reste ce qu’il a toujours été: "pas question d’un tram qui amènerait une horde de Shadocks dans nos contrés", ni de construction tout azimut, et ceux qui voient Genève comme un grand point G, franco-valdo genevois, lieu technologico-diplomatico-économico-culturo foisonnant.

Et le MOA est loin d’être un événement anecdotique dans toute cette histoire. C’est un indice. Un indice que nos élus devraient saisir, parce qu’à force de ne pas s’entendre, un parti ni à gauche ni à droite, un parti ni bourreau ni sauveur en a fait son terreau, et Dieu sait s’ils ont raison.

Blocage, blocage, blocage. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal. Au moins, vous, vous n’aurez, ni tourné les talons ni retourné votre veste. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal, je me pose juste des questions.

 

 

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