06/10/2010

Il était une fois

The-Death.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 6 octobre 2010

Il était une fois, un pauvre mouton au pelage bien sombre qui n’était pas bien accepté par ses amis moutons de couleur un peu plus clair. Pour les besoins de cette comptine pour enfants de chœur, nous prénommerons la bébête à poils, Faruk. Faruk prénom d’emprunt choisi bien évidemment au hasard… au pif même, dans l’annuaire.

Le mouton, se sentant rejeté, a décidé de mettre fin à ses jours, mais ne sait pas comment.

Bien que pas très riche, pas très bien fagoté, c’est vrai, la mode n’est pas encore arrivée chez lui dans son alpage, Faruk est quand même un chic-mouton. Il a même un peu étudié, il a la télévision chez lui, mais bon, il regarde Secret Story, il a même une radio, mais le malheureux écoute One FM, il a lu quelques livres, sa mère teant toutes les années à lui envoyer un bouquin « pour réussir mon fils » dit-elle à chaque nouvel an. Enfin nouvel an, eux disent Hégire.

Parmi les ouvrages qu’il a réussi à lire: le Prophète de Gibran, il n’a rien compris. Nous non plus d’ailleurs. Harry Potter, ça il a aimé. Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, il a détesté, mais sa mère espère toujours qu’il devienne un gentleman, un bon mari. Et enfin il a reçu une biographie de Socrate. Faruk aurait préféré Mahomet, mais bon, sa mère souhaite toujours qu’il s’intègre, alors il l’a lu.

O surprise, ô délectation, notre mouton y découvre la fin tragique du grand philosophe : la ciguë !!!!

Je vous le disais, Faruk est rejeté. Enfin, pas vraiment. Mais faudrait pas qu'il s’amuse à déranger. Faire trop de bruit, prendre une douche après minuit, cuisiner avec des odeurs qu’on aime pas, ou encore, oublier de se raser. Bref, notre mouton n’a plus l’appétit de vivre. Il décide alors, contre toute attente, de boire le précieux fluide : la ciguë.

Avant passer de vie à trépas, Faruk souffrira. Potion digne du moyen âge, le mouton mutera: corbeau, rats d’égouts, même Oussama Ben Laden; le mouton décédera. Et c’est la fin de cette histoire.

Alors je vous vois venir déjà. Oui les journalistes sont tous à gauche, nous sommes des victimes, on nous veut du mal, on essaie de nous faire taire, vous bafouez la démocratie. A croire que vous êtes tous devenus socialiste.

Non Messieurs. Parlez du fond, arrêtez le coup marketing, la provocation. Je sais bien, ce n’est pas ça qui va vous faire gagner une votation, malheureusement. Oui, il y a des problèmes. Et six fois oui, vous avez le droit, digne d’une démocratie, d’exprimer vos opinions. Oui, ne faites pas comme votre ex-conseillère fédérale, qui à la question "Que comptez-vous faire contre l'islamophobie rampante", m'avait répondu: "Quelle islamophobie?".

Mais de grâce, une fois essayez de les gagner, ces élections, comme des hommes. Pas comme des mauviettes.

 

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