30/09/2010

Ainsi soit-il!

Pigeon.jpgÉditorial Radio Cité 30 septembre 2010

Les sept oublis capitaux. J'imagine que vous voyez de quoi je parle.

Nous apprenions donc hier que les funérailles de Monseigneur Genoud avaient été «oubliées» par les autorités genevoises.

 

Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'État. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits qui auraient, dans un élan communautaire de télépathie, enterré, tous ensemble, l’événement pourtant majeur en Suisse romande.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, jour des obsèques et vous obtenez son état d'esprit : "Allez Serveeeette !". Bon, pour sa défense, disons que c’est le seul représentant du gouvernement genevois qui est présent sur le réseau social. Malheur lui en a pris, le réseau social, lui ne l’aura pas oublié.

Soit.

Alors soyons clair. Que nos sept sages n’assistent pas à des funérailles ne relève pas de la faute grave, tout juste de la légère faute de goût ou de courtoisie.

Que certains croient que le Conseil d'État se soit transformé en une sorte d’escadron anti-catho brandissant le glaive de la laïcité, cela relève de la psychose. De penser qu’il vaille mieux s’afficher avec un rabbin, un imam ou un pasteur, «plus tendance», cela relève carrément de la paranoïa.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'hier et dans l’utilisation d’un glacial et hautain «plus-que-parfait», écoutez : "Le Conseil d'État indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Alors, Messieurs et Mesdames les sept victimes d’Alzheimer, on peut comprendre que vous aviez bien d’autres choses à faire, un 25 septembre. Du baby-foot, du patinage sur glace, vous engager pour un avenir durable, pester sur votre blog contre une amnistie fiscale ou profiter d’une soirée de gala, cigare à la bouche.

Mais de grâce, arrêtez de nous rouler dans la farine. Ne nous parlez pas d'oubli. Et dites-le franchement: Monseigneur Genoud, qui?

Et ainsi soit-il!

 

29/09/2010

Les 7 oublis capitaux

n746288132_739291_6363.jpg29 septembre 2010, 17 : 21

Nous apprenons donc que les funérailles de Monseigneur Genoud ont été oubliées par les autorités genevoises. Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'Etat. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, vous obtenez son état d'esprit (je cite): "Allez Serveeeette !"

Soit.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'aujourd'hui: "Le Conseil d’Etat indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Mais de grâce, ne me parlez pas d'oubli. Et dites-le: Monseigneur Genoud qui?

Ainsi soit-il!

Pourquoi elle, pourquoi lui, pourquoi ça et les autres pourquoi pas

Chateau.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 29 septembre 2010

Il y plusieurs façons de voir le monde.

Le noir. Le blanc. Le gris pour les moins manichéens. Enfin, la HD, haute-définition: 4 294 967 296 couleurs.

Le problème à voir le monde en HD, ou alors en 16 millimètres, ou encore en relief, c’est que le monde devient subitement, tout à coup un océan de subtilités et de nuances. Le problème à voir le monde en nuances, c’est que tout est moins limpide, moins simple. Et le problème à voir le monde plus complexe qu’il ne l’est pas, c’est qu’au final, on finit par ne plus être sûr de rien.

Les hommes politiques et les séducteurs invétérés l’ont bien compris. Un message clair, une idée, un slogan, voire un mot. La réduction ou la vulgarisation ne fait plus peur tant qu’elle permet d’être élu ou de coucher, de gagner des voix ou d’effleurer un bras, ou pour les plus désespérés, que l’on parle d’eux.

Le problème avec les couleurs, c’est qu’on s’y noie. On ne lance pas d’arc-en-ciel avec une arme. On envoie une balle. On n’incise pas avec des peut-être. On taille.

Je lance le défi. Passez une soirée à douter. Passez une soirée à n’être sûr de rien. Passez une soirée à vous excuser : désolé, mais je ne suis pas assez renseigné sur le conflit israélo-palestinien. Passez une soirée à clamer que vous n’avez aucune idée du nombre de frontaliers travaillant à Genève, du salaire moyen en Suisse version 2010, si le Ziban est toujours prescrit pour arrêter de fumer, ou encore si le Château Pipeau 96 est meilleur que le 97. Passez une soirée à douter. Vous ne brillerez peut-être pas en société. Mais vous n’aurez jamais à vous dire : quel crétin je fus.

Voir le monde en technicolor, est un exercice assez périlleux. Au final, vous risquez de ne parler de rien, terrorisé par l’erreur, angoissé par la faute, épouvanté à l’idée que rien n’est vrai, et que la fameuse ligne de démarcation entre une certitude et l’imposture… n’est qu’un vague bateau ivre, piloté par un capitaine qui l’est tout autant.

La certitude est un coussin moelleux rassurant. Vous le savez, on le sait.

Alors oui. On peut se mentir, leur mentir, être certain, être sûr, ne jamais émettre l’idée que ceux qu’on aime, au mieux, ne nous aimerons plus, au pire, disparaitrons. On pourra toujours croire que 1 + 1 = 2 … ou 3 pour les plus idéalistes.

On aimerait nous aussi, voir le monde autrement qu’en noir, qu’en blanc, qu’en gris, qu’en gris nuancé. On aimerait, nous aussi, tout comprendre. Pourquoi elle, pourquoi lui, pourquoi ça et les autres pourquoi pas. Mais on ne lance pas d’arc-en-ciel avec une arme. On envoie une balle.

On n’incise pas avec des peut-être. On taille. C’est plus simple. Mais c’est faux.

Pourquoi elle, pourquoi lui, pourquoi ça et les autres pourquoi pas…

 

 

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28/09/2010

35°5 l'après-midi

Games.jpg28 septembre, 16 : 32

Au lieu de déposer des plaintes, pourriez-vous?

petit a) faire de la politique.

petit b) accepter les critiques, les insultes, les coups bas et autres quolibets.

petit c) arrêter les jérémiades.

La politique se fait dans l'arène, pas dans la cour.

 

 

L'avocation

Verlaine.jpgÉditorial Radio Cité 28 septembre 2010

Daniel Zappelli. Ou Daniel Zappelli. (prononcé à l’italienne) puisque vous n’êtes pas sans savoir que notre sérénissime procureur de la République de Genève, est d’origine italienne par son père.

Je vous entends déjà, amis xénophobes. Point de tressaillement! Nul besoin de s’affoler ici ni de brandir la menace d’une invasion d’hirondelles ou de piaffes, puisque notre excellence est aussi suisse que l’est Valérie Garbani. Le premier originaire de Noville dans le canton de Vaud, la seconde d’une petite ville du Tessin.

Tous les deux sont avocats. Tous les deux résident désormais à Genève. Le couple aurait pu se former, si ce n’était les quelques détails qui les séparent : l’un est radical, parti politique en voie d’extinction, l’autre socialiste, parti également en voie d’extinction au Conseil Fédéral. D’autre part, le Roi adore les Penne à rien, la Reine les Penne à la vodka.

Ne souhaitant pas être accusé de crime de lèse-majesté, appelé aujourd’hui « offense au chef de l’Etat », comme un « Ah non touche moi pas, tu me salis », je resterai donc de bonne foi, ayant bien trop peur d’une réplique cinglante de type : « casse-toi pauvre con ».

Je resterai donc de bonne foi, rappelant au passage que notre souverain n’a de yeux que pour une seule femme, la sienne. Une femme à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, notre valeureux justicier n’aura pas hésité à pourchasser de vils scélérats dans les rues de Barcelone qui avaient tenté de pénétrer… le véhicule familial. Au final, notre héros les aura rattrapé. Hop, pas même essoufflé, ni même une seule petite égratignure ni de clavicule cassé. Direction case prison.

Je resterai donc de bonne foi, puisque comme moi, Notre éminence la possède aussi : la foi. Preuve à l’appui, votre Honneur, le 11 avril 2002, Daniel Zappelli répondait à un journaliste du Courrier, preuve que sa Magnificence n’en a cure des querelles de chapelles ou d’appartenance politique.

A la question : qu’est-ce qui vous pousse à briguer la place de procureur général? Alors juge au tribunal de première instance, Daniel Zappelli délivrera ces mots : la vocation.

C’est la larme à l’œil que je relis aujourd’hui la biographie de notre Excellence, paru aux éditions Labor et Fides (? protestant?), ouvrage relié et papier grammé, et presque autant de pages que l'incomestible roman de la BCGE.

C’est en toute bonne foi, en mon âme et conscience que je n’évoquerais pas les attaques à hauteur de caniveau dont notre Président est victime.

C’est en toute bonne foi, que chaque soir, le cierge brûlera pour que cette ingrate taupe du palais de justice soit écartelée vivante, pour avoir divulgué d’horribles photos d’une arrestation d’un honnête homme.

Enfin c’est en toute bonne foi que les Pater Noster, les Angelus et autres «je vous salue Marie» seront récités quotidiennement pour que cesse enfin le harcèlement dont il êtes victime.

«Un procureur averti, en vaut deux» disait l’adage.

L'avertissement étant passé, Votre serviteur peut s'en aller.

 

Au vent mauvais

qui m'emporte
deçà,delà

pareil à la feuille morte.

 

27/09/2010

Ce n'est plus une roquade, mais de la roquette.

small_24667.jpg27 septembre 2010, 12 : 37

Départements fédéraux - Grande rocade: quatre départements changent de mains

Doris Leuthard reprend le DETEC (anciennement Moritz Leuenberger). Eveline Widmer-Schlumpf les finances (Hans-Rudolf Merz). Simonetta Sommaruga dirigera justice et police (Eveline Widmer-Schlumpf) alors que Johann Schneider-Ammann hérite du département de l'économie (Doris Leuthard). Eveline Widmer-Schlumpf les finances.

 

 

 

Petit a) Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Petit b) Les socialistes n'avaient-ils pas revendiqué le DETEC?

Petit c) Ouch! aurait pu dire Germaine la reine des Gorgs.

 

Entrez dans la danse.... les soucis n'ont plus de chance. La musique commence, ça c'est Fraggle Rock.

Le jeu de la politique, si j'ai bien compris.

 

A choisir: le con ou le bien-pensant?

marchand de lait en hp bis.jpg27 septembre 2010, 12 : 16

Un chiffre : 53,4 %. Plus qu’un chiffre, c’est une scission, nous disent les commentateurs. D’un côté : les alémaniques, les bourbines, les suisses-toto. Une structure neuronale simplifiée, un amour inconditionnel de l’ordre et un traditionalisme sclérosé.

De l’autre: les romands, beaucoup plus intelligents, un fort sens de la solidarité et une aversion certaine pour les röstis, les chemises à carreau et les socquettes blanches dans des birkenstock. Sempiternel sujet de discorde, on l’aura bien saisi.

Ce qu’on oublie parfois. C’est que le peuple est souverain, et que quoi qu’on en dise, il a le dernier mot. Ce qu’on oublie parfois, c’est que l’électorat de droite, lui, va voter. Affirmer que le peuple est souverain n’implique pas, ni qu’il ait raison (et d’ailleurs, qui a raison ?), n’implique pas non plus qu’il ne faille pas s’offusquer de ses choix. Pourtant plus irritantes encore qu’un vote, une décision, un choix, ce sont les réactions suscitées à l’issue d’un scrutin.

Du côté de la population, certains appellent à l’indépendance de la romandie, considèrent le suisse allemand au mieux comme un demeuré, au pire comme un facho, enfin, du côté des élites politiciennes: décryptages, analyses, parfois excuses, voire même honte.

En vouloir à la population serait de mauvais goût. Au final, elle a le droit de s’exprimer, de manifester son désaccord le plus profond, voire même de faire appel à un champ lexical digne d’une période sombre du 20 ème siècle. La démocratie, c’est aussi ça. Par contre, on peut être beaucoup plus sévère quant aux propos de certains politiciens, de quelques journalistes, et d’un humoriste.

Hier, on a pu entendre cet incroyable imitateur fournisseur officiel de rire de Suisse romande, cracher son venin sur l’UDC. Yann Lambiel tirait encore à boulets rouges sur le parti agrarien en qualifiant ses membres « d’intolérants racistes nazillons ».

L’humoriste dégoulinant bien-pensant devrait plutôt prendre des cours d’histoire, et se rappeler au passage, que presque 30% des suisses ont voté UDC aux dernières élections fédérales de 2007. On ne peut pas décemment traiter un suisse sur trois d’intolérant raciste nazillon.

La même analogie peut être tirée avec le MCG à Genève. Le onze octobre 2009, le parti gagnait 17 sièges au Grand Conseil. On s’en rappelle le soir même, les autres partis avaient la gueule de bois. Certains parlaient de honte, d’autres s’excusaient de ne pas avoir su écouter les genevois. Une année plus tard, on a toujours des politiciens qui prennent Stauffer pour un bouffon. Ils ont tort. C’est un symptôme.

La Suisse est une démocratie. Ici, un citoyen peut retarder la réalisation du CEVA, proposer la réintroduction de la peine de morts, interdire la construction des minarets ou encore empêcher un religieux de se promener cul nu en soutane dans les rues de Genève. Ici, le citoyen peut renvoyer les étrangers criminels, alors qu’en France, c’est le gouvernement qui se charge de renvoyer ses roms.

C’est là toute la beauté et les faiblesses du système suisse. Un système qui offre des libertés, offre toujours la liberté d’en abuser. Ce qu’on oublie parfois. C’est que le peuple est souverain, et que quoi qu’on en dise, il a le dernier mot.


A choisir, je préfère les chemins de travers et les sans-issues, aux autoroutes et autres ballades touristiques en car. A choisir, je préfère «un con», un paysan uranais, ou encore un demeuré à un bien-pensant de bon goût.

 

 

 

23/09/2010

La Nausée

the-many-looks-of-the-zombie-20081031080626804-000.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 23 septembre 2010

La Nausée, ou comment à force d'observer une racine, on ne sait plus la nommer.

C’est l’histoire d’Antoine Roquentin, un petit intello, clerc de notaire trentenaire dans une petite ville de France. C’est le personnage principal d’un petit roman. Huit petites années auront accouchées de l’un des textes les plus mineurs de Jean-Paul Sartre : la Nausée.

Alors postulons qu’Antoine Roquentin, lui aussi aurait pu être victime de cette répulsion aujourd’hui en observant « l’actualité ». Ce que nous appellons « l’actualité », ce que les anglophones appellent des « news », ou pire encore des « breaking news » suscitent parfois, voire souvent l’écœurement.

L’actualité s’est pourtant toujours faite appelée « actualité ». Or, à l’époque, les distances n’étaient pas les mêmes. A l’époque, les moyens de communication n’étaient pas les mêmes, et enfin à l’époque, le temps ne semblait pas s’écouler à la même vitesse…un peu comme si Dieu s’était amusé à piper les sabliers.

Hier, l’actualité était à Berne. On élisait un nouveau Conseil Fédéral.

08h53 : les journalistes couraient dans tous les sens, à faire passer Delarue pour un Gainsbourg. Mâchoires serrées, il fallait recueillir les réactions des politiciens, écrire des textes, produire des mots, expulser des sons.

09h29 : la dépêche BSF 044 de l’agence télégraphique suisse tombe : Monseigneur Genoud est décédé.

Vite, qui connaît quelqu’un qui connait quelqu’un qui eusse fréquenté l’évêque ?

10h18 : Simonetta est élue Conseillère fédérale avec 159 voix.

11h20 : Fin du deuxième tour de la deuxième élection. Brigit Wyss ne sera pas Conseillère Fédérale.

Les mâchoires ne sont toujours pas desserrées. Fichtre, quelqu’un a-t-il vu passé Ueli Leuenberger, le président des Verts ?

12h07 : Schneider-Ammann est élu. Ouf, le temps de se rappeler que le reste du monde a continué à effectuer sa petite rotation.

On apprend, 12h15 que Delarue veut guérir et revenir. Ca nous fait une belle jambe. 12h23 : Eric Stauffer prend l’ex-président-avocat de l’UDC Soli Pardo pour défendre ses intérêts. Beau mollet aussi.

Mais où va donc le monde ?

Justement, le monde: 14h38, 4000 plaintes sont déposées pour des fraudes électorales en Afghanistan… A Genève, Globus inaugure une deuxième succursale, onze personnes décèdent au nord-ouest de l’Iran, et un consommateur de vins sur deux est une femme. Un baril de pétrole coûte 78 $ 69 à la bourse de New-York et Paris Hilton est refusée d’entrée du territoire japonais.

Aujourd’hui, il est 7H55, nous sommes le jeudi 23 septembre. Antoine Roquentin a desserré sa mâchoire, Bernard Genoud n’est plus.

On aimerait parfois éteindre sa télévision, couper sa radio (enfin à éviter, sinon faute de n’avoir plus de travail, les journalistes auront les mâchoires encore plus serrées), on aimerait ne plus consulter un seul journal.

On aimerait parfois… Tout mais plus lentement. Plus de profondeur, plus de goût, de distance, de recul et de saveur.

Un jour, le petit Benjamin, 10 ans seulement, m' a demandé: "à quoi ça sert de savoir des trucs qu’on peut rien faire pour les changer?".

(silence)

La Nausée, ou comment à force d'observer une actualité, on ne sait plus la nommer.

 

 

 

 

 

 

21/09/2010

La Belle et la Bête.

belle-et-la-bete.table.jpgÉditorial Radio Cité, 21 septembre 2010

La Belle et la Bête.

La Belle a un nom : Eric Stauffer. Un personnage. Un caractère. Une personnalité. Un trublion pour les médias, faute d’avoir un vocabulaire riche et extensif, un acteur de série B diront ses détracteurs, ou Z, diront ses ennemis, et ils sont nombreux. Parce qu’Eric Stauffer est urticant, et résistant. Même les doses répétées de Zyrtec© n’auront pas suffi à soigner la plaie. La Bête a pourtant usé de sa langue pour se panser, rien n’y fait. La Bête a appelé au Diable, le diable s’est tu. Et a fini par ricaner, un onze octobre 2009.

Jour funeste pour certains, jour de gloire et de lumière pour d’autres. La Belle et ses fidèles sbires n’étaient plus populistes, mais la deuxième force politique du canton.

La Bête s’est alors remise en question.Mes oreilles n’ont-elles pas entendues la grogne populaire ? Mes yeux n’ont-ils pas su voir au-delà de la rive gauche ? Ma langue n’a-t-elle pas su parler d’insécurité ? Enfin, mon nez a-t-il été abusé par l’odeur de la racaille ?

Ne restait à la pauvre Bête que de petites mains, dans un corps tout étriqué. Voulant essuyer ses larmes, elle vit que ses appendices étaient ensanglantés. « On ne se bat pas avec des griffes mal aiguisés », susurra le Diable. Il rajouta : « et l’on ne se saisit pas d’une épée, lorsque les chairs sont ouvertes ».

Drôle de gueule de bois pour l’animal malade. La Belle, elle, ricanait dans son coin. Elle pouvait enfin expulser un : « Nous avons dit, ils nous ont crus ». Les électeurs, bien sûr.

Dans un réveil catatonique, la bête a relevé la tête. Victime d’hypersalivation, elle a avoué comprendre « le message des genevois ». La sécurité, un problème ? Nous vous envoyons notre meilleur élément. Isabel. Les transports, un sacerdoce ? Nous vous envoyons notre meilleur candidat. Michelle. Nom féminin. Pour le reste, le peuple a toujours raison. Il avait choisi de réélire tous les candidats sortants.

La Belle continua à pavoiser. Avec ou sans flingue, avec ou sans permis de conduire, avec ou sans plainte, elle traça sa route.La Belle aime plaire, séduire, surprendre. Se surprendre parfois elle-même dans un acte d’auto-érotisme à se caresser la main ou le visage. La Belle aime son reflet, son écusson d’aigle sur le col de sa canadienne, ses santiags poussiéreuses. La Belle aime également tutoyer le journaliste, parce que elle, sait que la communication est le nerf de la guerre. La Bête, elle, continue à vociférer, à crier au loup. Mais le loup, c’est le Diable et le Diable s’est tu.

La Belle, elle… rêve humide d’adolescente, aspire toujours à être une Bête. Et plus qu’aiguiser ses griffes, plus que de lécher ses plaies, plus que manier l’épée, la Belle devra un jour… peut-être … gouverner.

Allez, soyez sérieuse Mademoiselle la Belle. Conservez votre virginité, de grâce restez pucelle. Soufflez sur la braise mais n’aspirez qu’aux cendres. Vous êtes tellement meilleure dans l’opposition.

 


 

 

20/09/2010

On peut s’en foutre ou pas.

Thus_Spoke_Zarathustra_Friedrich_Nietzsche_compact_discs_Naxos.jpg20 septembre 2010, 16:34

(« Avoir mal » à remplacer par « le pouvoir »). Le présent sens du texte en sera modifié.

Avoir mal. On ne s’en lasse pas, parce que ça brûle. Parce que ça fait mal. Héritage judéo-chrétien, qu’en sais-je ?

Et si certains disent qu’ils aiment souffrir, ils se trompent. Ils aiment se sentir vivants ou exister c’est selon. La nuance est de taille. Leur sensibilité est-elle à fleur de peau ? Probablement. Malheureusement, ils ont su s’y cacher derrière. Lâcheté ? Oui.

Le sensible n’est pas dupe.

Avoir l’impression de courir avec des prothèses. On pourra toujours prétexter. La réalité, crue, effrait.

N’y a-t-il pas pire maîtresse que l’alcool, l’amour, l’héroïne, les drogues synthétiques, l’illusion, la peur de l’échec ? Qu’en sais-je. L’addiction est plus forte.

Un but, une cible, une target, pire encore, un sens. Remplir l’amphore, coûte que coûte. Que tout cela ne serve à rien est imbuvable, autant avaler d’une traite tout de suite la ciguë. Alors certains crieront certainement : pauvre lamentin cyclothymique. Ils auront raison. Cent fois.

On peut s’en foutre ou pas. Rêve d’en rencontrer un. Un vrai. Un nihiliste pur souche, le dépressif n’étant pas comptabilisé.

On peut s’en foutre ou pas.

 

 

 

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La valse des plaintes

Derviche.jpg20 septembre 2010, 09 : 53

 

Genève ou la valse des plaintes. Et une plainte, une!

 

«Et une plainte pénale pour Monsieur Mettan. Je vous avais mis en garde. Vos propos sont mensongers. J'annonce ce matin que je dépose une plainte pénale à votre encontre». Le propos est signé le président du MCG, Eric Stauffer.

Invité ce matin dans le 7-9 de Radio Cité pour évoquer la plainte déposée par Thierry Cerutti à l'encontre des municipaux de Vernier pour violation du secret de fonction, Eric Stauffer n'a pas apprécié les propos de Guy Mettan, le président du Grand Conseil genevois l'accusant d'être «le spécialiste de la violation du secret de fonction».


«Je confirme que je déposerai plainte!» dixit Eric Stauffer en direct sur les ondes de la radio genevoise.

Et à réécouter ici.

podcast

 

Sur nos monts, quand le soleil.

Church2.jpgÉditorial Radio Cité, 20 septembre 2010


Éditorial en musique, et au son de bouteilles de fendant et de cardinal.


© Anne-Laure Martin


podcast


Semaine d’élection fédérale oblige, et bien que cette élection ne passionne guère que les médias et les politiciens, nous nous sommes engagés personnellement, cœurs et âmes, auprès de Billag et de l’Office Fédéral de la Communication, dans la diffusion quotidienne, de cette divine mélopée, espérant au passage, grappiller quelques miettes de ces 67 millions.

Vous n’êtes pas sans savoir que l’hymne national suisse est un cantique. Du latin ‘Canticum’, chant biblique, un cantique est donc une hymne dédiée à la louange d’un sentiment religieux. L’hymne nationale Suisse, et si j’ai saisi avec exactitude la définition de la laïcité, l’hymne nationale helvète n’est donc pas une hymne laïque.

Soit.

Dans son édition du 15 septembre, Charles-André Aymon, rédacteur en chef du GHI, prend pour définition de la laïcité je cite : ‘l’indépendance d’esprit’. En clair pour le dandy rédacteur : les bigots, les fidèles, les croyants, les bondieusards, les culs-bénits et autres rats d’église ne sont donc pas indépendants d’esprit. Les propos n’auront pas suscité de tollé. A en croire le leitmotiv du canard : «le journal le plus lu à Genève » : soit ses lecteurs sont décérébrés ou analphabètes, soit ils sont tous laïques, soit on nous ment et le GHI n’est autre que le journal « le plus distribué à Genève ». Mais bref, là n’est pas notre propos aujourd’hui.

Revenons à notre « SchweizerPsalm ».

Vous n’êtes pas sans savoir non plus, que grâce ou à cause d’Ada Marra, Conseillère aux Etats socialiste d’origine italienne, « Sur nos monts quand le soleil » a retenti à l’ouverture des sessions d’automne du parlement.

On aurait envie de crier, ici, à la sur-intégration. Phénomène bien connu, également à Genève : des personnes naturalisées plus Suisse que les Suisses eux-mêmes : drapeau suisse sur le balcon, écusson genevois sur le revers de la veste, Schublig et soupe le premier août, pas question de rater un match de Federer, et enfin ultime suissitude, voter pour le renvoi des Étrangers Criminels. J’en conviens, cette remarque est déplacée, elle insinue insidieusement qu’il existe de vrais Suisses et des… Suisses, tout court. Un peu comme en France. Où il y a des « vrais français » qui peuvent, eux, tirer sur les gendarmes, d’autres qui ne peuvent pas. Soyez rassurez, auditeurs... vraiment français, un peu français, ou fraîchement français : sur le terrain de la polygamie, tout le monde est égal.

Alors en clair, il y a des vrais suisses pas assez suisse, des faux suisses qui le sont trop, des croyants sans indépendance d’esprit… des nigauds quoi.... des parlementaires qui chantent « des grands monts vient le secours, Suisse espère en Dieu toujours ! ».
D’autres suisses munis d’un sombrero, mais en tout petit, qui arrêtent de manger, de boire pendant une journée… tout ça pour se faire pardonner, certains arrêtent même un mois, sauf que eux, ils ont le droit de coucher, d’autres vendraient leur mère pour se rendre à la Foire du Valais, on espère le même engouement à la Foire de Genève, ah non les automnales, enfin certains parjurent toute la journée avec des gutturaux « de bleu de bleu ».


Élection au Conseil Fédéral oblige, 67 million obligent, je serai bien-pensant dégoulinant aujourd’hui, et rajouterai: Vive la Suisse!


podcast

19/09/2010

Devrais mais n'arrive pas

dead-end-467x300.jpg19 septembre, 00 : 40


Devrais écrire sur le premier mariage fécondé par la télé-réalité.

Devrais une fois s’intéresser au sport.

Devrais essayer de s’intéresser à Karin, Simonetta, Johan, Brigit, Jacqueline, et le courageux Jean-François.

Devrais une fois assister aux séances de la Constituante.

Devrais une fois écouter ses amis qui déclarent : « la politique n’intéresse que les journalistes, les politiciens, les banquiers et les avocats ».

Devrais apprendre une fois par cœur les paroles de l’hymne national.

Devrais réécouter Jimi.

Devrais cesser de ne pas répondre aux sms, aux appels des gens que je n’ai pas envie d’entendre.

Devrais apprécier le cirque traditionnel.

Devrais faire le CRFJ.

Devrais cesser de penser que c’est toujours la faute aux autres.

Devrais se rendre compte que le week-end, l’actualité s’arrête, le sport, non.

Devrais trouver génialement génialissime que les artistes s’engagent, même sur des sujets dont ils n’ont rien à faire.

Devrais ne plus s’énerver sur les soirées « expat » de Genève.

Devrais penser à acheter du lait, parce que le café noir, c’est bon pour les puristes.

Devrais comprendre que le cigare, ça fait chic.

Devrais apprendre à aimer Ruquier. Devrais aussi s’acheter une télévision.

Devrais changer de cépage, et d’assemblage.

Devrais cesser d’abhorrer les femmes qui parlent de l’âge de leur(s) enfant(s) en nombre de semaine.

Devrais admettre que ses amis mariés ne peuvent être vus qu’une fois tous les trois mois.

Devrais concevoir que l’on puisse passer sa vie avec quelqu’un « qu’on aime bien ».

Devrais admettre qu’à la nuit des Bains, il n’y a pas que des bobos et des escort-girls.

Devrais concevoir qu’on peut coucher sans réussir.

Devrais aussi concevoir que l’on peut réussir en couchant.

Devrais réussir à concevoir.

Devrais réussir à.

Devrais réussir.

Devrais.

Mais n’arrive pas.

 

 

16/09/2010

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger

IMG_0033 - Botero - El estudio.jpg16 septembre 2010,

Éditorial à la façon Marc B.

Hier, nous accueillions dans notre studio Hani Ramadan. Aujourd’hui place à Marc Bonnant. Hormis la consonance, tous les séparent. Et surtout les femmes. L’un les charme, l’autre les dissuade.

Aujourd’hui donc, et je me dois de corriger sur le champ mon erreur, nous accueillons Maître Marc Bonnant.

Oui les avocats, les notaires, les enseignants ou encore les adeptes du latex, du fouet, et des brûlures de cire et autres colliers de canidés, portent tous et avec confusion le titre honorable mentionné précédemment.

Maître Marc Bonnant nous fait donc le délicieux plaisir d’affronter l’épreuve éprouvante qu’est le Grand Entretien d’Alexandra Cohen. Insinuer que celle-ci, a déjà succombé au charme du sexagénaire ?

Objection, votre Honneur!, répliquera l’avocat. La petite Alexandra, a eu une «enfance calamiteuse». «Un père ivrogne, la banlieue, la cage d'escalier, la drogue. Les tournantes, dont elle est victime». «Pas d'école - ou avec des enseignants de gauche» conclura le tessinois de naissance dans un plaidoyer apoplexique.

Soit. Mon plaidoyer se déroule en deux actes.

Premièrement, pour ma défense, je dirais du dit-avocat, et en bon genevois, que ce n’est qu’une grande gueule. Mais quelle gueule, soit, je le concède. Mais ce que vous ne savez pas, c’est que ce fils de diplomates a toujours préféré l’oral à l’écrit. Et pour preuve, l’homme de droit, et dans le dessein de suivre le mouvement technologique, probablement effrayé à l’idée de rester sur le quai de la gare, porte-cigarette à la bouche, l’homme de droit a ouvert son propre blog, en toute modestie: MarcBonnant.com.

Seulement, Maître, a cessé d’écrire le 7 février 2009, date funeste qui coïncide avec la fin de la journée mondiale sans téléphone portable. Apathie mandibulaire, ou caprice d’enfant qui jette son cadeau de Noël… à Nouvel-An, nous ne le saurons pas.

Deuxième acte, même si l’homme avoue, déclare, déclame, expulse sa fidélité de l’athéisme aux médias, on ne saurait le croire. Il aime ou abhorre trop... Dieu pour pouvoir s’en passer.

Et pour preuve, alors qu’on croyait l’avocat définitivement atteint de paresthésie des membres supérieurs, il fit réapparition dimanche dernier, dans les colonnes d’un hebdomadaire célèbre: le Matin Dimanche, page 17. Hallelujah, Jésus revient.

Et là. C’est la rechute. L’addiction était trop forte, la dose avait manqué, et le manque a triomphé.

L’athéiste militant craque. Le champ lexical bascule: "Le diable, le protestant genevois, le sacrifice, la promesse de l’aube, et enfin la tradition catholique".

Les cathos inondent le cathéter!

Ça y est, Maître Marc Bonnant a replongé.

 

 

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger, Maître. En est la preuve, ce présent papier indigeste.

 

15/09/2010

Hani Ramadan: la polémique, un sport que l'on pratique en famille

rolling-stones.jpg15 septembre, 16:49

Monsieur Ramadan, ce matin sur nos ondes, vous avez été ambigu. Flou. Votre champ lexical est effrayant.

"Pratiquement impossible". "Quasiment impossible".

Il y a des sujets qui n'autorisent pas l'ambiguïté. Il y a des sujets qui n'autorisent pas l'emploi du conditionnel.

Celui-là précisément.

 

H.R.: "Il faut être précis lorsque l'on parle de la lapidation" (...) "Une peine prévue dans le droit musulman, (...) ces lois sont reconnus" (...) "il est pratiquement impossible d'appliquer cette peine".

Vous ne condamnez pas la lapidation aujourd'hui? H.R. : "Votre question n'est pas sensée".

"C'est quasiment impossible à appliquer".

J'aimerais tellement pouvoir vous comprendre. Ne serait-ce qu'une fois.

Je pourrais presque en arriver à préférer que vous y soyez favorable.

 



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