21/09/2010

La Belle et la Bête.

belle-et-la-bete.table.jpgÉditorial Radio Cité, 21 septembre 2010

La Belle et la Bête.

La Belle a un nom : Eric Stauffer. Un personnage. Un caractère. Une personnalité. Un trublion pour les médias, faute d’avoir un vocabulaire riche et extensif, un acteur de série B diront ses détracteurs, ou Z, diront ses ennemis, et ils sont nombreux. Parce qu’Eric Stauffer est urticant, et résistant. Même les doses répétées de Zyrtec© n’auront pas suffi à soigner la plaie. La Bête a pourtant usé de sa langue pour se panser, rien n’y fait. La Bête a appelé au Diable, le diable s’est tu. Et a fini par ricaner, un onze octobre 2009.

Jour funeste pour certains, jour de gloire et de lumière pour d’autres. La Belle et ses fidèles sbires n’étaient plus populistes, mais la deuxième force politique du canton.

La Bête s’est alors remise en question.Mes oreilles n’ont-elles pas entendues la grogne populaire ? Mes yeux n’ont-ils pas su voir au-delà de la rive gauche ? Ma langue n’a-t-elle pas su parler d’insécurité ? Enfin, mon nez a-t-il été abusé par l’odeur de la racaille ?

Ne restait à la pauvre Bête que de petites mains, dans un corps tout étriqué. Voulant essuyer ses larmes, elle vit que ses appendices étaient ensanglantés. « On ne se bat pas avec des griffes mal aiguisés », susurra le Diable. Il rajouta : « et l’on ne se saisit pas d’une épée, lorsque les chairs sont ouvertes ».

Drôle de gueule de bois pour l’animal malade. La Belle, elle, ricanait dans son coin. Elle pouvait enfin expulser un : « Nous avons dit, ils nous ont crus ». Les électeurs, bien sûr.

Dans un réveil catatonique, la bête a relevé la tête. Victime d’hypersalivation, elle a avoué comprendre « le message des genevois ». La sécurité, un problème ? Nous vous envoyons notre meilleur élément. Isabel. Les transports, un sacerdoce ? Nous vous envoyons notre meilleur candidat. Michelle. Nom féminin. Pour le reste, le peuple a toujours raison. Il avait choisi de réélire tous les candidats sortants.

La Belle continua à pavoiser. Avec ou sans flingue, avec ou sans permis de conduire, avec ou sans plainte, elle traça sa route.La Belle aime plaire, séduire, surprendre. Se surprendre parfois elle-même dans un acte d’auto-érotisme à se caresser la main ou le visage. La Belle aime son reflet, son écusson d’aigle sur le col de sa canadienne, ses santiags poussiéreuses. La Belle aime également tutoyer le journaliste, parce que elle, sait que la communication est le nerf de la guerre. La Bête, elle, continue à vociférer, à crier au loup. Mais le loup, c’est le Diable et le Diable s’est tu.

La Belle, elle… rêve humide d’adolescente, aspire toujours à être une Bête. Et plus qu’aiguiser ses griffes, plus que de lécher ses plaies, plus que manier l’épée, la Belle devra un jour… peut-être … gouverner.

Allez, soyez sérieuse Mademoiselle la Belle. Conservez votre virginité, de grâce restez pucelle. Soufflez sur la braise mais n’aspirez qu’aux cendres. Vous êtes tellement meilleure dans l’opposition.

 


 

 

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