07/09/2010

546

256px-Duerer-apocalypse.pngEditorial Radio Cité Genève 07 septembre 2010

546

Le couperet est tombé hier. Genève toujours incapable de construire.

L’office cantonal de la statistique révèle que durant les six premiers mois de l’année, 546 logements ont été construits, dont une centaine de villas. Partant du principe, qu’en s’endettant un peu ou en travaillant au noir, même les couches sociales les plus basses auront, elles aussi, accès à la propriété, nous garderons donc en toute bonne foi, le chiffre 546 comme valeur de référence.

Ce qui est particulièrement amusant, comme un tour de manège, délicieux comme une allumette que l’on craque dans la nuit, ou jouissif comme un artiste de cirque qui rate son trapèze, c’est que le sujet revient cycliquement sur la table ou sous les presses des rotatives.

Mieux encore, les réactions se font toujours vives, les opinions… tranchées, à défaut d’en construire.

« Blocage, blocage, et encore blocage », expulsera dans une logorrhée expiatoire un candidat à la mairie de Genève. Un candidat qui aura fait de ce slogan, son leitmotiv de campagne. Comme dirait ma mère «les mots ne remplaceront jamais les actes »… elle avait rajouté ”malheureusement les électeurs ont la mémoire courte”. D’autres réactions sont catégoriques. Pour les uns, c’est la faute aux gauchos socialos incompétents, pour les autres, Mark Muller, en charge du département des constructions a promis, et il a menti. Enfin pour les derniers, ce sont les Verts, ces militants baba-écolo-soixantes-huitards qui bloquent tout.

Le 7 juin dernier, Pascal Décaillet, pamphlettait sur son blog contre le programme de législature du Conseil d’Etat. Qualifié de catalogue Veillon, Redoute ou d’annuaire téléphonique, l’éminent journaliste, citait, de tête svp, Pierre Mendès France : « Gouverner, c’est choisir ». Il conclura par «si le Conseil d’Etat ne choisit pas, alors gouverne-t-il ? »

Alors oui, notre pamphlétaire a raison : le programme de législature 2010-2014, intitulé avec fourberie « donner un cap » n’était qu’une longue liste plate de beaux idéaux.

Alors oui, notre candidat orange-rouge-vert-bleu a raison : les blocages, les recours sont une plaie. Une plaie dont notre démocratie a pourtant besoin, pour qu’elle reste ce qu’elle est.

Alors oui, le Conseil d’Etat a promis. A défaut de mentir, le gouvernement n’aura pas tenu promesse.

Reste l’insoluble question : la faute à qui ?

Par pitié, ami électeur de gauche, de droite, du centre, des extrêmes, ou apolitique voire nihiliste... de grâce faites mentir ma mère. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent. Vous.

Et retenez en 2013 ce chiffre. 546

 

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