30/08/2010

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse

 

polygraph.jpgEditorial Radio Cité, 30 août 2010

Le nom reste, la radio change.

On appelle ça, un slogan. Une accroche, une formule, une publicité, ou pour les plus anciens et ils nous écoutent: une réclame. Rappelez-vous! Rivella dans les années 60, avec ce fantastique: la vie joyeuse donne soif. Aujourd’hui, les anciens sont au pouvoir, certains à Berne, d’autres dans de misérables petites maisons... de maître à Bardonnex, ou à Cologny selon s’ils ont fait leur coming-out.

Alors qu’est-ce qu’un slogan? Un slogan, c'est une formule brève et frappante... cinglante dira-t-on. Comme «Faisons Genève» ou «Genève un monde en soi». En tous les cas, «Le nom reste, la radio change», c'est la nouvelle formule de cette radio.

But de la manœuvre: vendre. Oui vendre. Corollaire, faire acheter.

Comme faire acheter un grille-pain, une crème amincissante testée sur au moins 12 cobayes totalement impartiaux, et non rémunérées par la marque.

Comme vendre une voiture aux hommes, h minuscule et c’est bien porté, et vous faire croire qu'avec elle, c'est une nouvelle relation qui débute: la liberté, les grands espaces, la virilité au bout du chemin, et de vous rappeler au passage, que la femme en haut-talons et délicat rouge à lèvre qui vous regarde de ses yeux gorgées d'amour, ne sera définitivement pas livrée avec le dit-véhicule.

Vendre. Vendre du mascara qui ne fait pas de gros tas, du détartrant qui ne détartre rien ou encore une marque de lessives ou produit nettoyant; pour vous, Mesdames puisque de mémoire de téléspectateur, on n'aura jamais vu un mâle faire le ménage.

Vendre, vendre du rêve, vendre des chimères, vendre du sable ou du vent, vendre tout court, et à n'importe quel prix.

Par exemple, deux semaines pour débarrasser les mendiants et autres dealers des rues de la cite, et nouvellement du Parc des Eaux-vives. Oui un certain Eric S. dont on taira le nom ici a découvert récemment la présence de dealers au parc des Eaux-Vives.Un scoop!

Mais rassurez-vous électeurs, le parti genevo-genevois s’en occupera manu-militari. Et au passage, s’il pouvait s’occuper des roms ou gens du voyage, (qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse), qu’il s’occupe des joueurs de bonneteau (place déjà prise par les libéraux), des prostitués dans les vitrines, et des méchantes pervenches d’origine douteuse. Tout ça dans un vol easy-jet, hop!

Autre exemple de slogan. 1500 nouveaux logements chaque année. Rassurez-vous, même les pauvres auront droit à leur petit nid douillet.

Ou encore 7 jours pour ramener des otages, alors que 695 seulement, (c’est les soldes!), auront suffi à ramener Max et Rachid.

Vendre, c'est souvent mentir, et ne pas mentir: souvent c'est se faire avoir.

Décodage sémantique: Radio Cité reste Radio Cité, la "substance".

La forme: nouveaux locaux, une vraie machine à café, bien sûr on l'aurait rêvé italienne, elle sera suisse. Nouveaux bureaux, nouveaux collègues, écrans de télévision géants et plats: plus sérieux et crédible dans une rédaction, nouveaux téléphones, même si Christian Levrat, président du PS suisse, ou premier secrétaire, c’est selon, continuera à nous ignorer. Quelle poisse!

Nouveau Slogan: le nom reste, la radio change. But: vendre. Vendre oui, mais quoi.

On dit de la chimère qu'elle est lion par-devant, serpent par-derrière, chèvre au milieu.

Et si vendre, c'est souvent mentir et ne pas mentir: souvent c'est se faire avoir. Alors, amis ou pas, auditeurs, autant se faire avoir, tous ensemble aujourd'hui.

 

«Tout ce que je sais des détecteurs de mensonges, c’est qu’ils donnent une sacrée frousse aux gens.» Richard Nixon

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