21/08/2010

La vacuité sémantique ou comment Sharon Tate a disparu.

pic.jpg21 août 2010

L'acouphène chronique couplé à un irréversible désir d'absorber du son, des notes, des mots, un sens; peut parfois vous pousser à allumer une radio. Le dit-médium doit être le moyen le plus efficace pour stimuler votre imagination. La presse écrite requiert des efforts, la télévision vous livre tout clef en main, vos amis ne sont pas intéressants, enfin pour peu qu'il vous en reste.

L'acouphène chronique marié à un désagréable sentiment d'angoisse existentiel récurrent vous pousse, lui-aussi à allumer votre "poste de radio", terme employé avant que l'ère numérique ne vous prive de ce geste fastidieux mais délicieux, que fût de tourner un bouton pour tomber sur la bonne longueur d'onde.

France Culture a produit cette semaine une incroyable rétrospective de Roman Polanski. Analyse de ses oeuvres, témoignages, extraits sonores. Réminiscence de Rosemary's baby, Répulsion, The Fearless Vampire Killers, le Locataire, le Pianiste et enfin Ghost Writer. Réminiscence pré-pubère de cette scène où Sharon Tate prend son bain dans une bassine, se frottant le dos avec une éponge, tout en sifflotant une comptine, qui ne s'avéra que plus funeste (entendez par là, l'arrivée du comte Von Krolock).

Il y a 41 ans, à quelques jours près, Sharon Tate était assassinée. Alors enceinte, on retrouvera le mot "pig" écrit avec son propre sang sur la porte d'entrée. Charles Manson avouera être l'instigateur, il sera condamné à mort, avant que la cour suprême de Californie ne déclare la peine capitale anti-constitutionnelle.

Le but n'étant pas de donner ici un cours d'histoire, mais bien de comprendre que rien n'arrive pas fatalité, tout arrive par coïncidence.

Et si Polanski n'avait jamais réalisé Rosemary's Baby, considéré comme satanique par Manson? Et si Bula (sa mère) n'avait pas péri à Auschwitz? Pourquoi sa soeur a-t-elle survécu? Roman Polanski aurait-il quitté la pologne? Pourquoi sont-ils revenus?

Souvent, en l'absence de tout logique, de tout fil, aussi fin qu'il soit, on se rassure par attribuer des causes à des effets. Les effets précèdent leurs causes. Parfois, j'entends des hommes et des femmes raconter leur vie comme si elle avait un sens, comme si tout était déjà en eux, en attente d'être réalisée. Parfois, je me demande à quel point la peur ne nourrit-elle pas cette addiction au sens, à la complétude.

La réponse est dans la question. Si Sharon Tate n'avait pas été assassinée, elle serait vivante. Ou pas, c'est selon... Rien.

 

 

 

 

 

 

 

 

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