21/06/2010

La vacuité du désir

robert-doisneau-1943-le-remorqueur-du-champ-de-mars-resized.jpg21 juin 2010

L’aptitude si particulière de vivre les événements autrement. L’occasion de rappeler à quel point, les esprits des hommes ne se mélangent pas. Par un jeu de l’esprit, ou d’une réponse à l’appel des sirènes, la réalité est distordue. Jamais on aura autant séduit en restant inactif.

Corollaire : on n’est jamais autant victime de la séduction que lorsque l’on est le principal auteur.

A force de plaire, on finit inéluctablement par mentir. Donner ce que l’autre attend, sans autre but que de se repaître d’une carcasse. Vidée, elle n’offrira aucune résistance.

Se ment-on ? Et alors. A quoi bon ? Laissez-moi le temps d’une dizaine de battements de croire à la réalité distordue.

On aurait voulu fuir la chasse, ne jamais se saisir du fusil, la proie tellement délicieuse.

«Promis», expulsera-t-il de manière expiatoire. Ne pas avoir, ne pas avoir. La possession avait déjà tué le désir. Il baissa donc son arme… et attendit que la proie ne se relève pour l’abattre de sang froid.

Ne pas avoir, ne pas avoir, se dira-t-il lorsque le poisson, noyé dans son sang, sera figé.

 

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