10/06/2010

La vacuité rédactionnelle

pasturefed-0599.jpg

10 juin 2010,

Parler pour ne rien dire est un exercice périlleux. Pourtant, elle est affaire commune.

A préférer être aphasique, certains préfèrent briller. Le diable se cache pourtant dans le détail, et Sirius n'en est pas dépourvu.

Des affaires, il y en a eu. L'affaire des infirmières, l'affaire Mitterrand, l'affaire Polanski, l'affaire Dreyfuss, l'affaire Woods, l'affaire Jackson, l'affaire Coleman (même si personne ne s'en soucie vraiment), l'affaire Ribéry (corollaire: Zahia), ou encore l'affaire Kadhafi.

L'affaire est un mot fourre-tout. Au même titre que changement, culture, concept, ou encore passion. La polysémie se perd dans la langue, la langue devient alors humide et gluante, alors qu'elle devrait être sèche et rugueuse.

Un merdiateur aurait pu dire Boris Vian. "Un expert" du monde arabe, disent-ils. Qui est-il? Quelle légitimité à le faire s'exprimer dans vos colonnes?  De concert, "un expert" répondent-ils.

Comme une vieille amante, l'expert s'exprime, parole d'évangile. Jean de Saint-Facond, né un 12 juin (coïncidence), sera reconnu pour ses talents de prédicateur. Les bras fatigués, l'usure du métier, dit le journaliste. La facilité rétorquera le naïf.

Reste les oies que l'on gave jusqu'à plus faim. A force d'être gavé, il ne vous croit plus, il ne vous lit plus. Lui aussi, devient aphasique.

De la nourriture pour cochons!

Le cochon s'est transformé en canard, à grandes cuillerées d'insipidité. Le ventre vide, ne discerne plus la différence entre "article" et "publi-reportage".

Le cochon, lui, de sa tour d'ivoire lausannoise, n'y pense même plus.

 

Un expert, m'a-t-on dit. Un expert.

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.