19/07/2014

L'infidélité. Encore.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:05

 

Il a cherché l’odeur suave. Et a fini par succomber aux odeurs âcres. Il n’a cessé de se détester depuis. Oh non, juste un peu. Jusqu’à ce que les gouttes de sa propre sueur ne se noient elles aussi un peu plus tard dans ses propres draps. Il ne faudrait pas trop s’en vouloir. Les courbes et les regards l’ont convaincu de l’abandon sous les néons, le linge méticuleusement dressé en face d’un écran crachotant des images d’Epinal, et ce parfum, fort, dont elle s’est entourée pour faire oublier ce qu’elle est. Il n’a jamais pourtant jamais autant cessé de penser à elle. L’autre. Il lui en veut, et cela n’a rien d’exceptionnel.

 

Noyé dans la peau stérilisée, il aurait aimé tenir quelques discussions sur Gaza, l’Ukraine ou la vie, à la lueur d’autre chose qu’une fébrile lumière artificielle. Il aurait aussi aimé lui parler de son incapacité à dire, son handicap à faire. S’égosiller à tenir à une discussion? Ou s’évertuer à cacher ce maudit ventre? Il conclura par évoquer ses dernières vacances à Barcelone prétextant un voyage entre amis. Le courage l’a encore abandonné lorsqu’il s’agit de désir. «Putain», crachera-t-il, seul, dans la rue qui fait l’angle. Et avec lui, l’odeur qui lui colle à la peau avant qu’il ne prenne cette douche. Et lui dise. 

 

Oui. Lui dise. Ce qu’elle voulait entendre.

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24/04/2014

Cette humide compassion

olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 00

Tu as choisi de te montrer. De faire parler de toi, de rappeler à quel point ton existence nous importait. «Je compte», sembles-tu vouloir signifier, quasi itérativement à chaque photographie publiée, à chaque mot que tu sembles avoir fait échapper. Forcément, tu évites les lieux communs. Tu n’es pas la moitié d’un con. A la main de ta fille, tu lui préfères quelques doigts fragilo-fébriles sur la tienne (velue) en te drapant de la pudeur paternel. «Je ne suis pas n’importe qui», ne lanceras-tu jamais, non sans omettre de préciser que tu «emmerdes le monde». A la nudité de la bête convoitée et acquise ou rémunérée, tu vendras une esquisse de talons ou un abandon de mégot dans un cendrier en cristal, pour rappeler que tu ne fréquentes que les cinq stars de la Riviera.

Pas question d’aduler ce qui n’est pas approuvé par le NME, voire le Rock’n’Folk. Tu crèves d’envie de dire, les lèvres boursouflées quand ce n’est pas le nez, que ta vie mérite d’être relatée. Gangreneuse envie d’exister qui te dévore. Tu inondes les réseaux sociaux de tes propres propos, de tes propres vidéos ou de tes propres chats. Velus, pattes à l’air, mines aimables.

Données si peu comestibles tant elles reflètent ta vanité. Pour toutes ces raisons, il faudrait te haïr. Mais comment te refuser la haine du monde? Tant tu la suintes.

15/04/2014

Miracle de la chimie moderne

no, tags, because,Polaroïd 00:24

 

Effleurée par un satin deux étoiles, mais réveillée par les éboueurs. L’odeur anxiogène d’un monde dont les paupières se décollent. Alors que les siennes ne se rencontrent désormais plus beaucoup. Un cil n’effleure désormais que rarement un congénère. Surtout pas cette nuit. Lui est différent, ressent-elle. Miracle de la chimie moderne. 

 

Il y a celle qu’elle croyait être subitement devenue. Elle demeure pourtant celle qu’elle était. La peau épaisse de fond de teint, le bas à peine déchiré si un vernis ne lui avait pas sauvé sa soirée. On sauve. On n’a pas le temps de capitaliser. Caresser l’instantanéité, le poumon hypertrophié, les lèvres entrouvertes.


Il y a de l’infinie tristesse à épier les pupilles, à supputer des intentions à des mains et à se laisser bercer par des palpitations, lorsqu’elles ne sont que mécaniquement cardiaques. Il y a pourtant de la beauté à cette volonté désespérée du sens. Un sens à ses mots, ou plutôt à ses syllabes ouatées comme elle regarde des néons osciller dans la nuit. 

03/03/2014

Blocher, Dieudonné, Soral et Ayoub et les autres

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 23: 13

 

Non, Dieudonné M’Bala M’Bala ne passe presque plus par les médias «traditionnels» pour s’exprimer. Tout comme Alain Soral, Serge Ayoub, ou Genève Non Conforme. Ce dernier «groupe» n’ayant d’ailleurs jamais semblé émettre la moindre volonté de vouloir répondre à quelque question que ce soit. D’ailleurs, pourquoi? Quels médiums ont-ils choisi pour s’exprimer? La toile. Brillant. Auraient-ils cent fois raison? Presque. Si un seul d’entre eux ameute les millions de vues, les interventions des autres restent relativement confidentielles. Mais sur le fond. Pourquoi répondre aux questions des journalistes orientés et de mauvaise foi, argumentent-ils. C’est vrai. Pourquoi? Il faudrait être crétin de se passer d’un mauvais contradicteur. Moins d'un bon, mais je pourrais me tromper. Surtout que ces médias «traditionnels» reprennent leur propos. Tout du moins, les propos de Dieudonné, mais là n’est pas le sujet. 

 

Le 9 février 2014, un autre personnage n’a pas souhaité commenter sa délicieuse victoire à vif. Christoph Blocher. Aucune velléité de mettre tous ces personnages ou entité sur le même plan (et ils ne sont pas), mais rappelons que le Zurichois a choisi son propre canal de diffusion pour commenter la savoureuse victoire de l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Christoph Blocher, conseiller national et ancien conseiller fédéral a préféré sa télévision. Et alors? Alors rien. Il s’exprime là où il le désire, avec qui il le souhaite, sous la forme qui lui convient. Aux médias « traditionnels » de ne pas relayer ses propos? Non. Et alors? Oui. Et alors? 


Et après?

02/03/2014

L'absurdité

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00:26

 

L’absurdité.

 

Celle de constater que ses cheveux, fournis, n’auront été que blancs. Je ne l’ai jamais connu autrement. Fort. Aujourd’hui, ce sont ces yeux qui me terrorisent le plus. Ils sont de plus en plus vitreux. Mots hésitants, gestes gauches, souvenirs ressassés, il n’a toujours pas perdu sa poigne. Il s’en vante toujours, lui qui a connu les plus belles années du tertiaire genevois. Il a raison, j’ai toujours mal aux mains. Il s’en vante. J’en ris volontiers. La force, c’était la vie. C’était le mâle.

 

L’absurdité.

 

Celle d’avoir omis qu’elle s’est toujours astreinte à lécher les première personnes du singulier, en les multipliant comme le fils unique. D’avoir oublier cette affection toute particulière pour les questions, surtout lorsqu’elles lui sont adressées. Vraisemblablement à terre, génuflexié, il n’a cessé, amoureux, de contempler les auréoles. Elle avait espéré n’en avoir qu’une. Elles seront nombreuses, délicieusement âcres sous un bras ou deux qui se lèvent. Aujourd’hui, son miroir demeure son meilleur ami. Celui qui reflète désormais ses seins démesurés, à la texture si artificiellement tendue. La peur l’anime. Celle-là même qui suinte. Horriblement attachante à s’attacher à l’image. Ce qui lui reste, alors que ce n’est pas ce qui lui a plus. Il y a quarante ans. L’esthétique, c’était la vie. C’était la Femme.


Ils ne ressemblent pas. Pas plus qu'ils ne se connaissent. L'absurdité commune. Le jugement.

21/02/2014

Un peu

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00: 30


Un peu d’amour, pour ses yeux bleus profonds et ses regard perdus. Un peu de désir, pour cette façon de se chausser, pour cette prestance aquiline, pour ce grain de peau asymétrique, pour ces gestes d’effroi. Il ne s’agirait pas d’être trahie. Non. Jamais.

 

L’abandon? Un peu. Mais pas trop. Le désir? A mort. Mais sans le moindre chuchotement, tant que le fil nous relit. Qu’importe le reste du monde, le rachat de WhatsApp, les émeutes ukrainiennes, les affects post-9 février. «Putain, aime-moi. Je veux tout, tu comprends? Je veux ça, le reste, et les miettes. Je veux le corps et l’esprit, les désirs et les haines, je veux recevoir.» Accueillir, dit-elle prête à tout. 


Un peu, ne suffira pas. Un peu ne suffira jamais. Le fil ne tiendra pas. Il le sait. Là. Quelque part. Il aimerait être moins lâche. Un peu. Il se trompe.

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03/02/2014

And this how it starts

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:13

Le graine aride de ta peau, tes courbes dont tu vantes si souvent les imperfections, les mots dont tu ignores la portée, ceux que tu tais et ceux qui t’échappent. Les odeurs que tu dissimules, les silences qui te rendent insaisissables. Il ne s’agit pas d’énoncer. Jamais. Comme s’agissant des hommages aux morts que tu ne connais pas, des sentiments fébriles et des ressentis amers ou des griefs acerbes. Le silence.

 

Parfois tu t’insurges. Délicieuse rébellion aussi précieuse que tu ne la partages jamais. «Il n’y a pas de récompense à attendre des commentaires», dis-tu. «Pas de sourires élargis, aucune dilatation d’organe à voir ses opinions approuvés ou combattues.» La satisfaction ne mesure pas au nombre de retours et d’insultes. «On ne dit pas tout, comme on tire une chasse d’eau.»

 

Les comportements obscènes, étymologiquement «ce qui n’a pas sa place sur scène», tu les évites. «La scène, aimes-tu rappeler, est devenue une partouze géante d’opinions et de commentaires. Rarement argumentées. Et dont on a fréquemment rien à foutre, comme le nouveau romand d’Alexandre Jardin». Ou la protection des zones humides dans le canton de Genève? Tu ris. 

 

Ta haine, tu la réserves, bienveillante, à ceux qui insistent sans savoir pourquoi. Ceux qui veulent dire, faire savoir et être écoutés. A la liberté d’expression, tu réponds «argumentation». A la spontanéité, tu rétorques un sinistre «et alors?». A l’émotivité? Tu te tais. 


Le silence. Ton arme face au monde qui se répand. Face à la peur. Ce qui dit échappe.

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23/01/2014

La salive

Britney, spears, Genève, Polaroïd 00 : XX

C’est l’heure des comptes. Il s’agit de payer. Babines rougeâtres, gonflées par l’attrait du pouvoir et de la victoire supputée, il s’agit de s’expliquer. De vendre. L’irrigation des membres supérieurs - y compris une salivation inhabituelle - n’y fera rien; l’élocution exacerbée par l’adrénaline se vouera à un alignement malheureux de litotes. On ne défend jamais bien ce auquel on ne croit pas. Délictueux plaisir à les contempler se brûler et se noyer, les lèvres dégoulinantes de mauvaise foi, face à un jouissif élenchus. 

 

La mauvaise posture, celle de l’équilibriste, dès qu’on on ose l’apercevoir, distingue les silhouettes et éclaircit les lignes. On voudrait presque y croire, mais la couche superficielle de la peau dit le contraire. 


Lorsqu’il s’agit de signer, l’épiderme nous trahit indubitablement. Mais on le choisit toujours. Dans le faux, ne pas préférer la palpitation est un calcul erroné.

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05/01/2014

Ich singe bis der Tag erwacht ein heller Scheine am Firmament

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 23 : 56


On disparaît, disent certains. Je les crois. On disparaît. On ne le dit pas, on préfère répéter qu'on nous suit. Ici. Là. Ailleurs. D'autres disent qu'ils nous hantent. "Quelque part, là au fond", questionnent-ils, tout en connaissant la réponse. Ils se trompent. A la mort? La solitude et les interrogations, quand ce n'est pas la culpabilité, il n'y a rien à leur rétorquer. 

 

Le vide. Comblé par rien. Par des simulacres. Par des esquives. Des mots maladroits, une élocution hésitante et des gestes gauches. Aux questions, l'esquive. Aux pourquoi? Au mieux, le flegme. Aux yeux inlassablement interrogateurs, la haine. La haine des jugements, mère des mauvaises revanches, mais combustibles de la survie.

 

Une vie joyeuse. Ils la désirent? Pourquoi ne pas leur donner ce dont ils s'effraient? 

02/12/2013

La nage

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 1 : 23


C'est donc cela, la "nouvelle" tendance: celle de nager à contre-courant. Tentante envie que de celle de clamer sa différence et son indépendance d'esprit. Quitte à ne pas penser ce que l'on dit. Pire: ne pas avoir réfléchi avant de l'avoir énoncé. Certes, il faut à tout prix exister, laper la reconnaissance dans l'écuelle du vaguement médiatique. Souffler sur les braises de la polémique pour se réchauffer, nasales aspirations des cendres, éclairage éphémère d'un visage dans la nuit qui tire sur une cigarette. 

 

Devrait-on se réjouir de ceux qui prennent le contre-pied de l'opinion? A coup sûr. Doit-on s'en féliciter lorsqu'ils s'en vantent publiquement? Moins à constater la médiocrité de leur argumentaire. Non, la posture n'est pas un effet de style. C'est une colonne vertébrale. La posture est une ligne droite. Verticale, pas horizontale. A moins de se résigner à faire l'amour sur des lits. Stratégie en trois points, appris dans un livre pour les nuls. En quinze minutes.


Nager à contre-courant. C'est aussi nager. 

20/11/2013

Pourquoi sanctionner les clients des prostitués est une erreur

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02 : 13


Mardi soir, en commission, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté la proposition de loi socialiste, laquelle vise à sanctionner les clients de prostituées d'une amende de 1500 euros, 3000 euros en cas de récidive. La proposition de loi abroge par ailleurs le délit de racolage public, tend à faciliter l'accès à un titre de séjour et à un logement dans le voeu d'aider la réinsertion des personnes se prostituant. Enfin, l'obligation d'un "stage" de sensibilisation aux "conditions d'exercice de la prostitution" est également prévue. Les élus auront à en débattre le 27 et/où le 29 novembre prochain. 

 

Voilà pour le projet de loi. Et voilà pourquoi il est contre-productif. Pas sur tout, bien sûr. Tant c'est une évidence qu'il faut encourager, par tous les moyens, la porte de sortie.

 

Interrogée, n'importe quelle jeune fille ou homme ne répondra jamais qu'il ou elle imagine plus tard faire de la prostitution son métier. Jamais. Ou presque, doit-on ajouter par souci des exceptions. C'est rarement une vocation. Plus souvent une malédiction, un fardeau, la fatalité. D'accord. Qu'on lutte contre le proxénétisme, le trafic de marchandises humaines, la violence faite aux femmes et aux hommes est elle aussi une évidence. Mais prétendre y répondre par une pénalisation des "consommateurs" est une erreur. Pourquoi? Parce que celles et ceux qui n'ont aucun autre choix que s'y adonner continueront... à vendre leur corps. Ô que oui. Mais alors dans quelles conditions? La clandestinité. Ce sera leur réponse. Et cette réponse là n'est en aucun cas préférable à la lumière blafarde des lampadaires des quartiers chauds. Ni aux tubes néons des salons de massage. C'est là se donner bonne conscience.

07/11/2013

L'aube

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 26

Il faut bien apparaître, exister, signifier. Putain si l'inexistence est si insupportable, miséricorde si l'inexistence est tant effrayante. "Mais oui rappelle-toi, j'existe." Là quelque part. A la merci d'une publication, d'un geste, d'un mot. Obsession digitale quand je ne peux toucher ta peau. Compulsion virtuelle quand ma vie est vide. Pendu à tes mots, mêmes désagréables tant qu'ils me sont adressés. Appels qu'on envoie en rafales, qu'importe celui qui me répond. Je veux coucher, bordel. Celui-ci. Celle-là. Dis-moi que je t'importe. Dis-moi que je compte.  

 

A chaque fois, l'impression de la première passe, ne restent que les amis, les vrais, de ceux qui restent au petit matin. La gueule ouverte dans le caniveau. 

 

Et déjà, l'aube. Attisé par les premiers rayons. De ceux qui réchauffent. L'aube nouvelle. Les souvenirs de la veille, à la gorge. Les désirs qui se réveillent encore, comme si tout cela n'avait servi à rien. Dis-moi que je compte. Aujourd'hui. Et encore demain.

05/11/2013

Ces gens-là

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 04

 

C'est quand même incroyable à quel point, à vous entendre, la presse ou les médias en général, sont contre vous. C'est quand même dingue à quel point ils vous détestent tous, les dents acérés, la gencive jaunie par un excès tabacologique. Auquel il faut ajouter une névrose ou deux. 

 

Mais que vous ont-ils donc fait? Bien sûr! Ils vous haïssent tous. Toujours le bon mot pour vous rappeler à quel point vous avez fait faux. A quel point vos propos sont erronés, à quel point ils ont si souvent raison, eux, les gardiens de la morale, les donneurs de bonne leçon. Quelle bonne raison de les haïr! Quelle bonne raison de les enjoindre à vous remplacer. A gauche, ils virent à droite. A droite, ils penchent à gauche.

 

Mais alors pourquoi, n'hésitez-vous pas plus à renoncer à les appeler lorsqu'ils servent vos intérêts. Ô, pas tous. Certains n'en ont pas besoin. Mais les autres. Oui, les autres qui composent le numéro comme on part aux toilettes. Une urgence. De quoi oublier tous les adjectifs précédemment utilisés, les qualificatifs nauséabonds et les rances rancoeurs. 

 

Il y ceux qui composent et ceux qui répondent. Il y a ceux qui s'abstiennent. Ce qui les différencie? La mémoire. Monsieur. La mémoire. 

 

18/10/2013

Salauds d'handicapés

Olivier, Francey, Tribune, GenèvePolaroïd 21 : 22

Pierre Jenni, feu candidat au Conseil d'Etat a raison.

La loi est la loi. Handicapé ou pas. Regardez! Dans mon taxi, une "grande majorité d'entre-eux ne sollicitent pas l'aide du chauffeur et développent une autonomie admirable"! Les autres? "Une petite minorité qui se victimise et fait sentir leur mal-être." Ah! Les pauvres qui s'apitoient sur leur sort!

Pierre Jenni a raison.

Eric Grassien savait à quoi s'il s'exposait "en installant un camping", dit-il. C'est vrai. Vous vouliez quoi? Qu'on lui apporte du Pastis et un écran plasma? C'est "pas cher payé", écrit-il encore, "pour un appartement à Genève". Ben quoi, c'est vrai. C'est pas cher.

Pierre Jenni a encore une dernière fois raison. Il ne va pas se faire des amis. Non. Ses propos sont infectes. Je le dis, je le pense. Qu'importe son intention originelle. Ici.

15/10/2013

Avaler, les lèvres closes.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00

Il suffisait pourtant de les nourrir. La meute carnassière et aboyante aime ronger l'os. Une vraie prostituée. Chuchoter à leurs oreilles. Incurver les angles et distordre les lignes. Ce ne sont que des gueux de l'information. Porter la parole, était-ce si difficile? N'était-ce pas leur unique tâche? Leur raison d'exister?

 

Mais non. Plutôt prêcher la muette. Paradoxal, n'est-ce pas pour des communicants? Affamer la bête, déjà tant affamée, en espérant qu'elle se rassasie. Sans viande, pas de cadavres. Tant mieux s'ils ont cessé d'officier dans le fossoyage. Parier sur la bêche avariée, tranchante comme une lame émoussée.  

 

N'était-ce pourtant pas l'ère des interprètes. De l'hyper-communication, transparente, limpide, "entre nous" chuchotent-ils, avant de ricaner. L'hégémonie de la com, des intermédiaires, des tampons, de ceux qui transforment la boue en eau, puis l'eau en vin. Allelujah. Face aux bouches ouvertes, pupilles éblouies, jambes fébriles et cils tremblants, qu'ont-ils fait? Répondre que le temps était au silence, ou tout du moins à sa promesse. Ils ont bien raison. Cent fois raison. Avale.